Canoë-frotté sur la Semois

Dimanche 10 août 2025. Bouillon, Belgique. Dernier petit-déjeuner devant la remorque du voisin. La Semois est une rivière réputée pour la pratique du canoë, nous sommes d’abord venu ici pour elle, avant de découvrir la fête médiévale de Bouillon. Aujourd’hui nous avons prévu de la parcourir sur 4 tronçons, en faisant varier les équipes sur chacun. L’eau nous paraît basse, mais hier, nous avons remarqué que des canoës prenaient le départ de Bouillon. Donc aucune hésitation, on y va !

Jolie rivière Semois, mais peu d’eau

Mais on n’installe pas les quilles du canoë, impossible vue la hauteur d’eau. Et sans quille, notre canoë est un véritable tourniquet. Au moindre coup de rame, il part en sens inverse. Il faut accepter de zigzaguer en permanence. Nous prenons le premier départ, Capucine, Solène et moi. Capucine est stressée par le risque de toucher des rochers, frotter le fond du canoë et risquer de le percer. Mais frotter le canoë ne sera pas évitable. Après une zone un peu profonde, il y a systématiquement des rochers afleurants formant un mini-rapide, suivie d’une zone de très basse profondeur. Ça loupe pas, premier arrêt, je sors du canoë, décoince l’engin et remonte.

Nous passons ainsi tous les affleurements rocheux. Et nous nous bidonnons à chaque fois. Capucine s’installe à l’avant pour essayer de distinguer la où ça passe. Elle plante parfois sa rame sur un caillou, comme les chevaliers plantaient le sanglier au javelot hier. Ça nous permet parfois d’éviter un rocher. Passé le stress, Capucine a enclenché son moulin à blague. Solène se bidonne, allongée en travers du canoë. Cette descente de rivière ne ressemble plus à rien.

Un mini-rapide nous bloque en travers du courant. Nous sommes tétanisée non pas de peur, mais de rire. Un autre est particulièrement haut, au moins 40 centimètres de hauteur, c’est difficile à distinguer en amont. Nous visons la vague centrale, mettons notre poids au plus bas, le canoë se plie et passe en souplesse. Extase de joie.

Au bout de 3 heures canoë-frotté-poussé, nous n’avons parcouru que la moitié du premier des 4 tronçons prévus aujourd’hui. Nous n’en ferons pas 4 c’est certain. Et franchement, nous en avons assez.

Changement d’équipe au point de vue du tombeau du Géant

Il est midi, j’appelle Pierre et nous nous donnons rendez-vous au prochain accès à la rivière pour changer d’équipage. Pierre me rappelle, le chemin d’accès est interdit, nous devons le rejoindre à pieds, 2 kilomètres de piste forestière qui monte jusqu’au point de vue où il est garé. Nous cachons notre gros canoë dans les herbes hautes du bord de la Semois, montons, croisons l’équipe qui descend. Échange rapide, bonne descente !

Descendre en canoë gonflable crevé

Pierre et Lison descendent les deux kilomètres de chemin, pour retrouver le canoë laissé en bord de rivière. Au premier coup d’oeil, nous remarquons qu’un des deux boudins, le côté droit, est clairement dégonflé. Bon, pas trop le choix, nous n’allons pas trainer le canoë à pied sur les deux kilomètres montants, il faut avancer. Nous tâtons régulièrement l’état de gonflage du « sol » du canoë. Tant qu’il tient, ça va, au pire c’est comme si nous étions en paddle.

La descente se passe malgré tout normalement. Toujours des passages avec peu d’eau, un peu de marche à pied au milieu de la rivière là où il n’y a pas de fond.

Biodiversité et canoë dans si peu de fond ?

La Semois est réputée pour la beauté sauvage de ses multiples méandres. Elle est très prisée pour la pratique du canoë, il y a donc beaucoup de monde. Nous nous interrogeons sur l’impact de la pratique du canoë, et de la fragilisation de la rivière. Tout ce monde est obligé de marcher à pied dans la rivière, abimant la végétation qui se trouve au fond de la rivière. Plus loin, nous remarquons avec Lison que ce sont sur ces zones de végétation que nous observons le plus grand nombre de poissons ; ils doivent s’y réfugier. Vairons, gougeons, gardons, perches, et quelques spécimens non identifiés.

