Porkkala, la péninsule enchantée

Porkkala, la péninsule enchantée

Vendredi 24 juillet 2020. Kultanummi, Finlande. Non, rien à faire, nous n’irons pas nous baigner ce matin. Le temps est tout pourri. Mais aucune envie de se démotiver pour autant, demain, nous quitterons la Finlande et j’ai bien envie de trouver le moyen de profiter de cette avant-dernière journée coûte que coûte. J’étudie la carte météo, si nous descendons au bout de la péninsule de Porkkala, au sud d’Helsinki, nous devrions passer au delà des nuages et peut-être retrouver le soleil. Mais avant cela, j’ai repéré une île en forme de cœur dans le marais d’à côté. Alors nous tirons nos grognons du lit, leur enfilons manteau et capuche, et les sortons sous la pluie. Je vous laisse imaginer l’ambiance… Heureusement, quelques installations sportives les attirent et les font s’amuser ensemble. Une forêt, quelques rochers plongeant dans l’eau, une girolle, nous arrivons au marais et grimpons en haut de la tour d’observation. Mais nous ne sommes pas assez haut pour voir l’île-cœur. Il faut lever le drone.

Avec élan

Voilà, nous rentrons tout mouillés mais avec une jolie photo dans la boîte. Tout le monde est ravi, si si. Zou, on s’attache, et on roule.

Nous avons deux heures de route pour atteindre le bout du bout de la péninsule, juste à côté d’Helsinki. Une pause déjeuner au lidl, fabuleuse, et nous reprenons courageusement la route. Deux heures, c’est long. Mais au moins, la pluie s’arrête et nous voyons le bout du nuage. Et puis la surprise arrive, de la forêt surgit en élan qui traverse la route devant nous. Allure chaloupée et pas de géant. Quelle grande bête. Il poursuit son chemin de l’autre côté et s’arrête pour nous regarder. Impossible de le prendre correctement en photo, il se cache derrière quelques branches. Nous nous regardons quelques instants. Et puis la circulation nous pousse en avant. Un élan par ici, tout au sud, entre deux bras de mer. Quelle surprise. Nous ne nous attendions vraiment pas à en voir en ne venant que dix jours en Finlande. Merci monsieur l’élan !

Péninsule de Porkkala

Une longue piste. Stop, deux cèpes sur le bord de la route. Un parking de départ de randonnée sans charme. Un chemin en forêt, Solène part devant en courant, suivie de près par Lison. Elles avaient besoin de se défouler. Capucine, comme d’habitude, reste avec moi. Et Pierre, nous le perdons. Il fait du hors-piste pour maximiser ses chances de manger une poêlée de girolles ce soir. Et puis nous arrivons à un endroit magnifique, sol de rochers et pins sylvestres qui tentent de pousser sur la pierre, racines à l’horizontale. Sans terre, comment font-ils ? Les filles resteraient bien par ici installer leur cabane entre ces arbres tordus, mais nous savons qu’il y a un point de vue, tout au bout du bout de la péninsule. Nous continuons. Une cabane à bois, un barbecue, une table, une vue, la mer. Et les îles. Que c’est beau. Les finlandais ont l’art d’aménager la nature. Mais le bout du bout n’est pas là, continuons encore.

Sur un rocher protégé du vent, un troupeau d’oies du Canada est installé. De loin, elles nous regardent passer, méfiantes mais pas affolées. Les filles s’en approchent en rampant, elles ne bougent même pas. Et puis nous y arrivons, au bout du bout du monde. Encore une table en bois devant la vue, la mer, les îles, les goélands crieurs, les sternes supersoniques, les cormorans qui traversent l’horizon à tire-d’ailes. Le vent froid et iodé nous vivifie. Au loin, le soleil est là, ses rayons éclairent la surface de la mer en avançant vers nous. Bientôt nous y serons, au soleil. Que le moment est absorbant. Pour notre dernier spot en Finlande, nous avons trouvé un endroit vraiment gracieux.

Nous restons sur ce cap un moment, à regarder nos enfants danser dans le vent. Nous ? En réalité non, je suis seule, Pierre s’est encore échappé cueillir des myrtilles derrière. Il avait emporté un saladier dans son sac à dos. Nous le rejoignons pour l’aider mais le saladier est déjà presque plein. Quelques poignées supplémentaires, un arbre à escalader, rentrons. Mais nous rentrons par un autre chemin, côte sud de la péninsule. Là, une biche traverse non loin de nous, suivie de ses deux faons, et s’échappe. Quelques pas de plus, une autre, seule. Puis quelques girolles, enfin. Et une autre biche, plus loin encore, qui fait comprendre à Pierre qu’il n’est pas chez lui. Il faisait encore du hors-piste. Mais il ramène une dernière poignée de girolles. Nous en avons maintenant assez pour notre poêlée du soir, d’ailleurs, il est bien temps de se préoccuper de savoir où l’on va dormir ce soir. Nous regardons park4night pour une énième fois et confirmons le spot initialement repéré, juste un petit parking plus loin, plus proche de l’eau que là où nous sommes. S’il fait beau demain, peut-être un petit tour de paddle ? 

En attendant, nous découvrons sur le spot qu’il y a absolument tout ce qu’il faut pour cuisiner dehors au feu de bois. Zou, Pierre allume le feu pendant que je prépare les patates et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, un délicieux repas est prêt. Pommes de terre nouvelles rissolées, porc à la braise, cèpes et girolles. Et des bananes au chocolat pour le dessert. Voilà. Le mode de vie finlandais, fait de nature et de plaisir simples, nous va comme un gant.

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