Minuit en Lituanie

Minuit en Lituanie

Lundi 29 juin 2020. Réveil chaud au bord du Lagon de Siemianówka, en Pologne. 5h30 du matin je sors me promener, le soleil est déjà haut et le pull est de trop. Les bords du lagon sont pleins d’oiseaux bavards cachés dans les roseaux. Nous démarrons doucement, l’école se fait déjà dans le camion des voisins. On travaille tellement mieux chez les autres. Et puis nous discutons des heures autour du programme car dans ce coin de Pologne, nous n’avons rien trouvé de particulier à visiter. Alors nous choisirons une plage. 

La région de la Podlasie, est truffée de lacs et de plages sauvages. Deux heures de route et nous sommes récompensés. Un parking de terre sous les pins, une petite prairie et une étroite plage devant l’immense lac d’Augustow. Nous ne sommes pas les seuls, plusieurs familles sont déjà là pour nager et barboter. Un repas entre les deux camions mais les enfants trépignent, pas le temps de prendre le café, il faut les accompagner à la plage.
Nous passerons toute l’après-midi à barboter, un vrai air de vacances d’été. Et puis l’orage est tombé, d’un seul coup d’un seul, à peine le temps de rentrer les affaires et de déplier le auvent. Nous mangerons finalement à l’intérieur, enfants d’un côté, parents de l’autre, et au dessert, yaourt aux myrtilles juste cueillies avant la pluie. Déjà les myrtilles sont là.

Mardi 30 juin 2020. Grosse journée en prévision. Courses, plein d’eau, une heure de route, changement d’heure, passage de frontière et spot de rêve. Et puis c’est tout. Trop dure la vie en Carapate.
A la frontière, personne pour contrôler. Les campagnes polonaise et lituaniennes se ressemblent, très légèrement vallonnées, très vertes, des cultures, des prairies, des bois, quelques vaches. Nous arrivons à 14h sur les rives du lac Dasia, en Lituanie. Nous saluons nos jeunes voisins allemands qui campent ici aussi. Garés sous les arbres, à trois mètres des flots. Difficile de faire plus proche. Le lac est immense, son fond est plat, sablonneux et l’eau y est remarquablement chaude. Il ne nous reste plus qu’à manger et se baigner. Vraiment trop dure cette vie.

Avec Benjamin, Capucine s’initie à la chasse aux trésors, la vraie, avec un détecteur de métaux. Depuis son achat en Grèce, Benjamin a eu le temps de trouver quelques pépites, une pièce peut-être romaine, un très vieux bijou,… En vrai, on trouve surtout tout un tas de déchets, il faut être patient et persévérant. C’est une bonne école pour Capucine. Ici, Benjamin et Capucine trouvent d’anciennes pièces lituaniennes de 2008. Ce n’est pas très vieux mais c’était juste avant l’euro. Ils trouveront aussi une pièce soviétique.

Et puis les Papas allument un feu sur la plage, y mettent des patates à cuire en attendant d’avoir de belles braises pour la viande. Nous invitons nos voisins à partager une bière. À 19h, ils ont déjà dîné, ils sont allemands. Ils viennent de passer leur « graduation » et entament tout juste un roadtrip d’un mois dans les pays Baltes, avant de travailler cet été dans un restaurant. Ils ont tout juste entre 17 et 19 ans, quelle autonomie ! Et quelle maturité ! Nous passons une excellente soirée à partager nos expériences. Tout en anglais évidemment. Capucine est connectée, elle capte l’essentiel de la conversation et y participe en racontant des blagues et les moments drôles de notre voyage avec ses quelques mots de vocabulaire et beaucoup de mimes. Pendant tout ce temps, Lison et Tom jouent les pieds dans l’eau à tirer une bûche le long de la côte. Une fois dans un sens, une fois dans l’autre, et jusqu’à la nuit tombée, inlassablement. À quoi jouent-ils ? Dans quelle aventure se sont-ils embarqués ? Merveille de l’enfance.

Et puis il y a Baba aussi qui nous fait bien rire. Elle a peur de l’eau et malgré nos encouragements, malgré ce bâton lancé près du rivage, elle se trempe un peu les pattes mais pas trop. Jusqu’à ce qu’une famille de cygnes passe. Une magnifique petite famille avec trois cygnons aux plumes toutes grises et duveteuses passe sous la lumière du soleil couchant. L’image aurait pu être incroyablement romantique mais non. Baba se jette sur eux, aboie à pleins poumons, mais surtout ne met pas une patte dans l’eau. Les cygnes, pas vraiment effrayés, poursuivent doucement leur traversée en trompettant toutes plumes levées.

À 21h50, le soleil passe derrière l’horizon. À minuit, la luminosité est incroyable. Nous aurons passé la fin de la soirée à chanter ensemble, Anton étant bon guitariste, et ses compères de remarquables chanteurs. Park4night nous avait prévenu, ici les couchers de soleil sont magiques. Ils le sont. Avec leurs lacs, leurs bivouacs faciles, leur lumière de minuit, ces Pays Baltes vont nous plaire.

Commentaires

  1. Hélène a dit :

    Quelles belles photos ! Après ce confinement qui nous a permis de vivre un peu plus au rythme des enfants (et de nous-même), vous lire continue à me faire dire que c’est vraiment ça la logique de la vie ! Bravo ! Bises

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