Voyage en Pataphonie

Mercredi 13 août 2025. Dinant, Belgique.

Définitions de pataphonie

Géo. : royaume musical aux frontières ondulantes. La musique y est célébrée au quotidien, sauf le 21 juin qui est la fête du silence. On y accède par le soupir d’une porte, une promenade au clair de lune un soir de poubelles dans les rues de Bruxelles, en interprétant « Plaisir d’Amour » sur une gamme de pots de fleurs dans le garden center du bricorama…

Psycho. : envie irrésistible et quasi-pathologique de faire résonner le monde. « Donnez-moi une mailloche assez longue et je ferai résonner la Terre – Anonyme ».

Maison de la pataphonie de Dinant

Aujourd’hui est un jour tant attendu. Nous allons enfin visiter la maison de la Pataphonie. C’est quoi la Pataphonie ? Un truc belge bien sûr ! L’art de faire de la musique avec des objets détourné. Nous avions prévu de la visiter en 2019 mais l’entrée n’est pas possible pour les moins de 5 ans. Solène avait 4 ans. Nous nous préparons donc joyeusement ce matin. 

Charlot-Kaiser-Châtaigne, le chaton, lui, se carapate. Sa mère vient de sortir alors qu’il n’avait visiblement pas fini de téter. Il escalade le rebord de sa boîte en carton, tombe sur notre lit et avance d’un pas chancelant, tout droit, en miaulant à tue-tête. Ses yeux ne sont pas encore ouverts. Ça promet un chaton téméraire ! Heureusement Charlotte arrive en courant. Il est terminé le temps où nous gardions Châtaigne avec nous dans la capucine. Le carton doit être installé par terre désormais et vue la place que nous n’avons pas, ça va être compliqué… 

Nous déplaçons le camping-car à l’ombre et partons vers 9h, la maison ouvre à 10h30 et nous avons environ 10 minutes de marche pour l’atteindre. Un café-gaufre au soleil avec une jolie vue. Nous descendons les quais de la Meuse et remontons par les petites rues du centre ville, contre la paroie de la falaise. Très agréable. Il est 10h devant la maison de la Pataphonie. Poursuivons un peu. Tiens, une boutique de seconde main est ouverte. Voilà les 4 filles qui font le tour des penderies. Pierre trouve son bonheur au rayon livre.

Pendant que nous fouinons, les bénévoles de la boutique papotent, parlent fort et s’énervent. Nous profitons de pouvoir écouter leur accent belge, adorable, et leur langage fleuri. C’est très amusant. 4 habits choisis. 4 livres. Et une cuillère de service. Nous sommes contents de cette étape. Solène et Lison enfilent de suite leurs nouvelles jupes. Nous retournons vite à la maison de la Pataphonie, il est 10h36. Enfin ! 

Voyage en pataphonie, visite poétique guidée

Elle est fermée. Bizarre ? Mais elle fait du bruit ! Il y a quelqu’un dedans. Nous sonnons en appuyant sur un gonfleur de matelas. Le Zygzaboule. Un homme vient nous ouvrir, un pataphon ! Il a une allure de métalleux, habillé tout de noir et longue barbe grisonnante. Souriant. Il nous accueille en s’excusant. « Je n’ai pas de caisse, je rentre aujourd’hui de vacances, je ne sais pas où elle est passée, je suis obligé de vous demander de payer votre entrée par carte ». Ça fait 6 ans qu’on attend cette visite, c’est pas ça qui va nous arrêter ! Le pataphon nous invite à rejoindre un petit groupe assis dans une première pièce remplie de tubes et de tuyaux souples aux murs. Quelques notes et le voyage sonore commence. 

De la musique avec tout

Un intrumentarium unique se dévoile à nos oreilles. Avec des tuyaux en PVC, des pots en terre cuite, des vielles bouteilles, des guitares cassées, une scie, des coquillages, des gourdes scoutes, des ardoises, des boîtes de conserves de choucroute et tant d’autres choses… Nos oreilles sont aux aguets. Notre Pataphon nous installe dans un véritable orchestre de choses métalliques. Sans trop de mots, mais pas sans blagues, il nous donne nos baguettes pour nous faire entrer dans la musique. J’ai un instrument en forme d’étoile, Pierre a des tubes métalliques, Lison des baguettes qui serpentent. Pas de cacophonie. Des sons qui jouent ensemble, rebondissent et gardent le rythme. Magique. 

En passant par la rivière aqualubique

Dans une autre salle on joue avec les sons de cailloux. On fait un blind-test avec un piano droit de gourdes scoutes, de bouteilles, de pots en terre et de conserves de choucroute.

Puis on passe aux sons de l’eau, dans une salle où il y a des fuites même quand il fait beau. Une barque remplie d’eau est notre terrain de jeu. Dans le grenier, on écoute une caisse en bois, une boite à cigares semble t-il, se la jouer guitare électrique. 

Dans la ville natale d’Adolphe Sax, la Maison de la Pataphonie est installée dans la plus vieille maison de Dinant. Imaginée par Max Vandervorst, l’intrumentarium se développe au fil du temps grâce à l’inventivité des Pataphons.

Max Vandervorst est musicien, compositeur et inventeur d’instruments. Depuis 1988, il crée des spectacles basés sur la musicalisation d’objets recyclés. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence en matière de « Lutherie sauvage », musicothérapie pour objets abandonnés. 

Nous sortons de là avec l’envie de taper sur n’importe quoi pour continuer à faire de la musique ; et des idées d’instruments-déco à créer pour la maison. Enchantés. 

Direction Bruxelles

La suite de la journée sera moins poétique. Direction Bruxelles. Pique-nique dans un parc à l’ombre. Services pour être autonomes trois jours à la capitale. Nous ne sommes qu’à une heure de route. Notre spot de 2019, dans le parc du cinquantenaire, n’existe plus. Nous trouvons une place dans l’impasse qui mène à une école, sous un arbre et près du Parc de Wolvendael. C’est plus loin mais proche des transports en commun.

Nous trouvons ce spot très bien. Une longue pause lecture, accordéon, perles. Un petit tour dans le parc. Il possède un espace protégé, clôturé pour laisser la nature en libre évolution. C’est surprenant en pleine zone urbaine. Il y a plusieurs très grandes propriétés en bordure de cet espace clos, la préservation de la nature ressemble à un prétexte. Le Parc public est très agréable, jeux d’enfants et promeneurs de chiens.

Quand nous rentrons au camping-car, Charlot n’est plus dans sa boîte que nous avions posé au sol. Alerte générale : attention où vous mettez les pieds ! Tout le monde cherche Charlot au sol, Charlotte l’a monté dans le lit de Capucine qui est enchantée. 

Il fait très chaud ce soir, de la pluie est annoncée pour la nuit. Elle sera légère et assez peu rafraîchissante. Toutes les fenêtres restent ouvertes, ce sera une des nuits les plus chaudes que nous ayons vécu en Carapate. 

Côté prénom, le « Kaiser Châtaigne » devient « Kaizou » ou « Kaizouzou ». Moi, ça me fait penser à Zou le zèbre, le personnage de dessin animé pour bébé. Heureusement je surprend Capucine à l’appeler Charlot.

Rechercher d’autres articles

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *