Les rochers de Yorkshire Dales

Les rochers de Yorkshire Dales

Lundi 22 juillet 2019. J22. Il a plu toute la nuit sur L’Emile-Pat, doucement secoué par un vent ininterrompu qui a bercé les uns et empêche de dormir les autres. Enfin, moi seulement. Au réveil, le ciel est toujours aussi nuancé, gris d’un côté, bleu de l’autre, moutonneux à droite, menaçant à gauche. Je réitère mon excursion matinale pour inspecter ce ciel et sa lumière. Le vent est terrible, mes cheveux fouettent mon visage. Pas étonnant que dans ces hauts pâturages, il n’y ait pas âme qui vive. L’Emile-Pat nous a bien protégé.

Ce matin, les filles demandent à faire l’école… Nous, nous aurions préféré profiter un peu plus des vacances mais nous gardons bien de les décourager. Et nous voilà installés pour une nouvelle séance de travail, tous serrés autour de la table de L’Emile-Pat. Lison aux maths, Cap au français, et Solène travaille sa motricité fine en jouant avec moi à un petit jeu d’adresse. Nous aurons même du mal à sonner la recré pour aller un peu se balader. Avec Pierre, nous avons repéré non loin de là une faille géologique parcourue d’un torrent de montagne. Mais Lison préfère faire une dernière page…

Gordale Scar

Gordale Scar est une gorge immense et sa taille réelle n’est visible qu’une fois que vous entrez à l’intérieur. La gorge a été créée au cours de la période glaciaire. À l’origine, elle était une caverne qui s’est effondrée. Nous suivons un joli petit chemin aménagé au fond de la vallée. Lison le trouve trop ennuyeux et préfère évoluer sur le flanc herbeux par endroits et pierreux à d’autres. C’est bien plus amusant. Capucine la suit… Et Solène aussi. Enfin, elle essaie. Elle n’en a pas encore les capacités alors je lui donne la main et nous marchons ensemble à côté du chemin, dans l’herbe et les cailloux. 

Gordale-Scar-08_v2000

La petite vallée se rétrécit et se transforme brutalement en deux parois rocheuses qui se font face, immenses, grises et déchiquetées. Écrasantes. Ici, les vents se heurtent et tourbillonnent, ajoutant du frisson à l’endroit. Au fond, un petit torrent surgit en cascade. La paroi de droite est parsemée de taches blanches, de la magnésie. C’est un spot d’escalade. Un grimpeur est en train d’ouvrir une voie. Les filles regardent un moment et rêvent à faire de même. Le fond de la gorge est jonché de rochets détachés. Ils seront leurs parois à elles. De rochets en rochets, Capucine et Lison atteignent fièrement la cascade. Solène, toujours prudente comme à son habitude, escalade à son rythme. Elle m’épate. Ses capacité motrices sont réellement en train de se développer.

De retour au camping car, un attroupement sur la petite route de campagne attire notre attention. Des voitures sont désormais garées des deux côtés de la chaussée et un tracteur remorquant une bétaillère chargée de vaches essaye de se frayer un chemin, sous les yeux attentifs des randonneurs. La tracteur coince juste au niveau de L’Emile-Pat… La voiture mal garée se serre, Pierre fait de même, et ça passe. Ouf. 

Comme en Ecosse et en Irlande, les routes de campagne n’ont qu’une voie de largeur et sont parsemées tous les 200 mètres d’une « passing place » pour pouvoir se croiser. Avec notre gros Émile-Pat, il faut être patient. Mais les routes sont magnifiques, longées d’incroyables murs de pierres sèches noires. C’est très esthétique. Placés en hauteur dans notre cabine de pilotage, nous apprécions vraiment le paysage.

Un peu de route, un arrêt intendance où nous trouvons un boucher et de la bonne viande, et nous arrivons à Lake District. Encore un spot avec une vue a couper le souffle ! À côté de notre petit parking, un portail permet d’accéder à la paroi de la montagne sur laquelle paissent quelques moutons Swaledale. Ils sont beaux avec leurs cornes et leur toison toute ébourifée. Ils sont de la même couleur que les rochers et nous avons parfois du mal à les voir, même s’ils ne sont pas loin ! D’autres, plus haut, escaladent la paroi rocheuses comme des chèvres ! Les filles ont un beau jardin pour jouer pendant que nous préparons le repas. La viande est succulente. Même Lison se régale. Nous mangeons en regardant les nuages passer et éclairer la vallée et les montagnes au loin

Commentaires

  1. Aline & Cie a dit :

    Comme tu écris bien Celine ! C’est un plaisir de te lire autant que de pouvoir suivre vos aventures et voyager avec vous.
    1000 baisers les copains !

    1. Céline a dit :

      Merci Aline ! C’est aussi un grand plaisir à vivre et à écrire !

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