Vendredi 15 août 2025. Bruxelles, Belgique. Réveil enjoué. Même si hier a été une journée fatigante, cette nuit a été plus fraîche et nous avons bien récupéré. Œufs au bacon et pain quotidien embaument la maison.
Partons donc pour notre deuxième et dernière journée à Bruxelles, parcours BD et, enfin, musée Horta ! J’avais envie de revenir à Bruxelles presque uniquement pour ce musée, ou autres magnifiques maisons Art déco de la ville.
En attendant, je regarde attentivement les maisons défiler lorsque que nous prenons le bus. Je joue à repérer les bas-reliefs, fers forgés, vitraux, céramiques aux formes végétales tellement typiques. Et il y en a beaucoup !
Fabrication express de boucles d’oreilles
Pendant le trajet de bus, Lison se crochète des boucles d’oreilles. Tranquillou. Elle a mis aujourd’hui un chemisier bleu, et je n’avais pas de boucles d’oreilles bleues à lui prêter. Elle a embarqué son petit nécessaire et elle se crochète deux petites boules bleues. En un trajet, c’est terminé.

Parcours BD de Bruxelles
J’ai repéré un itinéraire pour le parcours BD qui démarre rue du Marché au Charbon. 1ère fresque, BD inconnue. 2ème fresque, BD inconnue. 3ème fresque, BD inconnue. 4ème fresque, BD inconnue. C’est normal que les filles ne connaissent pas, ce ne sont pas des personnages de BD d’aujourd’hui… Même si elles s’intéressent un peu, elles se lassent vite surtout que ce parcours nous donne l’impression de tourner en rond dans le quartier que nous avons déjà parcouru hier. En plus, Lison râle car elle n’a pas pris ses lunettes de soleil, la luminosité de ce matin est trop forte pour ses yeux bleus.











Changement de stratégie. Dans ma liste, je sélectionne la fresque d’Astérix et Obélix, un peu plus loin. Capucine me prévient : il est déjà bientôt midi, elle aimerait qu’on ne mange pas à 15h aujourd’hui ! Message reçu. Astérix, Obélix et tout le village de gaulois courent après Milou.



Halle Saint-Gilles
Midi sonne. On trouve une friterie ? Me propose Capucine. Ce ventre là… Google me propose la friterie de la Halle Saint Gilles, un ancien marché rénové en salle de restauration et d’exposition.


Nous commandons un bol de frites, carrément, et une fricadelle. J’avais pris 5 tomates et 5 pommes dans notre sac à dos. Une bière locale, faite carrément sur place.
Nous attendons notre frite, l’espace est très agréable avec cette haute verrière et ce gros bonhomme rose et tout léger, suspendu au plafond. Il s’agit d’une proposition de Philippe Katerine. L’artiste a installé ces gros bonshommes à plusieurs endroits de la ville. Les filles connaissent cet artiste, ses chansons les font beaucoup rire. Nos frites mettent un temps fou à être prêtes. Le serveur est seul en ce jour férié, et il ne se presse pas. Jour férié ? Mon petit musée Horta est-il ouvert ? Je suis certaine qu’il est fermé, mais il n’y a aucune information sur son site internet. Tant pis, allons-y, sûre qu’il y aura au moins d’autres jolies maisons dans le quartier.



Nous reprenons notre marche après une longue pause. Il fait très chaud et nous marchons à l’ombre. Nous avons 3 kilomètres à parcourir pour rejoindre le musée Horta qui se trouve dans le quartier du Châtelain. Nous passons par des quartiers chics, d’autres moins agréables, des quartiers en travaux et des quartiers très populaires, multicolores. Des odeurs de thés à la menthe. Des rues pleines de jolies terrasses. Le quartier des antiquaires.
Un arrêt sur la colline des arts, devant un point de vue que nous ne connaissions pas. Nous voyons l’Atomium au loin. J’aime cette longue traversée de Bruxelles, en peu hors des sentiers battus.

