Faire du cheval dans les Asturies

Vendredi 11  août 2023. Pierre s’est couché tard pour finir sa confiture dans la fraîcheur de la nuit. Ce matin, j’ai 3 gros pots sur la table, et une grosse casserole à racler. Le petit-déjeuner va être délicieux. Nous prenons le temps.

Musée de l’art préhistorique de Teverga

Comme prévu nous commençons la journée par la visite du musée de l’art préhistorique de Teverga, juste au fond de notre vallée. Le nord de l’Espagne rassemble de nombreux sites où des peintures rupestre préhistoriques ont été découvertes. Ce musée rassemble de nombreux fac-similés pour essayer de comprendre la naissance de l’art en Europe. 

Le site est beau, les bâtiments sont enterrés sous la prairie. Nous visitons la “Cueva de Cuevas”, la grotte des grottes. Trois paroies de trois grottes ont été reproduites à l’identique. Les chevaux de Tito Bustillo à Ribadesella, la Peña de Candamo en Cantabrie et le salon noir de la grotte de Niaux dans les Pyrénées. Ici, nous pouvons les observer dans les conditions réelles d’une grotte. Solène commence ses dessins.

Des chevaux sur les parois

Dans le second bâtiment, l’agencement muséal nous guide dans différentes thématiques. En Espagne, la plupart des peintures rupestre représentent des chevaux. En France, ce sont les Bisons qui sont les plus nombreux. Sur des panneaux lumineux, le musée nous montre l’incroyable diversité des animaux peints. Nous découvrons une hermine, un pingouin, un phoque,… Puis les techniques de peinture et de gravure.

Sur la fin du parcours, de grandes reproductions de parois de grottes peintes. Solène aime les dessins préhistoriques car comme les siens, les animaux sont parfois un peu difformes. Quant au sens donné à ces œuvres, il reste toujours mystérieux. Le musée tente bien de retranscrire les hypothèses des chercheurs, mais toutes les explications sont en espagnol et ça nous est encore un peu laborieux de comprendre l’espagnol dans toutes ses finesses.

Pique nique dans le camping car. Tapas improvisées. C’est tellement bon. Nous avions réussi à nous stationner sur la seule place à l’ombre de ce fond de vallée, l’ombre tourne et nous sommes progressivement en plein cagnard sous l’Emile-Pat. Heureusement, mon frigo magique recèle de trésors : tiens, une glace glacée !

Le jeu “voyage en Espagne” de Capucine

En la dévorant, nous jouons à une nouvelle création de Capucine, un jeu de plateau qui nous embarque faire un voyage en Espagne où il faut rapporter dans ses bagages plusieurs choses typiques, un éventail, des Tapas, une danseuse de Flamenco, un moulin de Don Quichotte, une Sagrada família,… Nous jouons en attendant l’heure tant attendue de la balade à cheval réservée laborieusement hier.

Rendez-vous pour la balade à cheval

C’est le stress pour Capucine, est-ce qu’elle a des habits adaptés, est-ce que ce haut va bien avec ce bas,… Elle guide aussi Lison pour s’habiller, quel tralala… Au lieu dit, le camping car ne peut pas descendre sur le stationnement prévu pour les clients, Pierre nous dépose sur la route et part se trouver un bas-côté à l’ombre plus loin.

J’accompagne les filles. Un groupe de jeunes gens attend. Un cowboy me dit “Pedro ?”. C’est ainsi que Pierre lui avait donné notre nom pour la réservation hier. Je souris et lui répond, “Si, estoy Pedro”. Tout le monde rigole. La balade pour Lison et Capucine est ok mais pour Solène… C’est à partir de 8 ans. Solène le sait et s’attend à ce qu’on lui dise non. Mais une monitrice de cheval qui va accompagner la balade propose de prendre Solène avec elle. Elle est ravie. La jeune dame parle très peu français, Solène ne comprend pas l’espagnol. Mais elles vont réussir à bien s’entendre. Le cowboy non plus ne parle ni français ni anglais. Lison n’a pas encore appris l’espagnol à l’école. Il n’y a que Capucine qui comprend un peu ce qu’on lui dit quand on parle doucement. 

Lison monte sur le premier cheval, juste après le cowboy. Capucine est derrière. Les autres jeunes complètent la file indienne. Le cowboy donne ses consignes de manière vive, il parle vite et cadre fermement les jeunes. Et les voilà qui partent. “Vamos chicas !”, il disparaît dans un chemin ombragé en continuant de brailler. La troupe suit. Je laisse mes enfants partir à cheval, avec des inconnus qui ne parlent ni français, ni aucune langue que mes filles parlent. Tout va bien.

