Verla, papier, carton et vieilles machines​

Verla, papier, carton et vieilles machines

Samedi 18 juillet 2020. Verla, Finlande. L’usine de Verla est classée au patrimoine mondial de l’Humanité. Il comprend plusieurs bâtiments très beaux et entretenus avec goût. L’usine est en briques rouges avec plusieurs clochetons faisant penser à une architecture d’église. Devant, la maison du propriétaire est une imposante demeure en bois peint, de style plus scandinave.

La première usine de Verla fut fondée en 1872 et la fabrication de carton commença dix ans plus tard. Les bâtiments existants, datent du début du 20e siècle. L’usine cessa toute activité en 1964, et toutes les machines et équipements ont été laissés en l’état. Tout autour, un petit village s’est installé. Boucherie, cordonnier, poste, couturières, bibliothèque. Et même une petite école créée par l’usine pour les enfants des ouvriers et du village. Un marché avait lieu sur la place les jours de paie. En plus des ouvriers du moulin et des villageois, des gens des villages voisins et des fermiers participaient à la foire.

Nous intégrons une visite guidée en finlandais, mais l’hôtesse a la délicatesse de nous fournir un guide papier traduit et d’ajouter un sous-titrage en français dans le film de présentation. Ces délicates attentions nous permettent de bien comprendre le procédé de transformation du bois, arrivé par la rivière, coupé, débarrassé de son écorce, puis broyé dans une grosse machine, une défibreuse. La pâte à papier descend alors à l’étage inférieur où elle est étalée en plaques sur de gros rouleaux, coupée et mise à sécher dans le bâtiment d’à côté.

C’est très intéressant de voir tout le processus ancien. J’aimerais bien savoir aussi quel est le processus actuel, mais ce n’est pas le sujet de ce musée évidemment. La Finlande est l’un des plus grands producteurs mondiaux de pâte à papier, de papier et de carton. La forêt en recouvre les trois quarts du pays. Essentiellement des pins sylvestres à 50 %, des épicéas à 30 % et des bouleaux à 17 %. Pas de risque de déforestation à l’horizon puisque depuis les années 1970, le taux de prélèvement annuel est moins élevé que le taux d’accroissement naturel. L’industrie forestière emploie aujourd’hui environ 160 000 personnes et, industrie du meuble incluse, représente 18 % de la production industrielle finlandaise. Le finlandais Stora Enso est le deuxième groupe mondial du secteur, derrière l’américain International Paper. C’est aussi le plus gros propriétaire terrien d’Uruguay…

La visite a été rapide et a beaucoup intéressé les filles. Cet après-midi, nous avons une autre mission à accomplir : trouver un spot à paddle, car ici, ni ce matin ni hier soir, nous n’avons pu en faire. Un peu de route, une longue piste, un passage étroit entre deux immenses lac. Le point park4night ne nous plaît pas, encore un peu trop loin de l’eau. Par contre nous trouvons un petit renfoncement, juste de quoi nous garer au bord de la piste, les pieds dans l’eau. Ça ira. En réalité, l’endroit est parfait car il y a très peu de passage sur cette voie qui est sans issue autre que quelques résidences secondaires bien planquées. Nous serons tranquilles, chacun vaquant à ses activités.

En plus d’être beau, l’endroit regorge de champignons. À chaque fois que Pierre s’éloigne un peu du spot, il revient avec un cèpe ou une poignée de girolles. « Je n’ose plus aller faire pipi dans la forêt, je vais encore trouver des champignons. Qu’est-ce qu’on va faire de tout ça ? ». À la maison, quand nous avons la chance d’en trouver plus qu’une poêlée, nous les congelons. Mais ici, notre freezer est bien trop petit et nous en avons besoin. Tentons une autre technique, mettons-les en bocaux déjà cuits. Après la deuxième poêlée -la première est mangée, la seconde en bocal- nous avons le malheur de repartir nous promener sur la piste pour apprécier le coucher de soleil.

Et ce qui devait arriver arriva, nous trouvons encore une quantité de champignons. Alors Pierre passe sa soirée à les nettoyer à l’eau du lac en se faisant bouffer par les moustiques. Pendant que je m’occupe de l’énorme cueillette de myrtilles que nous avons aussi faite ici, lavée, macérée au sucre et cuite en confiture.

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