Ehalkivi, le bloc erratique

Ehalkivi, le bloc erratique

Dimanche 12 juillet 2020. Aa, Estonie. Au matin nous retournons à nos patouilles sur notre spot d’argile bleu. Séverine a vérifié, c’est bien une argile et elle est très bonne pour la peau, mais pas vraiment pour la poterie. Alors les mamans ne font pas de chichi et s’en tartinent le visage, les mains et les pieds. Solène et Margot préfèrent tartiner un rocher. Lison et Tom s’appliquent à modeler des tasses. Et Capucine y joue aussi mais du bout des doigts. Une fois sèche, nous nous rinçons dans l’eau de mer remplie de débris d’algues dont nous nous servons pour faire éponge. Nous sommes iodées et revitalisées.

Cet après-midi nous nous séparerons. Les Vertvanlife doivent refaire le plein d’eau pour terminer une lessive. Nous, nous avons envie d’aller voir un gros cailloux, le plus gros rocher erratique d’Europe. Mais Google nous a prévenu, l’accès est marécageux et compliqué. Tentons, nous aimons ce genre de petite aventure. Nous prenons la route, sortons de l’axe principal qui nous amènerait à la capitale, traversons des villages, empruntons une piste forestière et arrivons à une cul-de-sac. Un panneau indique l’accès au cailloux, nous sommes rassurés, l’endroit semble aménagé. De plus, un petit groupe de motards nous rattrape et s’engage sur le chemin, ils ont l’air de connaître. Nous, plus longs à nous préparer, nous partons après eux.

Le chemin commence par un joli passage dans les aubépines en fleurs et sur un sol sableux. Fastoche. Mais le fameux marécage arrive rapidement et nous tentons d’avancer sur son sol d’herbes écrasées dans l’eau. À chaque pas nos chaussures s’enfoncent un peu plus. Jusqu’à où ? Un moment, j’ai bien cru qu’on allait s’y enfoncer tout entier dans ce marécage. Si les motards sont passés, nous devrions bien y arriver aussi. Les filles se bidonnent d’entendre leur Maman pousser un petit cri à chaque pas. Solène ne veut pas qu’on l’aide, elle aime les passages un peu compliqués. Heureusement nous finissons par retrouver un sol sableux et même une adorable petite plage. Le gros rocher est bien là, à vingt mètres devant nous, il semble flotter sur l’eau. Les motards aussi sont là-bas. Ils ont enlevé leurs bottes, retroussé leurs pantalons et ont atteint le bloc. Ok, l’aventure continue ! Nous tombons les pantalons et continuons les jambes dans l’eau.

L’endroit est très beau, le ciel est bleu azur d’un côté, bleu pluie de l’autre. Nous en prenons plein les mirettes. Mais ce gros nuage avance incontestablement, il fonce droit sur nous. Il nous faut déguerpir avant de finir complètement mouillés. Rhabillage rapide, traversée du marécage bruyante, ouf, nous sommes au camion au moment où les gouttes arrivent.

Cap de Purekkari

Nous retrouvons nos amis sur la route qui nous amène au spot de ce soir. Encore un bout du monde, le bout du bout de l’Estonie, le point le plus au nord du pays. Un campement, comme il en existe beaucoup dans les pays Baltes, où tout est mis à disposition pour camper sans abîmer la nature : poubelles, toilettes sèches, table, barbecue et réserve de bois pour le feu. Au-delà de l’endroit où la piste fait demi-tour, une langue de terre s’avance sur plusieurs centaines de mètres. Petites vagues d’un côté, baie aux eaux calmes de l’autre. Des goélands râlent. Des sternes braillent. Des hérons restent au loin. Et une espèce non-identifié de petits échassiers vole en escadrille. L’endroit est magique.

Nous mangeons près de nos camions avant de retourner regarder le soleil qui traîne pour se coucher. Il est 22h30, il passe enfin derrière l’horizon.

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