A propos de notre trajet

Comment faire le tour d’un territoire qui n’est pas rond, et qui renferme en son centre autant de trésors qu’en péripétie ?

Où aller ? Prendre une carte. Ou plutôt une Google map. Et naviguer. L’été au nord et l’hiver au sud. « Bruxelles évidement ! Le centre névralgique de l’Union européenne ferra un excellent point de départ ! Amsterdam, oh oui ! Légoland ! Mon rêve d’enfant ! Malmö pour arriver en Suède et ensuite ? À droite ? Au nord ? Tiens, on n’a qu’à faire par là, puis hop, on prends un ferries et on arrive en Ecosse. C’est quoi ce Grand lac parfaitement rectiligne ? Le loch ness ! Ça alors. » Puis, de sites de rêves en émerveillements, c’est ainsi que s’est créé notre premier trajet. À bisto de naz nous traçions 20 000 km à travers notre continent. « Mais tu rêves, on ne va tout de même pas allez jusqu’aux pays Baltes, c’est trop loin ! Et la Finlande, là tu délires. » « Si nous n’y allons pas maintenant, nous n’irons jamais. » Me rétorque pensif mon amoureux. Après calculs et moyennes, ajouter le crochet Pays Baltes-Finlande s’avère en fait possible. 25 000 km en 14 mois, ça fait 60 km par jours. « Autant que pour aller au boulo » se rassure-t-il satisfait de se projeter dans ces coins sauvages qui nous attirent particulièrement.
Ce trajet là, aussi jouissif as-t-il été à tracer, nous as finalement ensevelis de questions. D’abord sommes-nous certains de ne rien louper d’extraordinaire ? Connaissons-nous assez l’Europe pour y tracer notre chemin ? Quelles découvertes faire avec des enfants ? Les nôtres aiment les musées, mais il ne faudra tout de même pas exagérer. Les capitales nous attirent et nous aimons le bouillonnement culturel des grandes villes. Mais ce que nous aimons par dessus tout, et ce que nous recherchons avec le mode de transport que nous avons choisi, ce sont les espaces naturels, les bivouacs sauvages et les paysages à couper le souffle. Faire des visites, oui mais faire du tourisme non. Nous commençons à sentir que partir un an sur les routes, ce n’est peut-être pas tout à fait la même chose. Comment allier vie nomade, découvertes, intérêts des enfants et exigences scolaires aussi ?
 <->

« Décider de partir, c’est déjà voyager »

Première étape, étudier les pays. Les guides verts de Mamie se révèlent vite imbuvables. À la médiathèque, les guides plus imagés sont plus avenants, mais tout aussi laborieux à lire. Rayon enfant, le merveilleux livre « Cartes » sera étudié maintes fois dans tous ses détails. Une fois tous les livres des étagères « Voyages » parcourus en diagonale, je découvre, plus bas, une étagère « Road-trip » avec quelques perles : « Un tour du monde en famille en camping-car ». Dévoré en moins d’une semaine. Là je trouve vraiment matière à me projeter, à comprendre cette vie nomade, voir comment les enfants imposent leur rythme et s’adaptent, comment l’école est tenue dans un camping car, comment les trajets se programment, se déprogramment et se reprogramment. Un autre récit raconte 6 mois de voyage à pied de deux amoureux à travers l’Afrique et l’Asie, illustré de délectables aquarelles. Un dernier, trouvé a la librairie de ma ville, m’embarque pour un second tour du monde en famille et en sac à dos. Ce voyage se révélera autant extérieur qu’intérieur, décrivant avec poigne les bouleversements de l’auteur. Lorsque tous les livres de ma médiathèque furent passés, pas de temps pour le désarroi. Ma copine-livre, bibliothécaire dans la ville d’à côté, vient à ma rescousse avec une nouvelle cargaison de récits de voyage qui finiront de me combler. « La pédagogie du voyage », « un tour d’Islande en tandem et carriole avec bébé » et « 6 années autour du monde en famille et en voilier ». Allons-y !
Au fil des lecture, plus ou moins centrées sur l’Europe, petit à petit, ma Google map d’origine se charge en points d’intérêts. « Ha Non, vous ne pouvez pas passer à côté de la Sicile et ne pas gravir l’Etna ! » Les discussions entre amis et la lecture de quelques blog finiront par transformer notre map en un espèce de foutoir d’étoiles jaunes. Dieu quel bazar ! Je voulais connaître les pays pour ne rien louper, me voilà maintenant face à un chantier bien plus compliqué : Faire du tri et renoncer.
Voilà où nous en sommes aujourd’hui. À deux ans du départ, nous avons le temps de le peaufiner ce tracé. Dites-nous ce que vous en pensez, vos incontournables, vos coins secrets,…

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *