Metelkovec, la Ljubljana alternative

Metelkovec, la Ljubljana alternative

Mercredi 15 janvier 2020. J199. La jeunesse slovène et plus encore celle de Ljubljana exprime un intérêt prononcé pour la culture alternative. Notre guide nous a recommandé d’aller jeter un œil au musée d’art contemporain de la ville dans le quartier de Metelkova. Le Metelkova mesto est l’une des curiosités les plus connues de Ljubljana. Centre de culture alternative, né du squat d’une ancienne caserne désaffectée et habitée par différents groupes artistiques. Ce sera notre programme du jour. 

Mais ce matin, l’école se passe mal et nous nous fâchons. Toujours la même raison, Capucine s’énerve contre des exercices compliqués mais ne veut pas s’arrêter, faire de pause, elle se force à travailler dans des mauvaises conditions et se maintient dans une spirale négative qui se déchaîne. Nous aurions dû insister plus tôt pour tout arrêter. Mais dire « Non, contrairement à ce que tu veux, pas d’école aujourd’hui » n’est pas facile à dire. Nous avions oublié nos difficultés de début d’année scolaire et cette règle qu’on s’était donné. « Si on s’énerve, on fait une pause ». Résultat, on quitte l’Emile-Pat tard et chamboulés. Difficile de partir joyeusement visiter la ville. Nous nous réfugions d’abord aux jeux d’enfants du parc du Tivoli pour que les petites jouent pendant que nous respirons et faisons redescendre la pression. Nous faisons la paix avec un long câlin et beaucoup de dialogue.

Metelkova

Le squat

Une nouvelle traversée de la ville pour rejoindre le quartier de la gare puis celui de Metelkova. En 1993, un groupe de près de 200 volontaires occupa la partie nord d’une caserne de l’armée slave pour empêcher sa démolition. Les bâtiments de ces anciennes écuries datent du régime austro-hongrois. Ils ont été construits à la fin du 19ème siècle. Suite à leur occupation par la jeunesse de Ljubljana, ils ont été transformés et décorés par de nombreux artistes slovènes contemporains, connus et moins connus, et continue à se transformer aujourd’hui au grès du vent de créativité libre qui y règne. 

Après un long et austère boulevard où les gens courent pour attraper leur bus ou train, juste après les ministères du gouvernement, nous tournons à droite. Tout est soudainement calme. Et tout est soudainement coloré. Les murs sont peints du sol au toit. Des sculptures étranges parsèment les espaces. De la récup’, partout de la récup. Comme ces morceaux de vélos, pour faire un portail. A vrai dire, nous nous sentons comme un cheveu sur la soupe. L’endroit est  aménagé pour accueillir soirées,  buvettes, festivals de musique, expositions artistiques,… Mais nous, nous débarquons avec trois mioches à 11h du matin… Les quelques personnes qui traînent là nous regardent interrogatifs et amusés. L’endroit ne se visite pas comme un site touristique, c’est un squat il est habité. Et à cette heure-ci, il s’éveille à peine. Quelques photos, et nous filons. 

La soupe

Trois pas plus loin, nous sommes devant le ministère de la culture et en face, le musée d’art contemporain à l’architecture ultra-trapèzoïdale. Ouf, un musée, nous nous sentons plus à l’aise. Mais avant toute visite, nous avons besoin de recharger l’énergie de nos petites monstres. À l’accueil du musée, on nous dit très gentiment que l’on peut s’installer sur les petites tables du couloir pour avaler notre pique-nique. Manger au chaud, génial. Nous nous installons et mettons de petits sandwich dans les petites mains. Mais à côté, une petite salle du musée propose des livres, un café ou une soupe. Une soupe chaude ! Pas la peine d’en commander pour les filles, aujourd’hui c’est « soupe nigérienne ». L’expérience du chili con carne de la veille leur a suffi. « Tou saoup, pliise ! » Voulez-vous que je vous mette une grande table pour vous cinq. Vos enfants veulent ils une petite soupe ? » nous répond le très gentil serveur. » Non, que deux soupes pour nous et surtout, laissez-nous tranquilles tous les deux sur la petite table tout seuls, sans enfant. Des enfants à la même table que des soupes, quelle idée !… Avec la chamailleries du matin, un moment sans les enfants, à déguster une soupe chaude et épicée, ne nous fait pas de mal. En parents fourbes et sans gêne, nous irons même prendre notre café tout seuls dans la salle d’à côté. Là, nous ne les entendons carrément plus du tout. Le calme. Avec Pierre, nous ne nous parlons même pas. Nous dégustons le calme.

Le musée d'art contemporain

Toutes les énergies sont rechargées, nous pouvons visiter ce musée. L’entrée est de 10€ pour toute la famille, incroyable. À l’intérieur, des œuvres contemporaines, des vraies, c’est-à-dire souvent difficiles à comprendre. Voir totalement incompréhensibles. Comme dans cette salle, où des tableaux noirs, parfaitement noirs, sont accrochés. De l’outre-Soulages. Sans reflets, sans structure, sans relief. Noirs. Deux œuvres accrochent tout de même notre attention, comme ces toiles colorées qui ne représentent rien, mais en fait si, elles représentent de minuscules œuvres en pâte à modeler. Les filles s’installent et dessinent avec beaucoup de liberté. De toute façon, nous sommes seuls dans ce musée.

De ce musée, nous ressortons réparés. Nous avons bien ri ensemble. Nous cherchons maintenant un petit goûter. Un smoothie bizarre dans un café « super-food » pour continuer notre journée culture alternative.

Nous quitterons notre parking ce soir, un peu trop bruyant à notre goût. Un passage à la boulangerie de notre quartier pour attraper deux derniers bureks et nous partons. Direction : une entreprise qui remplit les bouteilles de gaz. C’est interdit en France et dans beaucoup de pays, mais c’est possible ici. Nous le savions, c’est pour ça que nous avons utilisé notre bouteille française depuis notre passage de la frontière. Ce matin, elle était presque vide. Pierre la pèse tous les matins, nous utilisons 1,5 kilogramme de gaz par jour en ce moment. Chauffer toute la nuit, c’est ce qui en utilise le plus. Nous allons à l’adresse indiquée, un salarié nous rempli notre bouteille tout de suite et c’est fait, nous pouvons partir.

Nous avons repéré un stationnement de départ de randonnée plus loin dans la montagne. Nous y arrivons de nuit et recommençons notre cirque pour savoir où garer l’Emile-Pat pour avoir de la vue, sans gêner, et si possible en étant à peu près plat. Il fait un peu moins froid ce soir, disons deux degrés. Il y a un lac à côté, mais nous ne le voyons pas. Mais nous sommes sûrs que demain, la vue sera encore magnifique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *