Entourés de Grands Lacs

Entourés de Grands Lacs

01 août 2018. On est bien dans notre petite aire enherbée, mais vraiment il fait trop chaud. Et l’objectif d’aujourd’hui tombe à pic : Mottarone, un beau mont, à 1400 mètres d’altitude, au dessus des grands lacs italiens.

Mais avant cela, il nous faut repasser au cimetière. Avec les filles, nous confectionnons un bouquet maison et Lison décide de préparer une chanson pour Ada. Elle choisit sa préférée, « C’est pas l’homme qui prend la mer ». Après un temps de recueillement, et après avoir recherché tous les Rosso du cimetière, nous prenons la route pour remonter de toute urgence en altitude.

Mottarone

Nous traversons des campagnes italiennes d’abords escarpées, ensuite encaissées au fond de vallées industrielles. Nous croisons des filatures de laine, des robinetteries et autres usines plus ou moins délabrées. Cette partie du pays est ponctuée de villages qui nous semblent en voie d’abandon. Nous pique-niquons dans un parc pas très agréable à mon goût, mais garni de jeux d’enfants alors les filles, évidemment, adorent. 

En début d’après-midi nous arrivons au Mottarone et la promesse est tenue. Air frais et vue époustouflante. Tout le monde chausse les chaussures de montagne et nous terminons l’ascension à pied. A 360°, la vue est grandiose. Les Alpes au nord et à l’ouest, le lac d’Orta au sud-ouest et le lac Majeur à l’est étendu de tout son long du nord au sud. On distingue nettement les îles Boromées et San Giulio. Lison repère une drôle d’installation et y regarde longuement de plus près. Quand elle comprend qu’il s’agit d’une piste de luge d’été elle me demande gentiment d’en faire. Moi, ça faisait un moment que je regardais ça avec envie. On étudie la question et « Ok, on y va ». Pierre garde Solène et moi, je me sacrifie pour faire une descente avec chaque fille. Moi qui suis plutôt peureuse sur ces trucs, j’apprécie car je contrôle moi-même la vitesse. Avec Lison nous démarrons doucement puis nous passons plus vite les virages resserrés au dessus du vide. Avec Capucine, je prends moins de précautions… Chouette, quelle expérience, c’était vraiment fun !

Le temps se rafraîchit vraiment. Nous sortons les k-way et regardons au loin un orage tomber. Nous sommes situés au-dessus des éclairs, c’est impressionnant. Depuis le matin, Solène nous demande s’il y aura des animaux à la montagne. Par chance, nous repérons des ânes un peu plus bas. Impatiente, elle dévale la descente d’une traite, trop heureuse d’atteindre ces animaux tant espérés. D’en haut, nous avons également repéré l’emplacement pour stationner Emile-Pat’ pour la nuit. La journée est bien avancée et le parking visé est en train de se libérer complètement. A cet endroit, la vue est encore magnifique, face au lac d’Orta et de toute la crête alpine. Avec Pierre, nous avons envie d’explorer encore les environs et proposons aux filles de prendre leur douche seule. Fières, elles acceptent avec joie. Et nous partons en oubliant de leur ouvrir le gaz qui leur aurait permis d’avoir de l’eau chaude. On s’en aperçoit sur notre chemin et on se questionne. Auront-elles crié à l’aide ? Nous attendent-elles ? Auront-elles pris leur douche quand même ?… Nous les retrouvons affairées à se savonner. « Non, non, c’est pas grave ». Chouette. Que c’est agréable d’avoir des enfants qui prennent leur douche seuls. On ne s’en rend pas compte, mais c’est un looong apprentissage ! Pendant que je prépare le repas du soir, un camping-car arrive et Lison, exitée, lui fait de grands signes de bienvenue. Pierre entame la discussion. C’est une « Famille autour du monde » ! Entre 2016 et 2017, ils ont fait l’Amérique du sud et une partie d’Amérique du nord. La reprise de la vie d’avant est un peu difficile, la route leur manquait. Là ils faisaient escale sur leur route vers la Slovénie pour y retrouver des amis voyageurs et voir des animaux sauvages. Cette fin d’après-midi, après avoir positionné le camping-car pour avoir une vue optimum, nous ramassons de nombreux déchets : mégots, lingettes, plastiques. Notre maison est ici ce soir, imaginez si vous aviez ce fatras d’immondices dans votre salon… Nous nous sentons mieux. Depuis la fenêtre d’Emile-Pat’, nous observons le temps changer, les nuages se lever et la crête des montagnes environnantes se dévoiler et rosir au coucher du soleil. Un pic est plus haut que les autres. Est-ce le Mont Blanc, encore lui ? Est-ce le Mont Cirvin ? Difficile à identifier. J’aime ces longs moments d’observation.

Comments

  1. Éric Clément says:

    Emouvant de revoir cette tombe. Ça fait si longtemps. Félicitations.

  2. Janine Clément Raynaud says:

    Déjà bien tard dans la nuit…, mais j’ai voulu voir images et récit « Carapate ».
    De suite, je veux vous dire de tout cœur Merci « pour nous », de ce pèlerinage Ada Rosso et famiglia.
    Je sais, il y a beaucoup d’autres Rosso, dans ce même lieu : dont Zia et Zio Ilario R. (Tante et Oncle)

    En effet, magnifique vue panoramique : vous avez eu bien raison de reprendre de l’altitude pour respirer à pleins poumons.

    Bonne journée demain au pays des Lacs…

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