Premiers virages basques

Nous sommes donc au Pays Basque. Nous y sommes rentrés discrètement par l’arrière pays, par les forêts et les montagnes. Ici, tous les noms deviennent imprononçables. Direction la passerelle d’Holzarté. Nous avons repéré un petit bout de balade de 2 km et nous sommes sûrs que les filles adoreront. Au sud-est de Larrau, le canyon d’Holzarté se love dans les contreforts du mont Otxogorrigagna. La passerelle est un spectaculaire pont suspendu 150 mètres au dessus du torrent d’Olhadubi. Elle à été construite au début du XXème siècle pour l’exploitation forestière.

Au départ, un panneau annonce 45 minutes de marche. Pour 2 km, c’est bizarre, ça doit monter un peu. Le chemin commence dans un sous-bois frais, le long d’une rivière. Puis, l’ascension commence, la montagne dégouline de gouttelettes et rend le parcours glissant. Après l’ombrée, la soulade, comme on dit dans les Pyrénées. Le bois se termine, le soleil tape, le chemin monte toujours aussi raide. Les filles qui râlaient au début, n’ont plus la force de se plaindre. Elles avancent au bonbon. Nous avions embarqué 3 litres d’eau, nous boirons presque tout. Cette petite balade se transforme en un petit enfer.
Heureusement nous ne sommes pas seuls, les randonneurs qui se croisent s’encouragent. Après le bois tout là-bas, une centaine de mètres et on y est. Le jeu en valait la chandelle. La passerelle est fine et belle, élancée entre deux falaises boisées. Au fond du gouffre, notre rivière. Jeté au dessus du vide, l’ouvrage se balance en douceur au gré du vent ou du pas des marcheurs. Se sentant comme Indiana Jones, Pierre et ses ouistitis se régalent de passer dessus. Moi beaucoup moins.
 
Revenant de cette chaude excursion de 4km, nous sommes vraiment fatigués. Nous avançons pour gravir le col de Bargargui en traversant la forêt d’Iraty, la plus vaste hêtraie d’Europe. La végétation a changé. Lorsque nous sortons des forêts, les prairies d’altitude sont parsemées d’épineux à fleurs jaunes, mélangées aux bruyères mauves et aux roches de grès roses offrent une palette de couleurs qui me ravit. Après le col de Burdincurutcheta, le paysage est somptueux. Nous nous situons sur les derniers contreforts des Pyrénées et notre regard se porte loin, presque à 380 degrés autour de nous. Évidemment, nous nous y installons pour la nuit, à proximité d’une chapelle belge, et toujours sur le parcours de troupeaux. Sauf qu’ici, les brebis ont la tête noire.
Toute la soirée, les filles jouerons toutes les trois. Un soleil rougeoyant salue notre fin de journée. Avec Pierre, nous allons faire un tour des environs et de loin, nous regardons nos enfants s’exprimer seules, devant le soleil descendant.

Comments

  1. Éric Clément says:

    Des noms imprononçables ! Oui, tu as raison. Bravo pour l’application à les retranscrire 😉

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