Pierre fait une sieste dans le camping-car, Basile une sieste à côté du camping-car. Moi je me suis installée sur les tables près de l’écurie pour faire de l’aquarelle en guettant le retour de mes cavalières. “C’était tellement bien ! Me raconteront-elles. J’ai tenu les rênes moi même !” ajoute fièrement Solène.

Col de la Ventana

Nous rejoignons Papa rapidement, il est déjà 19h30 et le spot de ce soir est à 30 minutes de route. Nous grimpons au col de la Ventana, qui fait la frontière entre la Principauté des Asturies et la Communauté de Castille et Léon. Nous n’irons pas plus loin, il nous faudra rebrousser chemin demain mais la perspective de dormir à plus de 2000 mètres d’altitude nous enchante. Nous avons eu trop chaud aujourd’hui. De la pluie est annoncée pour demain au bord de mer, nous pourrons redescendre de nos montagnes.

La route nous fait traverser une nouvelle fois des gorges resserrées. Puis grimpe jusqu’au-dessus de l’altitude où les arbres ne poussent plus. Au col, une piste par vers le nord, assez large pour qu’une poignée de campings-car puissent s’y garer. Nos voisins sont loin. Et la vue est splendide. Spot de rêve, encore une fois. Baba sort, frétillant. Il se roule dans la poussière fine et noir de la piste. Et devient tout noir, instantanément. Pierre, lui, va se coucher en nous donnant consigne de faire le silence. Pas facile dans un si petit habitacle. Sa tête lui fait mal, il fait une overdose de chaleur.

Pendant que nous cuisinons, un énorme chien, du genre Saint-Bernard, vient s’installer devant le salon du camping-car. Ce n’est pas le chien d’un voisin, mais plutôt un chien de troupeau missionné pour protéger les vaches qui pâturent autour de nous des loups et des ours du secteur. On dirait qu’il s’est mis en tête de nous protéger nous aussi.

Oui, mais… Et Basile ? Je le vois, circonspect, assis derrière les bruyères, à regarder la scène du gros chien qui garde sa maison.  Premièrement, c’est lui qui monte la garde d’habitude. Toutes les nuits il dort dans le cockpit pour observer d’une oreille ce qu’il se passe dehors. Deuxièmement, comment va-il pouvoir faire pour rentrer chez lui sans se faire croquer ? Ce gros bêta de chien ne semble pas avoir vu le chat. Il est allongé tranquillement. Je vais chercher mon matou, pendant que Capucine m’assure en distrayant le chien. Basile semble bien content d’être en sécurité chez lui. Il regarde le Saint Bernard de haut, derrière la vitre bien fermée du camping-car. Quel sketch. Ils vont passer toute la nuit comme ça ?

L’expérience du calamar frit

Le soleil se couche lentement en rayant de rose le ciel de nos montagnes d’Asturies. Au repas, je tente un nouveau truc. Tout à fait banal pour beaucoup de gens. Complètement inédit pour nous. Des calamars frits ! Je fais chauffer un fond d’huile dans ma grosse marmite pour que les parois hautes nous protègent des éclaboussures d’huile. Et je plonge mes anneaux surgelés. Bien grillées, je les laisse bien refroidir dans un torchon. “Je vous ai fait des frites asturiennes !”. J’annonce aux filles. Surtout ne pas prononcer le mot calamar. Capucine pige de suite. Elle avait vu le paquet. Lison est enchantée par cette histoire de frites. Elle goûte avec joie et se régale ! “Mais c’est quoi ce truc dedans ?” demande-t-elle. “Ho, je sais pas ce qu’ils mettent dedans.” je réponds. “Tu aimes ? Oh oui, j’adore !” dit-elle la bouche pleine de son troisième ou quatrième calamar. Solène est circonspecte. Elle aussi a bien compris ce qu’elle était en train de manger, mais ne comprend pas pourquoi je dis que je ne le sais pas. Avec Capucine, nous nous regardons avec malice. “C’est du calamar, Lison. Mais c’est bon cuisiné comme ça, je suis contente que tu aimes. Ha bon !?” s’étonne-t-elle. “Je suis contente d’aimer le calamar, c’est trop bon ! Mais heureusement que tu ne me l’a pas dit sinon je n’aurais sûrement pas goûté !”.

Une pêche rose comme le ciel, et nous allons nous coucher. Basile ne demande pas à sortir comme à son habitude. Il restera dedans cette nuit. Le chien, lui, garde la porte.

L’art rupestre

Non loin de là, se trouve la grotte d’Altamira. En Finlande, au détour d’une balade, vous pouvez vous arrêter au pied des dessins préhistoriques d’Astuvansalmi.

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