Ljubljana la bien-aimée

Ljubljana la bien-aimée

Mardi 14 janvier 2020. J198. Jezero, Slovénie. Pierre, dans sa grande bonté, nous déplace le salon de bonne heure ce matin, nous sort de nos branchages et nous met… face à la vue ! Le petit lac de Jezero se dévoile doucement, délicatement recouvert de sa brume nocturne. Encore un paysage splendide ! Encore une belle journée qui s’annonce ! Après la routine du matin, nous prendrons la direction de Ljubljana. Nous sommes en pleine montagne mais Google ne nous annonce que douze kilomètres de routes. C’est à peine croyable. Ljubljana, la plus petite capitale d’Europe.

Pendant que nous travaillons, quelques jolis oiseaux picorent sous les bosquets. « Je le connais celui-là ! s’exclame Capucine. Je l’ai dans mon livre ! Notre documentaliste en chef plonge dans la bibliothèque qui lui sert de lit, feuillette à toute vitesse un petit livre bleu et s’arrête. « C’est celui-là, regarde ! Tête rousse, ailes grises, petit tache noire sous le cou, oui ! C’est bien lui ! Heureusement, le petit oiseau est toujours là pour s’offrir à nos yeux ébahis. « Le Grosbec casse-noyaux ! Il est beau, hein ! » 

À Ljubljana, nous trouvons un stationnement autorisé à côté du grand parc du Tivoli. Quatre jours que nous sommes en Slovénie, quatre jours que nous nous spotons facilement. Un repas rapide et nous partons explorer la ville. Nous n’avons pas de programme précis, plusieurs musées nous intéressent mais nous avons surtout envie de découvrir la ville au soleil, avant de rentrer quelques part. Nous partons joyeusement, bonnets visés sur la tête. Nous sommes très vite en centre ville, aux « trois ponts », qui relient le quartier moderne au centre historique baroque.

Là, une autruche traverse la place. Une autruche, oui oui ! Une autruche accompagnée d’un vieil homme. Ni l’un ni l’autre ne paraissent inquiets de la situation. Ils traversent la ville. Nous, nous les regardons traverser, bouche-bée. Autour de la vieille ville et sur la rive gauche de la rivière Ljubljanica, s’est construite la partie plus récente et moderne de la ville où l’on trouve les habitants, les bureaux, les gares, les musées, les commerces,… La vieille ville se situe sur la rive droite de la Ljubljanica, c’est la partie la plus animée où terrasses des cafés invitent à la feignantise, avec une chaude peau de biquette à étendre sur ses jambes. De ce côté, outre les bars et les restaurants, on y trouve les jolies boutiques, le marché quotidien, les églises et surtout, le château de Ljubljana, au-dessus. Et d’un côté comme de l’autre, tout le centre ville est piétonnier. « Ljubljana » signifie « la bien-aimée ».

Le château

Au pied de la colline, nous embarquons dans le funiculaire qui nous amène au château. L’endroit est un musée sur l’histoire de la ville et du pays, mais c’est aussi un lieu de vie fréquenté par les habitants : restaurants, terrasses, promenades… Nous, nous entamons la visite par une exposition… sur les marionnettes ! Une tradition slovène bien ancrée dans la culture populaire. Nous sommes étonnés, et ravis ! Depuis l’Italie du Nord, Lison ne nous parle que de Pinocchio. Ici, elle est ravie ! L’exposition montre des poupées anciennes, mais surtout, elle permet de jouer avec de vraies marionnettes ! Des guignols dans le premier théâtre, des ombres chinoises dans le second et des marionnettes à ficelles. Encore une belle partie de rigolade en famille. 

Le reste de la visite, sur l’histoire, sera moins ludique et plus exigeante. L’histoire de ce petit pays nous était complètement méconnue. Durant les vingts dernières années, cette petite république d’Europe centrale a connu de grands bouleversements. En 1991, elle s’est séparée du puzzle yougoslave en à peine dix petits jours de lutte émancipatrice. Elle a négocié seule son passage du communisme au système capitaliste et à adhéré à l’Union Européenne en 2004. En 2007, elle a été le premier pays parmi les nouveaux entrants à intégrer la zone euro. Et en 2008, elle a présidé l’Union européenne.

Le musée ferme, nous nous faisons gentiment mettre dehors. La nuit est bien tombée lorsque nous reprenons le funiculaire pour redescendre en ville. Traversée du pont des dragons, surnommé ici, le « pont de belle-mère » et nous retournons à l’Emile-Pat en marchant gaiement. Un arrêt dans une boulangerie, nous achetons quelques bureks, des espèces de pains feuilletés à la viande, au fromage ou aux épinards, une spécialité locale. 

Heureusement que nous avons craqué pour ces quelques bureks… car ce soir, je me suis faite avoir par une sauce tomate un peu pimentée. Mon chili con carne a enfin un vrai goût, ça c’est chouette. Mais les filles ne sont pas habituées et je suis certaine qu’elles ne vont pas aimer. Je suis dépitée… Et un peu fourbe et maline. Alors plutôt que de minimiser le piquant et de les forcer, je leur dis : « N’en mangez pas, ce n’est pas la peine, c’est bien trop épicé pour vous. Re-servez vous de bureks. » Les filles adorent le chili con carne non épicé habituellement et m’en demandaient depuis un moment. Elles veulent goûter. Elles serrent les dents « Mais non, ça va… Ha oui, ça pique quand même » et elles se forcent elles-mêmes à en manger une bonne assiette. Elles luttent contre les épices, boivent beaucoup, mangent du pain, elles sont drôles. Je suis contente, leurs goûts évoluent.

Ljubljana, une ville et plusieurs ambiances

Voir aussi l’ambiance de Ljubljana l’été, et Ljubljana l’alternative.

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