Samedi 9 août 2025. Bouillon, Belgique. Les festivités des médiévales de Bouillon (38ème du nom) commencent à 13h, alors ce matin, nous prenons le temps. Je cuisine un gâteau aux noix. Nous choisissons avec soin nos habits pour aujourd’hui pour être dans le thème. Robe en lin vert, bijoux en bois et en cuir. Solène ressemble à un elfe, jupe longue à fleurs. Combi-short d’archer pour Lison. Cheveux tressés pour les deux. Pierre est plus démuni mais a un chapeau de paille. Nous sommes prêts pour remonter le temps.

Les médiévales de Bouillon
À côté de notre stationnement, des campements médiévaux sont installés. Je n’avais jamais vu ça. Des groupes ont planté des tentes médiévales, une table commune, une cuisine. Ils font cuire de grosses pièces de viande, fumer du poisson, ils moulent des graines pour faire de la farine. Ils ont de la vaisselle en grès ou en bois. Chaque campement est privé, nous ne sommes pas invités à table.
Parfois il y a un stand ouvert au public pour faire découvrir une technique : armures, calligraphie, tour à bois, tissage…
Les joutes, jeux médiévaux à cheval
Nous commençons par assister aux joutes équestres. Plusieurs cavaliers s’affrontent dans de petits jeux d’adresse : planter une lance au galop dans un faux sanglier. Couper une salade jetée en l’air avec son épée. Toucher l’adversaire avec une lance dont le bout se casse. Capucine est fascinée par la technicité du dressage des chevaux. Ils dirigent leur animal avec une seule main, parfois habillés d’une armure, même le cheval. Et effectuent des galots sur quelques dizaines de mètres, accélération rapide, et freinage d’urgence. Et même galots resserrés, un must, nous explique-t-elle.


Les combats
Après la joute équestre, les combats entre hommes. Ici aussi il y a tout un cérémonial. Une dizaine de chevaliers sont présentés, tous enfichés de costumes diverses et plus ou moins lourds. Ils combattent deux à deux. Mais ils combattent vraiment. Le but est de donner 12 coups à l’autre. Heureusement, c’est rapide.
Il ne s’agit pas de spectacles, mais de vraies rencontres entre clubs médiévistes. Les chevaliers et les combattants ne font pas semblant, ils ont une réputation à faire ou à maintenir, une tradition à faire vivre.
Nous résistons au fumet des différents stands de ripaille pour manger une sage salade chez nous. Une pause à l’ombre, avant de repartir dans le bain de foule. 30 000 visiteurs sont annoncés dans la presse. Nous n’avons vu qu’une infime partie de la fête, il nous faut explorer cet maintenant le quartier du château et de l’autre côté, du village de Bouillon. Lison et Solène repartent aux campements pendant que nous prenons le temps d’une sieste.
Technique d’artisanat et spectacle de magie
Nous les retrouvons en train de tisser une ceinture. Un spectacle de magie fait disparaître 3 colombes et apparaît un lapin à la place. Capucine est choquée et aimerait vraiment savoir ce qu’il est arrivé à ces pauvres oiseaux. Plus loin, un ancien officier de l’armée belge nous enfile des côtes de maille et des casques. Ce n’est pas plus lourd que l’équipement de nos soldats actuels, nous annonce-t-il. Avec 25 kilos de maille sur les épaules, Lison se sent complètement écrasée.




Tous déguisés
Autour du château et dans la ville, un immense marché médiéval. Mille et une échoppes proposent de tout, parfois de jolis produits artisanaux, parfois de véritables chinoiseries. Nous nous y promenons avec curiosité. Et dans quelques recoins, des troubadours font l’animation.
Ce qui est le plus fascinant, c’est l’accoutrement des participants. Presque l’ensemble des visiteurs est habillé en Seigneurs, en nobles, chevaliers, artisans et artisanes, cracheurs de feu, paysans et paysanes, troubadours, sorciers et sorcières, fauconniers, ménestrels, elfes…
Certains ont des déguisements très sophistiqués, avec de vrais animaux empaillés, fixés sur une haute canne. Nous croisons une femme avec une véritable tête de loup blanc sur la tête, qui tombe en coiffe sur son dos. Solène est fascinée. Plus loin, il y a sa copine avec une renard roux en guise de cape et capuche. Solène adore se déguiser, alors d’échoppes en échoppes, nous finissons par acheter une peau de lapin blanc, une vraie peau. Et une paire d’oreilles d’elfe. Elle vit son rêve.

Le château de Bouillon
Le château de Bouillon est installé sur 3 éperons rocheux surplombant la rivière Semois et dominant la ville moderne. Il a appartenu à Godefroy de Bouillon, qui en a hérité de son oncle, Godefroy III Le Bossu. Le château de Bouillon est un des plus beaux châteaux médiévaux de Belgique. Lors des guerres de Louis XIV, Vauban le modernise et le fortifie. Il ajoute de nouveaux bastions, le sépare par des ponts levis. Sa position stratégique lui vaut le surnom de « clé des Ardennes ».



Nous trainons ainsi nos guenilles d’échoppe en échoppe jusqu’au coucher du soleil. Un pain garni de cochon grillé entier, ou de plus simple pain-saucisse et pain-fromage seront avalés sur le pouce.
Procession aux flambeaux
Près du pont qui nous ramène à notre campement, la montée aux flambeaux se met en place. Le Seigneur et la reine se prennent en selfie. Les participants, dans leurs plus beaux atours, défilent devant nous. Une dernière occasion d’observer tous leurs costumes. La procession s’éloigne.




Point chaton
Kaiser Châtaigne n’est toujours pas un nom. D’ailleurs, c’est trop long à prononcer et tout le monde l’appelle, kéké, Kiki, ou Kikicha. Le pauvre. Je continue à l’appeler Charlot. Aujourd’hui, il commence enfin sa courbe de croissance. Depuis sa naissance, Capucine le pèse tous les jours à 15h30. Après une petite perte de poids, une quasi-stagnation, ça y est, il a grossi de 10 grammes aujourd’hui. L’allaitement est désormais bien en place.
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