Et descendre jusqu’à Oviedo

Samedi 12 août 2023. Col de la Ventana, Espagne. Paysage cotonneux au réveil. Nous sommes au-dessus des nuages. Et au-dessus du gros chien qui nous a gardés toute la nuit. Il a même dû faire fuire un ours, tellement il a aboyé vers 4h du matin… En déjeunant, nous parlons de nos envies pour aujourd’hui. Nous sommes partagés. Profiter du lieu ? Ou descendre visiter Oviedo ? Il fait nuageux sur la côte et les températures ont chuté. J’ai très envie d’en profiter pour redescendre de nos montagnes. Mais en même temps, le site est si beau que nous avons aussi envie de l’explorer. Commençons par l’exploration. Les filles se préparent vite pour aller caresser les chevaux. Elles partent seules. 

Redescendre vers la vallée, par les pistes, en vélo

Avec Pierre nous retournons au col pour passer un œil par dessus. De l’autre côté, la Castille et León se déroule sous notre regard. Un panneau nous propose une piste, 17 km de descente jusqu’à Bârsana, où l’on peut rattraper le sentier des ours sur une portion que nous n’avons pas encore explorée. À vélo, la proposition est trop belle. Pierre et Capucine sont partants, je me charge de descendre la maison et de les retrouver à Proaza, toujours sur le même parking près de l’ourse Molina. Ils décrochent les vélos, attrapent un sac et partent aussi vite.

Solène et Lison jouent encore dehors, j’en profite pour me laver les cheveux, je ferai la recharge du camping-car à Proaza en attendant les cyclistes. Et puis nous commençons la grande descente. 30 minutes de route de montagne, puis 15 minutes de gorges resserrées. Arrêt services. Les filles coupent les légumes de la salade de midi pendant que je vide la boîte à caca et que je remplis le réservoir d’eau en même temps. Dans cette partie de l’Espagne, les aires de services pour camping-car sont partout et toujours propres et bien équipées. Ici, un tuyau est à disposition, même pas besoin de sortir le mien.

À 13h les cyclistes nous rejoignent, vélos chargés, repas prêt. Ils nous racontent leur aventure. Une descente d’abord dans les nuages, plein brouillard, ils ont manqué de rentrer dans une vache qui se trouvait sur le chemin. Puis sous la pluie, Pierre sans essuie-glace sur ses lunettes n’y voyait pas grand chose. Passage devant le lac de Valdemurrio, et rattrapage de la piste cyclable du sentier de l’ours. Ils étaient trempés.

Oviedo

Et comme les journées sont interminables en Espagne, nous partons tranquillement pour Oviedo, à 30 minutes de là, visiter la ville et son musée des beaux-arts. Oviedo est la capitale de la principauté des Asturies, située au cœur d’une importante zone industrielle et minière. La vieille ville est composée d’une multitude de jolies placettes et de beaux édifices asturiens, décorés et colorés. Nous trouvons à nous garer assez facilement et très près du cœur de ville piétonnier. Nous plongeons immédiatement dans ses rues animées.

Les terrasses sont pleines, les gens finissent de déjeuner. Il est 16h. Nous prendrions bien un goûter avant de partir à l’assaut du musée d’art. Pas de salon de thé ici, nous trouvons un restaurant qui veut bien nous servir uniquement des desserts. Et ils sont très fins. Nous les dégustons, cette placette est toute jolie, le moment est délicieux.

L’observation de la place nous fait remarquer une promotion dans une confiserie de turón et autres douceurs locales. Nous en achetons quelques-uns pour offrir en France. Les filles en choisissent elles aussi pour leurs amis. C’est un calvaire pour Lison qui n’aime pas avoir à faire des choix. Elle passe beaucoup de temps à se souvenir des goûts de ses amies pour essayer de leur prendre une gourmandise adéquate.

Musée des beaux-arts d’Oviedo

Il est 17h30 quand nous entamons la visite du musée des beaux-arts d’Oviedo. La première salle est celle consacrée à Sorolla, peintre impressionniste espagnol. Son coup de pinceau est même appelé luministe, tellement ses œuvres sont lumineuses. Nous passons beaucoup de temps devant les enfants qui courent sur la plage. Une vraie merveille. 

Plus loin nous découvrons Campesinos de Gandia, de l’artiste Hermen Anglada-Camarasa. Une scène de fête traditionnelle avec d’incroyables costumes très décorés, très colorés. Ce sont les deux tableaux qui marqueront le plus nos souvenirs. Pendant que je passe un long moment à attendre que Solène ait fini de dessiner, Pierre et Capucine se sont perdus dans les bras du musée, aménagé dans plusieurs anciens hôtels particuliers du cœur de ville. Nous nous cherchons pendant longtemps. Puis nous cherchons ensemble la salle des Picasso, Miró et Dalí. Ce musée est un terrible labyrinthe. 

Le cidre, grande spécialité de Cantabrie

Nous tombons un peu par hasard sur l’exposition temporaire dédiée au cidre de Cantabrie, et sur un film qui explique la manière de le servir, en positionnant le verre très bas, et la bouteille très haute, pour oxygéner le breuvage dans la chute. La posture très suggestive nous surprend beaucoup. C’est pour ça que nous avons vu sur les terrasses des restaurants des espèces de pissotières utilisées par les serveurs pour ne pas éclabousser la table d’en face. Le produit a beau être une IGP reconnue, son service manque grossièrement d’élégance. 

Ce sont les gardiens du musée qui finissent par nous mettre dehors à la fermeture, il est 20h. Nous avons pu en profiter suffisamment. Nous sommes bien heureux de cet après-midi en ville. Dehors, sur la place de la Cathédrale, se termine un spectacle de danse et de chants traditionnels. Dans une boutique nous achetons tout de même du cidre. Les terrasses des restaurants n’ont pas désempli. Nous retrouvons l’Emile-Pat tout aussi proche du cœur de ville et Basile qui n’a pas bougé d’un poil. Un spot en périphérie de la ville, au calme et au vert pour Basile.

Cette journée dense n’est pas finie. Capucine nous apprend ce soir qu’arrivent ses premières menstruations. Je n’en parlerai pas plus pour respecter sa pudeur. Mon aînée grandit, et ça me bouleverse. Une vague d’émotions me traverse. Je vis cela comme une perte de l’innocence de l’enfance. Elle va devoir apprendre à gérer les protections hygiéniques, la discrétion, le stress de la tâche,… Et comme pour nous embêter un peu plus, nous avons dans nos soutes uniquement 3 serviettes hygiéniques de secours, et demain nous serons dimanche. Pierre repère les quelques magasins ouverts, ce sera notre priorité.

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