
Mardi 12 août 2025. Commune de Dinant, Belgique. Réveil enjoué. Nous sommes stationnés à côté de la Lesse. Sa descente en canoë est autorisée à partir de 9h30. Le niveau de l’eau semble un peu moins bas que sur la Semois. Il n’y a plus qu’à vérifier si ma réparation de fortune sur le canoë fonctionne. Dimanche, nous avions un petit trou dans le boudin droite du canoë. Colle, scotch, c’était rebouché. Est-ce que ça tient toujours ? Gonflage du canoë à 1,5 PSI, pas plus. Visiblement oui. Heureuse. Est-ce que ça va tenir toute la journée ? C’est à tester.
La Lesse, règlementation pour une meilleure gestion de la rivière
La Lesse est très prisée pour le kayak. Nous remarquons qu’il y un seul prestataire de location de canoë, qui gère un flux énorme de clients ; nous supposons la manne économique que cela doit représenter.
Une réglementation stricte a été mise en place pour ménager au mieux l’environnement, tout en permettant de continuer à autoriser la pratique du canoë.
Entre autres dispositions :
– la descente est autorisée de 9h30 à 18h, interdite sinon
– l’embarquement et le débarquement ne sont autorisés qu’à certains endroits bien délimités
– la baignade n’est autorisée qu’aux endroits dédiés
C’est l’équipe Pierre-Solène qui fera la première descente. Je ferai la seconde avec Lison et Capucine. Ils partent à l’heure dite, 9h30. Ils sont seuls sur la rivière, à côté du débarcadère qui stocke des centaines de canoë.
Pendant ce temps, je file les retrouver à l’arrivée, à l’embouchure de la Lesse avec la Meuse. Je fais un arrêt au point de vue sur les rochers de Freÿr, où avec Lison nous passons du temps à observer un homme marcher sur une slackline, une corde tendue jusqu’à un rocher, à quelques 120 mètres au-dessus de la Meuse. Magique. Je veux trop faire ça maman, m’avoue Lison. Vas-y, renseigne-toi et entraîne-toi ! (Je l’encourage mais je ne le ferai pas à sa place).

Equipe 1 : mission anti-polluteurs
Les paysages sont très beaux, nous profitons du calme de début de journée, mais nous sommes rapidement agacés par tous les déchets que nous pouvons voir sur les rives : ceux abandonnés sur place ou ceux qui se sont retrouvés à la dérive coincés entre les arbres et branches trempant dans la rivière.
Pendant trois heures de descente assez tranquille, nous avons revêtu le costume de super-héros-anti-polluteur et avons accepté la mission que nous nous sommes donnés nous même de ramasser les déchets.

Sur la musique de Terminator que nous fredonnons, nous inspectons les rives à la recherche du déchet. Puis quand nous en détectons un, nous nous mettons rapidement en mouvement pour aller le récupérer, c’est souvent sportif pour se diriger correctement, pagayer à contre-courant, arriver à s’arrimer, récupérer le délictueux déchet, remonter à bord, et repartir sans s’empaler sur les branches.
Cela commence par les bouteilles en plastique (dont une pleine, même pas ouverte), rapidement dépassées par les canettes en métal (Jupiler en tête), quelques tongues (côté droit uniquement), puis plastiques. Le canoë commence à être sacrément rempli.
« – Il nous faudrait un sac pour ranger tous ces déchets
– Ah ben tiens, il y en a un justement là coincé dans les branches«
La nature nous offre tout ce dont nous avons besoin.
Pierre
« La nature nous offre tout ce dont nous avons besoin », tel est notre slogan. Nous classons les déchets en deux tas : ceux à jeter, ceux à ré-utiliser : gobelet, casquette, t-shirt, une canette de boisson pas ouverte, un seau, …
Au point de rendez-vous, le stationnement est complet, je trouve une place plus loin. À pied, nous allons voir le quai de débarquement, le site est noir de monde qui s’apprête à embarquer dans un bus pour partir faire la descente de la Lesse en canoë. Pierre et Solène arrivent à 12h30, tranquillou. En même temps que plusieurs autres canoës. Pierre et Solène nous exposent fièrement tous les déchets qu’il ont ramassé en chemin. Il ont ramassé des objets perdus, dont des claquettes : « Celle-ci, j’ai vue sa seconde paire, il faut que vous me la rameniez », nous donne-il comme mission. À côté, Solène se bidonne de rire devant les clowneries utiles de son père.




Nous plions notre canoë tout mouillé et retournons au départ. Repas rapide, mais dessert tout à propos initié par Lison : Babana-split pour tout le monde. Une banane, trois boules de glace, du chocolat fondu et des amandes. Nous avons notre dose d’énergie pour partir ramer 12 kilomètres.
Equipe 2 : mission claquette
Dépliage du canoë tout mouillé. Gonflage précis. Mise à l’eau. Nous partons dans une rivière noire de monde, ou plutôt multicolore de rames et de canoës. Nous jouons à touche-touche, nous nous coinçons dans des bouchons. Mais toujours dans une bonne ambiance belge, les équipages rient, s’éclaboussent et font des blagues. Certains passages ne sont pas assez profonds pour avancer sans racler les cailloux, mais finalement peu. Nous avançons bien, en zig-zaguant perpétuellement car nous n’avons pas mis les quilles. Nous nous mettons régulièrement en travers de la rivière, bloquant le passage à tout le monde, toujours rigolant.
Lison insiste pour que nous mettions les quilles, elle a raison, c’est finalement pas si compliqué à installer. Elle arrive à le faire sous l’eau, à l’aveugle, quand moi je retournais complètement le canoë. Ainsi, nous les enlevons dès que nécessaire, et les remettons facilement. C’est tout de même bien plus confortable de ramer tout droit.
Sur le bord de la rivière, nous ne voyons pas la fameuse claquette oubliée. Nous ne voyons même presque pas de déchets. Par rapport au nombre de rameurs, la rivière est très propre. Ou alors Pierre a tout ramassé. Par contre, nous voyons une rame oubliée sur un rocher. Nous remontons le courant pour la récupérer. Ce sera notre contribution à la dépollution de la rivière, nous rendrons la rame à l’arrivée, et nous aurons 3 rames pour 3 rameuses.
Château de Walzin, et passage de chaussée
La Lesse est très jolie, très ombragée sur une grande partie du cours d’eau. La végétation forme un tunnel de fraîcheur. Nous passons à côté de belles falaises. Et du château de Walzin, perché sur une haute falaise, impressionnant. En dessous, il y a une chaussée à passer. Lison enlève les quilles, et nous glissons sur les cailloux. Une deuxième chaussée plus loin, et plus longue. C’est très amusant.




Nous finissons le parcours épuisées. Capucine n’arrête pas de faire des blagues et ne rame plus du tout. Lison n’est pas une bonne rameuse non plus. Alors ça rigole beaucoup, mais ça n’avance plus du tout à la fin.




Arrivée. Rame rendue. Canoë plié mouillé. Nous quittons le bazar de ce quai aux milles et un canoës. Un spot à Dinant, près de l’Abbaye de Leffe. Très penché mais avec une belle vue. Le camping-car est mis sur une cale. Le canoë à sécher. Capucine fait à manger. Il fair très chaud ce soir. Le camping-car est ouvert de toutes parts.



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