Au petit lac du Grand Saint Bernard

Au petit lac du Grand Saint Bernard

30 juillet 2018. J’avais un rêve, voir le levé du soleil sur le Lac Léman. Et par chance, j’ai un mari qui m’a dit, ok ! Alors nous sommes partis de Gex dimanche soir, après un dernier repas partagé chez Sandy et après avoir bien profité de sa baignoire ! « Park4night » indiquait plusieurs emplacements possibles au bord du lac, go ! Une grosse lune a accompagné notre route en se reflétant de tout son long sur le lac. Passage de la frontière de nuit, nous arrivons discrètement en Suisse et sur un premier parking en bord de plage. Erreur, nous n’avions pas lu les commentaires des utilisateurs sur l’application et tous indiquaient que les camping-car n’y était en fait pas les bienvenus l’été. Moment de fébrilité. En fait, beaucoup d’emplacements indiqués ne sont en fait accessibles qu’hors saison. En cherchant bien, il y en a un qui semble plus accueillant, mais il faut revenir un peu en arrière. On tente.

Et on a eu raison. Bon, c’était un parking mais au bord d’un parc coquet.

 Une longue promenade longe la rive et plus loin, un immense jeu d’enfant est posté. Parfait pour nous. Il est minuit, nous partageons un petit chocolat en amoureux en regardant la lune.

Réveil à 6 heures 20. Pierre et moi sautons hors du Cc et se postons sur la digue. De l’autre côté du lac, la belle muraille de montagnes françaises est scindée en deux en face de nous. Derrière cette vallée, le Mont Blanc, grand, majestueux, blanc et un peu rose.

On déguste l’instant de tranquillité face à cette immense étendue d’eau d’un calme épais. La respiration avant… de reprendre nos jobs de parents.

Levé, lait chaud, tartinage de beurre à la chaîne, vaisselle, recherche de la chaussette perdue, vérification des dents propres. Allez, zou, aux jeux d’enfants (pendant que moi je vais m’offrir un temps aquarelle rien que pour moi ! ). Pierre, ukulélé sous le bras, semble avoir la même idée. « Maman, tu fais de la peinture ? Moi aussi je veux faire de la peinture ! J’ai envie de faire de la peinture ! Allez, s’il te plaît Maman !… Heureusement, Pierre sacrifie spontanément son moment musique et éloigne les filles de moi le temps de commencer tranquillement à m’attaquer au Mont Blanc. Et Capucine de revenir discrètement en s’asseyant à côté de moi. « Comment tu vas faire pour peindre le blanc ? », « Allez, tiens Capucine, prends une feuille je vais t’expliquer ». 

La séance peinture fut des plus agréables jusqu’à ce que le soleil se mette à cogner vraiment fort.
Après tout ce temps, je retrouve Pierre et Solène au bac à sable occupés à nous préparer tartes et donuts avec une frénésie passionnée.
Nous avons bien profité, mais notre objectif aujourd’hui est de rejoindre le col du Grand Saint Bernard qui permet de rallier le Léman au Val d’Aoste en Italie. Nous empruntons l’impressionnante route qui traverse le vignoble du Valais accroché à flanc de montagne et les pieds dans le lac et nous atteignons le Château de Chillon pour une pause déjeuner à l’ombre et dans la fraîcheur du bord de lac. L’emplacement est parfait, face au château, devant le passage des bateau à aube du Léman et surtout, surtout parce qu’il y a une petite famille de cygnes qui comble les filles.

Mais il fait très chaud et passé le repas, nous n’avons qu’une envie, c’est de monter en altitude, vite. Tellement pressés, nous prenons même l’autoroute pour la première fois du voyage ! Grâce à Sandy, nous avions acheté la vignette réglementaire la veille qui nous autorise à emprunter les autoroutes suisses. Nous passons par Martigny, sa fondation Gianada et son expo temporaire « Soulages », mais nous n’avons aucune envie de nous arrêter. Vite, de l’air ! La route est grande et facile. Nous gravissons doucement la montagne et arrivons dans les alpages. Mais passé l’entrée du tunnel, la route du col côté Suisse est vraiment minuscule. Pierre est concentré, on s’accroche, c’est impressionnant mais ça passe. Arrivés en haut, miracle, on sort les pulls ! Garés juste à la douane, on passe en Italie à pied pour goûter au bord du lac. Puis, de jolies fleurs en gros rochers, de sauterelles et têtards, de petits ruisseaux en névés nous passerons quasiment deux heures à explorer les environs. C’est dingue comme les enfants s’émerveillent d’un rien ! On passe à côté d’une famille de belges-flamands avec deux jeunes garçons carrément assis dans l’eau à ramasser des têtards. Puis, je vois mes deux grandes nouilles essayer de traverser cette grande flaque d’eau à sec en marchant sur quelques cailloux disséminés. Très vite, Capucine a les semelles dans l’eau. Et Lison carrément les chevilles. « Allez les filles, enlevez toutes vos chaussures et remontez votre pantalon, c’est plus simple pour attraper des têtards ». Après les pieds, c’est le pantalon qui se mouille, puis les fesses… Je ne râle pas, elles suivent leurs passions. Et puis j’ai un camping-car pour faire sécher tout ça !

Pendant que nous étions perchés en haut de notre col, Pierre et moi étudions la route descendante : « Où allons-nous nous garer pour la nuit ? ». A cet endroit, la montagne est vraiment escarpée, ou alors il faut se garer au milieu de l’alpage en ayant la route qui passe partout autour. « Park4night » nous informe que ceux qui l’ont osé ne l’ont pas regretté car la nuit il n’y a pas beaucoup de passage. Mais ça ne nous emballe pas et nous redescendons un peu pour trouver un très grand emplacement au bord d’une rivière. Nous serons bien là pour ce soir. Le soleil se cache mais il ne fait pas froid et nous mangeons dehors. Capucine nous prépare un spectacle pour la veillée. Elle a bricolé une marionnette de « Petite Pouce » et nous joue l’histoire. Quelle application ! Lison nous propose une prière avant de coucher les enfants. Sous le ciel étoilé, Pierre m’invite à explorer les constellations qui ici, loin des lumières des villes, s’offrent à notre regard avec tous leurs mystères.

Comments

  1. Janine Clément Raynaud says:

    Comme je vous envie de remettre un léger pull et marcher les pieds dans l’eau fraîche, tandis que la canicule nous a rejoints ici et nous accable.. Il parait qu’il y a pire ailleurs. Vos images font vraiment du bien.

    Compliments à la photographe de l’homme au chapeau et musicien : TB
    J’aime bien aussi le reflet du ciel sur la surface limpide de l’eau du petit lac du Col,
    et les deux images des fières silhouettes alpines…

    Bonne nuit sous la voute étoilée,
    Bisous, JC.

  2. Janine Clément Raynaud says:

    Je reprends quelques jours plus tard, car je n’ai pas fait de commentaire
    à la suite du beau texte sur votre parcours au long du Lac, après votre passage de la frontière depuis Gex… Pour mieux comprendre votre trajet, il me fallait une carte-papier et suis allée la chercher !…
    En tout cas compliment…TB, et je sais en quelle année Céline tu étais déjà venue contempler l’inoubliable jet d’eau de Genève… été au cours duquel tu aurais pu faire un rêve ! Chutttt : Silence

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