Le musée Horta est dans une rue résidentielle. Évidemment, il est bien fermé. Mais en plus, il est en travaux et nous ne voyons même pas sa façade. Déception rapide. Je m’y attendais et j’avais déjà repéré un plan B et un plan C pour rebondir de cet échec.
Le spot cookies de Bruxelles
Plan B, il nous faut un arrêt pour reprendre des forces. Cette traversée de Bruxelles aux heures chaudes nous a éprouvé. J’avais noté un bar à cookies deux rues plus loin, je n’ai aucun mal à y traîner ma troupe. La boutique Kooki. L’endroit est tout petit, mais les cookies sont énormes. Je n’en prends pas, je parie que l’une ou l’autre n’arrivera pas à finir le sien. Par contre, un grand café glacé me fait un bien fou. Et pari gagné, Solène me laisse la fin de son cookie au Chocolat. Tout le monde est requinqué, je peux proposer mon plan C.
Festival Théâtres Nomades de Bruxelles
Lison avait repéré ce matin une affiche annonçant un festival, « Théâtre nomade » dans le bois de la Cambre, pas loin d’ici, juste deux kilomètres à pied. Ma proposition enchante tout le monde. C’est parti pour une autre traversée des quartiers de Bruxelles, toujours en blaguant. C’est agréable, cette joie, ces blagues et nos rires quand on est ensemble. Mais 7 jours sur 7 depuis 3 semaines, j’avoue qu’on tourne un peu en boucle, les mêmes blagues reviennent incessamment, et toujours sur des thèmes pipi-caca-zizi-prout. J’avoue que j’en ai marre, je leur dis souvent. Et Pierre rallume discrètement leur machine à blagues vulgaires. Ce n’est plus une Carapate, c’est une Cracrapate !

Ce soir, j’insiste. « Parlez moi de poésie, regardez la ville, ses maisons, ses détails et imaginez des histoires magiques ! » je les supplie. OK, elles acceptent le défi. « Regarde ces policiers, ils font une story ! » propose Capucine. Ici un petit champignon. Là deux écureuils jouent ensemble. Merci !
Le bois de Cambre
Nous arrivons au bois de Cambre, en pleine ville. Ce n’est vraiment pas un parc, c’est vraiment un bois. Une forêt visiblement gérée en libre évolution : les arbres tombés sont laissés en place pour permettre à la faune et à la fonge de les détériorer. Des haies de bois mort sont créées pour former des habitats pour certains animaux et insectes. Les arbres sont immenses et leur ombre est intense. C’est très agréable. Mais où est ce festival ? Le bois est immense.
Spectacles poétiques
Contes
Tout juste arrivés, un spectacle de contes commence sous un chapiteau. Nous prenons place. La poésie nous envahit. La conteuse n’a rien, que sa voix et ces gestes. Elle conte trois belles histoires, de liberté, d’instant présent, et de jardin secret.
Ploce-dance
Le spectacle se termine un autre commence, sous les arbres. Autre histoire, autre style. Une athlète de pole-danse raconte son sport, et sa propre histoire en même temps. Au revoir poésie. Lison avait eu l’occasion d’essayer ce sport l’été dernier. Elle qui est musclée avait bien aimé.
Devant ce spectacle, je m’inquiète de voir ma Lison me dire qu’elle a soudainement envie de s’inscrire dans un club de pôle-danse, nous en avons un juste à côté de chez nous… Je suis un peu surprise par la prestation de ce spectacle qui veut raconter la pôle-danse dans toutes ses facettes, depuis les traditions scandinaves jusqu’au sport de compétition. La proposition artistique ne me séduit pas.
En face de moi, une maman fait la même moue dubitative que moi. Sa fille, à côté d’elle, semble complètement fascinée. Elle n’arrête pas de filmer l’artiste en ouvrant de grands yeux pétillants. La scène nous fait mourir de rire, Capucine et moi. À côté, son papa à l’air bonhomme, profite du spectacle le sourire aux lèvres et l’œil rêveur. Ils nous font tellement rire. De l’autre côté, un autre papa est exagérément enthousiaste, danse et applaudit avec de grands geste de tout son corps. À côté de lui, sa fille est sidérée par le spectacle, et l’enthousiasme de son père également. Nous rions aux larmes en les observant.
Danse sur corde lisse
Il est déjà 19h et Capucine rêve rentrer au camping-car. Mais un gentil organisateur nous invite à un autre spectacle qui commence. Un dernier spectacle demandent Solène et Lison, et moi aussi j’avoue.
Un numéro de cordes lisses, acrobatique, un peu burlesque et tellement poétique. Là, l’artiste ne montre pas ses muscles et son corps athlétique, même si elle doit être sacrément musclée pour faire ces acrobaties. Elle nous embarque à travers son personnage un peu lutin, malicieux, maladroit parfois et un brin magique.



Je préférerais tellement que Lison s’intéresse à ce type d’exercice, qui demande du muscle, des compétences en escalade car les cordes sont installées avec tout un jeu de mousquetons et de bloqueurs, et un tourbillon de poésie. Heureusement, Lison est sur la même longueur d’onde que moi, me confirme-t-elle à la fin du spectacle. L’artiste est italienne et vit à Toulouse. Nous allons lui parler, elle nous laisse son contact.



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