Activité équipage n°1 pendant que Lison et Pierre descendent la Semois en canoë

Au camping-car, Pierre et Lison nous ont laissé le repas tout prêt. Nous nous restaurons, avant de s’embarquer dans une après midi entière à faire des bijoux en perles. Solène a tellement rêvé hier devant les diadèmes, nous nous attachons donc à compléter sa tenue d’elfe magique. J’ai tout ce qu’il faut dans les placards de ma maison magique : un coquillage, des perles en verre et de belles perles goutte que j’ai depuis toujours, et que je réutilise dans différents projets. Du fil de pêche, du fil élastique et des petites pièces en métal pour bien terminer le tout. Pendant qu’elle assemble son diadème, Capucine et moi nous nous faisons des bracelets.

Je surveille l’avancée de Pierre d’un œil, je vois sa position sur mon téléphone. Ça va, on a le temps, il n’avance pas plus vite que nous. Passé la moitié du parcours, je sonne le départ nous avons trente minutes de route pour rejoindre le village où il débarquera. Le temps de ranger, de rouler, de trouver une place au bord de l’eau, nous arrivons juste avant lui. Je le vois, bloqué au milieu de la rivière, il prend des photos d’un ragondin.

Laisse tomber les petites rivières, demain nous tenterons de naviguer sur la Meuse. J’ai lu que le club de canoë local le propose, j’ai repéré un secteur. Adieu la Semois, Salut la Meuse.

Nous nous stationnons pour la nuit sur un parking de départ de randonnée, complètement sous les arbres. Les accès à l’eau son compliqués et surtout, il y de gros bateaux qui passent. Nous doutons sur la possibilité de faire du canoë ici.

Réparation du canoë gonflable crevé

En attendant, il faut étudier cette crevaison. Je déroule mon canoë. Sors le boudin gonflable. Gonfle. Solène entend de suite le petit trou, il est minuscule, moins d’un millimètres à côté de la couture.

Hypothèse retenue : ce ne sont pas les rochers de la Semois qui l’ont percé, mais le fait qu’il était surgonflé (on gonfle notre canoë toujours un peu plus que l’indication, au cas où) et qu’il ait passé presque une heure en plein soleil pendant le changement d’équipage. À côté du trou, la pointe du boudin est déformée elle aussi, certainement par le combo pression-chaleur.

Bon, Pierre n’a pas de matériel pour mettre des rustines mais j’ai envie de tenter un truc. Je bouche le trou avec de la glue super forte. Et pour éviter que la pression ne tire sur l’ouverture, je colle un gros carré de gros scotch renforcé. Je regonfle. Ça fuit encore légèrement. J’insiste sur le scotch pour qu’il adhére sur absolument toute sa surface et ça marche. Pour combien de temps, je ne sais pas. Je prends le temps d’écouter mon gros boudin à la recherche d’un éventuel second trou. Rien à l’oreille. Nous rangeons le tout pour la nuit.

Capucine nous a préparé des gnocchi au Gorgonzola. Réconfort. En guise de veillée, ce soir, ce sera petit bac endiablé. 

Canoë sur la Meuse ou pas ?

Est-ce que nous tentons la Meuse demain, avec ses bateaux et notre rustine de fortune ? Je propose d’aller prendre le petit déjeuner sur un point de vue où l’on pourra observer la fréquence et la taille des bateaux, ainsi que la présence de canoë. Mais pendant la nuit, avec Pierre nous nous rendons compte qu’il y a un des plus beaux spot d’escalade de Belgique juste à côté de nous. Je pense que nous allons changer de programme.

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Une réponse à “Canoë-frotté sur la Semois”

  1. Avatar de Michele
    Michele

    Pas de nouvelles des mimi !!! Mais une photo ouf…un prénom. Micha pourquoi pas?

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