Dessiner Stonehenge

Dessiner Stonehenge

Dimanche 15 septembre 2019. J76. Nous avons réservé le premier créneau horaire pour tenter d’éviter la foule. L’école, nous la ferons après la visite. Nous sommes garés à proximité du stop de la navette qui amène les touristes sur le site depuis le centre d’accueil des visiteurs situé à 30 minutes de marche de là. Nous, nous pensions qu’avec nos billets électroniques, pas besoin de passer par l’usine à touristes. Erreur. A 9h30, à l’ouverture du site, on ne nous laisse pas entrer… On nous met dans le premier bus qui nous amène à la billetterie. Nous faisons la queue, obtenons nos pass, et  reprenons le bus qui maintenant est bondé… Nous voilà à 10h aux abord du géant, noyés dans une foule opaque qui nous gâche franchement la visite. Dur d’en faire abstraction. 

Comment ne pas se laisser gâcher la visite ? Solène n’aime pas du tout. Et quand elle n’aime pas, elle s’endort sur le dos de son Papa. Là, un dessinateur s’est installé. Au charcoal, un bout de charbon de bois typiquement anglais, l’ancêtre du crayon, il fait le croquis de l’agencement des pierres devant lui. Nous le regardons un moment travailler, il est littéralement absorbé par son dessin et ne cesse pas quand les badauds s’approchent, commentent, prennent des photos, puis zappent à autre chose… Il a raison en fait, il est en train de regarder Stonehenge, lui. De regarder vraiment. La disposition des pierres les unes par rapport aux autres, leur esthétique, le jeu des ombres. Ni une ni deux, je propose aux filles une séance d’aquarelle. Nous cherchons ensemble l’endroit qui nous plaît le plus en tournant autour du cromlech. Ici. Là où nous avons le soleil à gauche qui marque les ombres avec vigueur. Assis par terre, nous sortons notre bazar. Une fille à droite, une fille à gauche. Dessiner des cailloux, ce n’est pas très compliqué. Après le croquis, la couleur. En aquarelle, pas de noir, donc pas de gris. « Comment on fait maman déjà pour faire du gris ? Terre de sienne brûlée et bleu outre-mer, Capucine. » Nos godets sont presque vides, mais nous obtenons notre gris. Une couche sur nos mégalithes. Elle sèche instantanément au soleil. Une seconde couche par dessus à l’endroit des ombres. Une troisième pour renforcer certaines.  Capucine, comme d’habitude, fait vite. Et Lison s’applique et prend son temps. Sur un sujet comme ça, obtenir un beau résultat est facile.

Ce qui est plus difficile en revanche, c’est de faire abstraction du troupeau qui passe derrière nous. Qui commente « Sooooo cuuute. Beautifully ! Looovely… » Qui prend des photos à tour de bras. J’ai parfois un objectif qui vient comme s’immiscer entre ma feuille et moi. « Can I take a picture ? » demandent parfois certains en nous interrompant. Non, franchement je trouve ces comportements irrespectueux. Pierre, debout derrière nous, nous protège de ceux qui manquent de nous marcher dessus.

Nos dessins terminés, nous sommes claqués. Il est bientôt midi et nous n’avons pas le courage de poursuivre la visite de l’exposition située au « visitor center ». Comme L’Emile-Pat n’est pas loin, et que nos pass nous le permettent, nous nous retirons pour manger au calme. Changement de programme. Nous ferons l’école après manger et retournerons au centre pour y trouver une gourmandise pour le goûter, en espérant qu’il y ait un peu moins de monde.

La pause fut appréciable. Pendant que les filles travaillent, les parents lézardent au soleil. Un soleil chaud. Ça fait longtemps qu’on l’attendait. Ce doit être le premier de notre été dans les îles britanniques. Capucine travaille très bien. Lison s’applique tellement sur son écriture que les exercices deviennent incroyablement longs. Mais elle s’accroche et les termine. Au goûter ! Nous prenons nos clics et nos clacs, et reprenons le bus.

Les vidéos du jour

L’exposition sur Stonehenge est courte et très bien faite. Une glace « de la ferme » dégustée au soleil, la première de l’été, et nous nous y attelons. Capucine souhaite faire une vidéo pour le site de la Carapate. Elle a préparé son contenu hier en lisant un guide touristique et complète son travail avec ce que nous apprend l’exposition. Elle découpe ses plans, choisi les lieux de tournage, répète et elle est prête. Il nous faut faire deux vidéos. Une ici, et une près des mégalithes. Nous tournons sa première vidéo une première fois. L’appareil a buggé. Sans hésiter, elle veut recommencer. Nous tournons une deuxième fois. Heureusement, ça sera la bonne. Vite, maintenant il faut rapidement retourner aux mégalithes car il est déjà 17h passées. Au bus, on nous refuse d’embarquer. « La dernière visite vient de partir ». Je demande si l’on peut tout de même prendre un bus qui se rend sur le site cher les visiteurs, car notre véhicule est là-bas. L’hôte accepte. Premier ouf. Mais à l’entrée du site, on nous refuse l’entrée car on est déjà venu ce matin. L’hôtesse se souvient bien de nous, nous avions bien sympathisés. Alors j’explique que l’on est allé prendre des renseignements à l’exposition et que nous revenons car nous avons une vidéo à faire pour « la classe » de Capucine (je simplifie pour que ça soit plus facile à expliquer). L’hôtesse trouve ça tellement mignon qu’elle souhaite nous accorder l’entrée mais pour se couvrir, elle en réfère à son patron. Entrée accordée ! Nous avons 30 minutes top chrono. Mais Capucine à tout préparé. Le tournage est vite fait-bien fait.

Capucine est à chaque fois très fière de son travail. Tous les jours, elle lit les messages qu’elle reçoit sur Facebook et Instagram et y répond elle-même. Ça la motive réellement.

Ce soir, nous pourrons voir le coucher de soleil faire rosir les pierres de Stonehenge. Nous sommes entre les deux.

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