Un pont, une rivière, une piscine

Un pont, une rivière, une piscine

Jeudi 6 février 2020. J221. C’est aujourd’hui que nous devons atteindre notre gros point cœur, les piscines d’eau chaude de Benjes. Mais nous avons beaucoup de doutes. Il ne fait pas beau, très froid et pour nous y rendre, nous devons nous enfoncer plus loin encore dans les montagnes. En sachant qu’en Albanie, il y a très peu de route et que cette destination nous fait faire un gros détour… Y allons-nous ?

Nous terminons l’école, un petit tour d’escalade sur les monticules de galets, et nous démarrons. Tant pis pour Benja. Nous branchons le GPS sur le point cœur suivant. L’œil bleu, un geyser.

La route est belle, très belle. À droite comme à gauche, d’énormes montagnes recouvertes de neige. Maintenant, il fait très beau. Et même très chaud dans l’Emile-Pat. Hésitation. Regrets. « Il fait beau, Pierre. On y va ? ». « Si on n’y va pas, on va le regretter. » On y va. 

Hop, je reprogramme le GPS. Nous ne disons rien aux filles. Nous allons nous baigner. Ça, c’est la liberté !
La route est longue. Nous arrivons aux sources pour 13h, affamés. « Mais, Maman, c’est le beau pont des sources d’eau chaude, je le reconnais ! » Les filles sont folles de joie. Elles bourrent maillots et serviettes dans un sac et filent à la piscine. Moi, j’improvise un pique nique et leur fourre un sandwich dans les mains. Le temps de traverser la rivière, elles l’auront mangé.

Bain chaud face aux montagnes enneigées

Mais, il y a déjà quelqu’un dans la piscine ! De loin, nous voyons un homme courir vers l’eau chaude. Nous le saluons. C’est un norvégien, il voyage seul à vélo, en bus et en train. Il profitait de l’endroit tout seul tranquillou. Désolé, on débarque ! Fini la quiétude ! Nous échangeons quelques mots, puis il repart sur son vélo.

Nous voilà donc, en ce 6 février, à nous prélasser dehors dans une source d’eau chaude. Non, eux, pour être précise. Pour moi, tremper les pieds est bien suffisant. Car un petit vent glacé vient de temps en temps nous rappeler que nous sommes en plein hiver. Si les sœurs ont glissé à l’eau sans réfléchir, Solène est plus prudente, comme à son habitude. Elle commence par les pieds, puis les jambes. C’est bon, elle est prête à s’accrocher au cou de son Papa.

Autour du feu de bois

Après la baignade, tout le monde à besoin de se mettre au chaud. Goûter café-pop corn au caramel, notre préféré. Avant de ressortir profiter de l’endroit. Pierre a une idée, « et si on faisait un feu ? » « Ha wouééé !!! » C’était la bonne idée du soir. Toutes s’activent dehors à ramasser du bois, installer la pyramide de petit bois, récupérer des vieux papiers et cartons dans ma poubelle,… Et allumer le tout. Pendant ce temps, je peux peindre tranquille toute seule à l’intérieur. C’était une très bonne idée ! Et pour faire durer le plaisir, je leur prépare quelques papillotes de légumes : un reste de choux fleur, brocolis, carottes, et des papillotes de patates et d’oignons. Et hop, tout le monde repart chercher plus de bois pour faire cuire tout ça. Et moi, je peux continuer à peindre tranquillou. Ça aussi, c’était une bonne idée !

Pierre réussit une cuisson parfaite des patates, c’est qu’il a une longue expérience de repas trappeur. Et nous nous régalons, vraiment. Et zouip, tout le monde ressort dehors avec son instrument cette fois. C’est autour d’un feu, le soir, que se tient la veillée ! Accompagnés du chien de cette étape, un beau gros toutou noir tout câlin.

Le bonheur, c’est simple comme un repas trappeur.

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