Les marmottes du Grossglockner

Les marmottes du Grossglockner

10 août 2018. A l’assaut du glacier ! Ce matin, nous démarrons tôt. Non seulement car nous avons hâte d’aller explorer ce glacier gigantesque qui est juste à côté de nous, mais aussi car la nuit a été un peu compliquée. Lison est tombée de son lit, hurlant brusquement au beau milieu de la nuit. Plus de peur que de mal, heureusement. Maintenant, elle dormira dans l’autre sens. Puis, à 7 heures, c’était au tour de Solène de nous réveiller. « Maman, e veux mon bibiron. Maaamaaannn, e veux mon bi-bi-ron ! » La semaine dernière, elle se réveillait en se chuchotant des histoires, c’était plus agréable.

Le glacier de Pasterze

Le Pasterze est le plus grand et le plus long glacier des Alpes : 8,4 km. Il s’étend en une langue glacière sous le Grossglokner, le plus haut sommet d’Autriche. Hier, nous l’avions presque vu, son sommet étant juste un peu caché par de petits nuages. Mais aujourd’hui, nous n’aurons aucune chance d’en voir plus. De gros nuages remontent le glacier en formant une limite rectiligne juste à notre hauteur. L’endroit est très touristique mais forcément, avec cette météo, nous ne sommes pas nombreux. Tant mieux ! Le chemin qui remonte vers le glacier est un spot à marmottes ! Hier, nous nous étions acharnés à en repérer au moins une, aujourd’hui nous allons être comblés, nous en verrons plus d’une dizaine, et certaines très proches de nous, faisant des poses parfaitement photogéniques. Les filles se régalent de les chercher et de les observer.

Passées les prairies à marmottes, nous arrivons à une exposition du Parc naturel située dans des tunnels qui remontent vers le glacier. Nous n’avons pas compris si ces tunnels étaient une ancienne route, une ancienne mine d’or ou de cristal de roche. Certaines explications étaient traduites en français mais pas toutes. L’endroit est impressionnant. Il fait froid, l’eau ruisselle et des éclairages parsemés s’ajoutent à la magie du lieu. Six long tunnels s’enchaînent et nous amènent loin dans la vallée glacière tout en nous racontant la légende du Grossglockner. 

La légende du Grossglockner

De riches paysans de la vallée ont refusé de donner une motte de beurre à un prêtre, le Père Jean. Une tempête s’est déclenchée entraînant tous ces gens à la mort. Les esprits de la montagne les ont alors pétrifiés et transformés en sommets. Autour du Pasterze, 8 sommets portent aujourd’hui les noms des personnages de cette légende. 

Au bout de ces 6 longs tunnels, le sentier se poursuit à l’air libre. Les nuages sont toujours là, nous n’auront pas l’honneur de voir ni le Grossglockner, ni les 7 autres sommets. Le chemin est creusé dans le massif rocheux, impressionnant mais large. Nous marchons à la queue-leu-leu coté montagne. il mène jusqu’à un refuge, point de départ pour l’exploration du massif pour de nombreux alpinistes. L’ascension est douce et agréable. Nous sommes au dessus du glacier et nous l’entendons craquer. Des panneaux d’interprétation -en français- nous expliquent l’évolution du glacier, sa fonte, le réchauffement climatique… Depuis la fin de la petite période glacière au milieu du 19ème siècle, la température moyenne a augmenté de 1,5° dans l’espace alpin. En conséquence, les surfaces glacières ont diminué de moitié. Depuis 1846, des mesures scientifiques ont été réalisées au Pasterze. Elles permettent aujourd’hui de savoir que le glacier a perdu 200 mètres cube de son volume et 1800 mètres de longueur au niveau de sa langue glacière.

Mais il va être midi, et nos estomacs sur pattes sont sensibles à cet horaire. Nous rebroussons chemin, dommage, nous serions bien montés plus haut.

Repas au chaud dans le ventre d’Emile-Pat’. Reposés, nous voulons poursuivre la découverte du massif du Grossglockner. Le parc naturel propose plusieurs expositions et sentiers pédagogiques qui ont l’air très chouette. Mais la pluie s’est installée… Tant pis pour le jardin botanique, tant pis pour le sentier géologique, tans pis pour l’expo extérieure sur l’histoire des routes des Alpes…. Et tant pis pour le paysage, il pleut vraiment trop. Heureusement, nous nous rabattons sur le « marmot show » ! Une exposition en intérieur sur la faune des montagnes, avec un film !!! Les filles qui n’ont pas vu un écran depuis 3 semaines sont aux anges. Solène éclate de joie devant tous ces beaux animaux !

Nous sortons du parc naturel quand même contents de notre journée. Outre le « marmot show », l’exposition était très intéressante, diversifiée et faite pour les enfants. Clou de la journée, le passage libre au péage ! Oui, car l’accès au parc naturel est payant, 26 €/jour. 12 €/jour supplémentaire. Et surtout, il est interdit de bivouaquer dans le parc. Autant vous dire que je craignais le passage au péage, le supplément, peut-être l’amende ?… Mais non, nous sommes passés à 17h20 et à 17h, tous les autrichiens cessent le travail. Le péage était libre, pas de surplus, pas d’amende et danse de la joie !

Nous rejoignons le coin que nous avions repéré pour la nuit, un espace libre entre une rivière et une parcelle à vache, à proximité de jolies gorges à visiter le lendemain.

Comments

  1. Eric says:

    Quel stop de stationnement !
    Toujours agréable à lire.

  2. Janine Clément Raynaud says:

    Ce Jeudi 16 août : j’avais manqué cette journée du Grossglockner. C’était vraiment dommage, car
    épatant votre récit, le paysage et le stationnement à donner des frayeurs vu de loin. C’est beau.

    Bravo, intéressante expédition glaciaire, avec visite intérieure bienvenue un jour de pluie, y compris pour les enfants…
    Et, excellente conclusion à la sortie du Park : certains jours la chance est là !

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