Sienne la lumineuse

Sienne la lumineuse

Lundi 30 décembre 2019. J183. Santa Fiora, Italie. Le chauffage a finalement bien tenu cette nuit et nous avons, contre toute attente, très bien dormi. Un rayon de soleil se faufile entre la forêt et le camping car voisin et vient éclairer notre petit déjeuner. Mais nous allons vite nous retrouver à l’ombre. Nous faisons l’école vite et partons. 

Direction Sienne. Nous y allons sans guide, sans savoir précisément ce que nous pourrons y voir. Nous nous laisserons surprendre, c’est bien aussi. Et Sienne nous met vite dans l’ambiance de ses venelles. Le temps est à la fête. Les jolies boutiques invitent à préparer le réveillon avec faste. Les italiens profitent de leur ville. Tout un coup, une grande lumière. Nous sommes sur la piazza del Campo, inondée de soleil. La place a une forme de coquillage, le sol est joliment pavé et les gens sont assis, parfois allongé, au sol. Ils prennent le soleil. Les terrasses, elles aussi, sont bondées. Bain de soleil collectif. 

Cathédrale, de marbre

Trois ruelles plus loin, une façade de marbre blanc, rose et noir, au style gothique et aux colonnes torsadées. Magnifique. Très romantique. Nous sommes à l’arrière de la cathédrale de Sienne. Nous contournons. Le parvis est face à nous et la façade principale se déploie dans toute sa grandeur. Haute. Travaillée. Raffinée. Un banc. Nous sommes face à face. Dialogue muet. Ta ville est ocre brun, « terre de Sienne » comme on dit sur un tube d’aquarelle. Et toi, tu es là, au milieu, blanche, rose, soulignée de noir. Ta ville est brute, médiévale. Toi tu es toute sculptée, pleine de détails, de mosaïques dorées.

Son secret ? C’est peut-être que cette cathédrale est en éternel chantier. La tradition raconte qu’il y a une église ici depuis le IXème siècle et qu’elle n’a cessé d’être agrandie, embellie. La façade a d’ailleurs été refaite récemment. À l’intérieur, les pavements sont célèbres car ils sont réalisés en marqueterie de marbre. Et ce projet décoratif s’est étalé sur six siècles, du XIVe au XIXe siècle. Nous entrons. Ces dessins de marbre sont tout aussi surprenants. Ils recouvrent les parties du sol, de la nef au transept. Nous parcourons les dessins en essayant d’en déchiffrer quelques uns. 

Depuis Sienne, mon frère m’appelle. Il a reçu le composant électrique que nous avions fait envoyé chez lui et qui nous permettra de refaire fonctionner correctement la batterie. Il s’apprête à nous l’envoyer, quelque part. Ce sera à Padoue, en poste restante. Il devrait y arriver samedi, et nous mardi. Nous prenons de la marge. Ouf, l’inconfort lié au manque d’électricité va bientôt prendre fin. 

Ce soir nous ne dormirons pas loin, nous gardons la vue sur Sienne et sa tour de la Mangia, depuis la basilique dell’Osservanza.

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