Porvoo et les maisons finlandaises

Porvoo et les maisons finlandaises

Mercredi 16 juillet 2020. La nuit a été courte. Couchés tard, réveillés bien trop tôt par cette lumière du jour omniprésente. Les enfants sont grognons, les parents aussi et nos n’avons pas de pain chaud ce matin. Notre première journée en Finlande ne commence pas comme un conte de fée. Pourtant le programme est sympa. Visite du joli village de Porvoo, avec ses maisons typiques en bois rouge au bord de la rivière, puis spot près d’un lac pour faire du paddle et surtout, se reposer.

À Porvoo, nous arrivons suffisamment tôt pour se stationner sur la dernière place du parking gratuit. Le village se révèle immédiatement très touristique, pris d’assaut par les visiteurs. Non pas des touristes, sur le parking nous sommes bien les seuls étrangers, mais de nombreux vacanciers en balade. Tout ce monde… Ça nous fatigue déjà. Et puis au détour de la visite de l’église du village, un concert d’orgue est sur le point de commencer. Ha merci, quelle heureuse coïncidence. Assis, au frais, les oreilles remplies de musique et le corps traversé des vibrations des son forts de l’orgue, nous nous requinquons. Une charmante bakery pour un bout de pain qui complétera notre graillou. Une coin d’herbe sur le quai, face aux maisonnettes en bois. Nous rechargeons les batteries.

Dans la boulangerie-salon de thé, nous avons acheté un pain bizarre, un peu sucré et anisé. C’est un pain aux pommes de terre… Goûter les spécialités, c’est le jeu du voyage, mais pour celle-là, je préfère mon pain à moi. Après avoir avalé notre repas, nous croquons ces maisonnettes rouges. C’est charmant mais visiblement plus personne n’habite ici. Boutiques chics et restaurants ont investi les lieux.

Nous quittons tôt Porvoo, nous n’avons pas été subjugués par l’endroit certainement car nous sommes fatigués. Un spot pas loin. Un lac. Des jeux d’enfants. C’est tout ce qu’il nous faut. Les filles investissent les lieux, la cabane devient « la cabane à Ninou », le bac à sable devient son potager. Elles sont toutes les trois parties dans leur monde, nous ne les reverrons que ce soir. Pour les parents, c’est paix, sieste, café, lecture et paddle. Pierre part en premier. Et puis c’est mon tour. Un moment seule, rien qu’à moi.

En longeant la rive, je découvre plein de petites maisons planquées derrière la végétation. Voilà les maisons comme je les aime, habitées. Des maisons de vacances, certes. Il y en a des traditionnelles, en bois peint, rouge ou autres couleurs. Il y a des cabanes perchées. De simples bicoques. Une architecture ultra-moderne. Quel charme. Debout sur ma planche, je me régale de passer doucement devant. Je n’ai pas mon appareil photo avec moi, alors j’embarquerai Lison pour un deuxième tour ensemble. Je rentre, je n’ai plus qu’à ramer face au vent. Mais avant de débarquer devant notre maison à nous, tout aussi cachée entre deux arbres, je m’accorde un temps de repos allongée sur ma planche, puis quelques exercices de pilates.

Pendant tout ce temps, Pierre a trouvé lui aussi une cabane. Une table abritée, un feu et une grille de barbecue, quelques bancs, du bois, du papier, une poêle trouée,… Tout ce qu’il faut. Il a fait des braises, mis des patates à cuire, grillé un bout de viande. Une délicieux viande marinée à la manière traditionnelle sur l’île de Sareemaa en Estonie. Et puis deux pépés sont arrivés autour du feu. Ils se sont installés, pas dérangés par notre présence. Nous avons échangé trois mots, mais ils ne parlent que finnois. Ils ont mis de l’eau à chauffer, deux bouchons de whisky dans leurs verres, du café soluble, une saucisse à griller, une brioche à partager. Les plaisirs simples, à la finlandaise. « J’ai hâte d’être vieux » me dit Pierre. En face d’eux, nous mangeons. Ils nous donnent une saucisse, je leur donne quelques fleurs comestibles que j’ai cueillies, nos délicieuses gesses des bois au goût de petit pois. Ils s’en amusent. Et puis nous terminons par deux bananes au chocolat cuites sur la peau. Les plaisirs simples.

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