Explorer le désert de Tabernas

Explorer le désert de Tabernas

Dimanche 17 novembre 2019. J140. Espagne, Andalousie. Depuis que nous avons expliqué aux filles que nous ferions étape dans un désert, elles attendent ce moment avec impatience. Explorer un désert les fait rêver. Nous avons  pris garde de les prévenir qu’il ne s’agissait pas d’un désert de sable et qu’il ne ferait pas chaud. Elles le savent, elles l’ont « lu dans un livre », en l’occurrence dans le guide de l’Espagne pour les enfants.

Désert dans le placard

Mais avant de s’y aventurer, il nous faut vraiment refaire tous les pleins : intendance et services. Seulement, nous sommes dimanche en Andalousie… Une rapide recherche Google et nous ne trouvons qu’une seule supérette ouverte ce matin. Saint Google, nous serions morts de faim sans toi ! Parce qu’il fallait la trouver celle là, cachée dans le petit centre urbain d’un village de la banlieue de Grenade. Non, certainement pas morts de faim mais il faut reconnaître que ces outils nous allègent grandement la tâche et nous permettent de dépenser notre énergie à des fins bien plus intéressantes que rechercher un approvisionnement. Nous sommes très bien accueilli dans cette supérette, les fruits sont beaux, le pain chaud et le fromage local. Contrainte 1 levée, vite fait, bien fait. Contrainte 2 : Nouvelle recherche Park4night, il y a une aire de service gratuite sur notre route, GPS activé, go. Quelle facilité ! Je me souviens des voyages en voiture quand j’étais enfant, avec cartes, guide vert, guide rouge et les énervements quand on se trompait de route… Ça avait un tout autre charme. A midi nous avons fini les corvées. 

Tabernas

A 13h nous sommes en plein désert. Nous avons passé le col de Mora à l’ouest de Grenade, nous avons longé la Sierra Nevada, bien bien nevada. Nous avons déjà traversé le désert par l’autopista. Nous avons pris le chemin que Google nous a dit de prendre sur les conseils de Park4night, descendu dans le lit d’une grosse rivière asséchée, passé sous un pont, oui oui…, traversé un petit ruisseau s’écoulant… « Ce chemin est-il vraiment sécurisé ? » Les utilisateurs de Park4night disaient qu’il fallait éviter les pluies pour venir ici. Nous comprenons. Et quel temps fera-t-il cette nuit ? Il pleuvra. Ok. Il nous faut un plan B. Nous en trouverons un sans problème, l’endroit regorge de spots suberbes. Mais avant de déménager, profitons quand même de l’endroit car il est grandiose ! 

Face à nous, une strate de rochers surplombant une montagne de sable s’est écroulée. Les gros rochers gisent sur le flanc de l’immense dune. C’est assez impressionnant. Immédiatement, les filles s’installent une cabane dehors. Elles découvrent une terre asséchée et craquelée, qui s’effrite en de grandes plaques que l’on peut graver tels des  hommes préhistoriques. Avec Pierre, nous faisons un premier tour des lieux. Je suis fascinée par une plante, une espèce de buisson aride et trapu qui en ce moment est recouvert de petites fleurs d’une beauté sans pareil. Sensiblement rose, tout en nuances, presque nacrées. J’en cueille trois brins, mes fleurs du désert.

Après un rapide repas, nous envisageons de partir explorer ce désert plus loin et tous ensemble. Solène nous dit de ne pas prendre le sac à bébé (le porte-bébé), elle marchera. Quand le terrain est accidenté, mes enfants marchent toujours mieux. Nous ne suivons pas de chemin, nous nous laissons porter au gré de nos petites découvertes. « J’ai trouvé du s’quartz ! » s’exclame Solène. Oui, ça y ressemble. Nous nous émerveillons surtout des formations rocheuses, souvent  sableuses, érodées, sculptées, colorées et très diversifiées. Nous nous amusons à effriter du schiste. Nous observons le phénomène d’érosion, les formes qu’il donne à cette environnement et le rôle des racines qui retiennent la terre comme elles peuvent. Quelques rayons de soleil. Une longue promenade à travers collines et petits canyons.

Sécuriser la nuitée en cas de pluie

Nous changeons de spot à la tombée du jour, nous avons trouvé une grande esplanade proche d’une route mais face à un paysage qui apparaît déjà magnifique dans l’obscurité de ce début de nuit. Nous le découvrirons demain. Avant de manger, Capucine termine quelques exercices et partage quelques notes de musique avec son Papa, pendant que Lison s’adonne à une nouvelle découverte : le dessin de motifs arabes. A Grenade, nous avons acheté une méthode qui décrit pas à pas comment obtenir ces décorations aux formes géométriques qui tapissent les différents palais arabes. Et Lison découvre avec passion l’utilisation du compas. Pas à pas, avec l’obstination qui lui est caractéristique, elle a construit son premier hexagone, puis sa première figure. Ce soir, nous l’installons avec sa tablette lumineuse pour qu’elle décalque et démultiplie sa forme sur un papier à dessin. La dernière étape sera de peindre, mais elle le fera demain.

Pendant le repas et après, une ambiance particulière joyeuse s’est installée. Solène nous a demandé pourquoi y avait-il des os dans la petite crotte toute sèche que nous avons trouvé cet après-midi. Leçon de choses. Elle est ébahie. Plus tard, elle s’amuse comme une folle à cacher le doudou de sa soeur et nous fait rire aux éclats.

Lundi 18 novembre 2019. J141. Comme promis, la vue sur le désert est superbe. Le soleil monte progressivement de la montagne et éclaire notre horizon. Ce matin nous prenons le temps de faire l’école en même temps qu’un brin de ménage au soleil. Tout le monde travaille très bien et dans le calme, c’est très agréable. Pierre est parti à une station essence à proximité pour prendre un café, brancher l’ordinateur et libérer l’appareil photo de Capucine pour nous permettre de prendre tout de même quelques photos. Ensuite, il poursuivra ses investigations pour tenter d’élucider cette histoire de batterie auxilliaire qui ne charge pas lorsque le moteur est en marche (nous fonctionnons au panneau solaire uniquement pour l’instant).

Nous partirons tard poursuivre notre exploration du désert. Dans un excès de folie, Capucine décide que « c’est trop nul, il fait trop froid, on a déjà vu hier, alors voilà ! ». Dix pas plus loin, après avoir bien maudit notre projet de balade, elle abandonne brusquement ses râles pour se passionner pour de belles empreintes que des animaux ont laissé dans une flaque de boue sèche. Les enfants quoi.

Nous suivons une vallée, contournons une petite montagne, escaladons sans suivre de sentiers. Partout autour de nous le paysage est aride, rocheux, sablonneux. Le désert quoi.

Commentaires

  1. Jean-Marie V a dit :

    Bonjour,
    Merci encore pour ce récit et vos photos, qui nous montrent la joie et le bonheur de vos filles épanouies, qui je n’en doute pas, fait aussi le bonheur de leurs parents.
    J’ai moi aussi fait étape dans ce désert, j’en garde un bon souvenir et je n’ai pas jugé opportun d’aller au spectacle des cows-boys et des indiens, nous, nous sommes contentés d’observer de très loin quelques minutes.
    Vous avez encore de très belles découvertes et de bonnes expériences devant-vous, profitez-en pleinement.
    Au plaisir de vous lire encore, prochainement,
    JMV

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