Mégaphones et méganid

Mégaphones et méganid

Mercredi 8 juillet 2020. Alūksne, Lettonie. Ce matin le camion des voisins est rempli de ballons en forme de cœur. C’est l’anniversaire de Margot aujourd’hui, elle a six ans. Et enfin le soleil est revenu. Margot avait du lui donner rendez-vous pour ce jour particulier. C’est donc enjoués que nous installons le petit déjeuner dehors avant de sortir le paddle et de retourner à l’eau. L’anniversaire sera fêté à midi, mais Solène ne sait pas attendre pour offrir le petit cadeau que nous lui avons préparé. Margot ouvre sa boîte de légos en catamini et nous les retrouvons toutes les deux tentant d’assembler sagement les petites pièces.

Ce matin, Pierre ira aussi faire un tour au village à vélo. Sa mission, trouver un gonfleur avec le bon embout pour notre paddle qui après une semaine d’utilisation, commence à montrer des signes de détente. Il part, et revient avec le graal. Et ça fonctionne. Bubble le paddle est regonflé à bloc. Du coup, nous avons maintenant deux gros gonfleurs à bourrer quelques part dans le coffre… Et du coup, non, finalement on ne va pas le dégonfler pour le transporter. Au plafond du camping-car, il est facile à entrer et sortir matins et soirs. Et son nez dans notre lit ne nous gêne pas tant que ça.

À midi, c’est repas de fête. Benjamin et moi avons tous les deux fait deux petites pizzas dans nos fours, et un gâteau au chocolat. Les cuisines n’ont pas chaumé ce matin. Un air chantonné, trois cadeaux déballés. Un flamand rose gonflable ! Vite, tout le monde retourne à l’eau.

Les écouteurs de la forêt

Nous partirons tard de ce sympathique spot, nous en avons bien profité. Direction un gros point cœur, les mégaphones de la forêt, pas très loin de là. Ce sont trois mégaphones géants, à l’intérieur desquels on peut s’installer et écouter les bruits de la forêt amplifiés par la structure. Ce sont des étudiants en architecture de l’école de Tallinn qui ont dessiné, construit et installé ces engins ici. Tallinn, la capitale de l’Estonie, nous passons une nouvelle frontière, nous quittons la Lettonie comme nous y sommes entrés, par une piste.

Ce recoin de forêt n’est absolument pas touristique. J’en avais eu connaissance dans un livre racontant un roadtrip autour de l’Europe et il m’avait fallu chercher un moment pour identifier l’endroit exact. Ce livre, je l’avais offert à mon frère qui lui aussi prépare un voyage en van. Nous en avions rêvé ensemble. Alors dès que nous nous installons à l’intérieur d’un des mégaphones, nous l’appelons en vidéo. « Allo Guillaume, devine où on est ! ». Evidemment il reconnaît avec joie. Lui est à l’usine. Il nous montre le gros avion tout vert sur lequel il est en train de travailler. Méga-écart spacio-temporel.

Ces mégaphones, il s’agit maintenant de les tester réellement. Nous nous allongeons au fond et écoutons. S’allonger ? Impossible pour les filles. Elles vont jouer plus loin et escalader un autre mégaphone. Conséquence, on entend… nos enfants. Leur boucan est amplifié par les structures et les chants des oiseaux, et le bruissement des feuilles est à peine perceptible. Ce lieu devrait être interdit aux enfants. Et puis nos amis nous y rejoignent, leur didgeridoo sous le bras. Jouer de cet instrument dans un mégaphone est parfaitement adapté, le son guturique de ce long tube plastique est envoûtant comme l’endroit. Un groupe arrive, un jeune avec son propre didgeridoo, le même modèle. Incroyable. « Where are you from? – Estonia, of course. » Les deux musiciens s’installent ensemble pour un concert improvisé.

Le nid d'aigle

Encore vingt petites minutes de route et nous arrivons à notre spot, à Rõuge, au pied d’une incroyable tour d’observation en forme de nid d’aigle géant. Les enfants y voient une fusée pour se rendre sur mars. En haut, nous trouvons un aigle. Un tigre. Et deux créatures extraterrestres. C’est le groupe croisé dans la forêt, aux mégaphones, maintenant déguisé. Sur mars ou dans un nid d’aigle, je ne sais pas bien où l’on est. D’en haut, le paysage est plat à 360° et le soleil encore haut dans le ciel. Il est 19h. D’en haut, nous repérons une balançoire géante un peu plus loin dans le parc. Vite, tous dans la balançoire !

À côté, nous découvrons un terrain de jeu carrément génial. Un minuscule village viking reconstitué avec huttes, maisonnettes, forge, bergerie et quelques outils, paniers, peaux de bêtes à disposition. Il est déjà tard mais impossible de résister, les enfants s’inventent immédiatement une vie où les uns traient les brebis, les autres travaillent à la forge, Capucine en chef de village évidemment. Nous les laissons jouer pendant que nous observons l’architecture surprenante de ces maisons aux toits isolés par de l’écorce de bouleau. Discrètement, Séverine nous trouve quelques feuilles toutes fraîches de pissenlit et de plantain pour le dîner. Un complément bienvenu et bourré de vitamines.

Commentaires

  1. creusoise a dit :

    merci pour le partage
    je ne connaissais pas ces mégaphones !

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