Un cirque, un âne et deux clowns

Comme nous l’avons commencé, nous finirons la nuit dans les nuages. Nous n’aurons finalement rien vu du col de Val Louron… sauf ses vaches et ce matin ses chevaux. Collée à la fenêtre de notre salle à manger, Solène nous fera les commentaires et le spectacle « Hhoo, t’a vu ?! a ach ! Meurrrhhhh ». Étudiant le trajet, avec Pierre nous hésitons mais finalement  renoncerons à la visite du Pic du Midi, déconseillé pour les moins de 3 ans et certainement aussi pour les oreilles fragiles de notre Lison. La prochaine étape sera Gavarnie à plus de 2 heures de route de là. Apparemment le parcours à pied pour se rendre dans le cirque est facile et annoncé à 10 km de marche À/R. Pour faire plaisir aux filles, et pour s’assurer de la faisabilité de  l’aller/retour en une après-midi (car le matin sera consacré à la route), nous décidons de louer un âne.

Les filles sautent de joie. Quelle idée nous avons eu. Les premières centaines de mètres l’âne s’est montré encore plus bourrique que nos  filles… Nous voilà obligés de négocier pour que « Mademoiselle Souris » veuille bien avancer dans le bon sens ! Nous qui voulions avancer d’un bon pas, nous sommes amenés à tirer notre âne pour pouvoir grimper le chemin… Capucine finit par se lier avec l’animal qu’elle câline plus que de raison. Notre baudet ne nous empêchera cependant pas de profiter du décors grandiose du cirque de Gavarnie. Face à nous, près de 1500 mètres de sédiments déposés au fond de la mer à la fin de l’ère secondaire, il y a 100 millions d’années environ. La formation de la chaîne des Pyrénées au début de l’ère tertiaire a déplacé ces matériaux en hauteur. Puis, le travail des grands glaciers de l’ère quaternaire a érodé et sculpté cet amphithéâtre composé de gradins et de murailles. La ligne de crête marque la frontière avec l’Espagne.
Au bout du parcours, le torrent invite nos pieds à la trempette. Nous n’irons pas plus haut, il nous faut redescendre pour rendre notre bourricot.
Le soir, nous sommes attendus chez Hélène et Olivier, des amis installés à Aucun, dans la vallée d’Azun. C’est amusant de les croiser sur notre « parcours test » de la vie nomade en camping-car. C’est amusant parce que c’est un peu grâce à eux que nous en sommes là. En 2009-2010, ils ont traversé l’Afrique du Caire au Cap de Bonne Espérance en tandem. À l’annonce de leur projet, je m’étais dit qu’une telle aventure, un voyage long et lent, était vraiment à faire. C’était à ce moment-là que j’avais inscrit ce projet dans ma « to do list ». La forme qu’il prendrait était venue bien plus tard. Chez Hélène et Olivier, c’est la maison des enfants. Bien que ces derniers étaient en vacances chez leurs grands-parents, nos filles furent trop heureuses de découvrir des montagnes de nouveaux jouets qui les embarqueront, toutes les trois, dans des aventures extraordinaires toute la soirée. Les adultes, de notre côté, trop heureux de pouvoir papoter ensemble. Olivier est guide de montagne, la bonne idée ! Les cartes et les guides des Pyrénées sont rapidement étalés sur la table et nous examinons ensemble le trajet effectué et celui qui reste à inventer. Pierre note scrupuleusement tous les bons plans. La soirée se poursuit en partageant des côtes de porc noir de Bigorre et une fabuleuse tarte aux myrtilles ! Et d’une vraie douche chaude ! Nous sommes rechargés !!!

Comments

  1. Éric Clément says:

    Alors comme ça on fait dans la psychologie annesque ? J’ai bien rit !

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