Un tour d’Europe des instruments de musique

Jeudi 14 août 2025. Bruxelles, Belgique. Mon programme de ces deux jours à Bruxelles : faire un tour des maisons Art déco, et faire le tour des peintures murales de BD. Deux must-do que nous n’avions pas fait en 2019. Mon équipage est d’accord, mais avec aussi le musée des instruments de musique. Je n’avais pas prévu cela, car je ne trouve pas ça particulièrement typique de la Belgique. Mais impossible de refuser à des enfants la visite d’un musée qui les enthousiasme tous. Après la lutherie sauvage découverte hier, revenons donc à la facture classique des instruments. 

Aujourd’hui il fera encore très chaud, demain sera plus doux, donc nous commençons par le musée des instruments de musique pour profiter de sa climatisation. Le petit-déjeuner est pris dehors, sous notre arbre, ce qui est rarissime chez nous. Une équipe partira en vélo, l’autre en bus. Rendez-vous sur la colline des arts !

Le mont des Arts

Bus et vélos arrivent en même temps. Pendant que les uns s’attachent, je m’installe en terrasse pour prendre un café mais surtout aussi charger mon téléphone. Les filles prennent un jus et Lison carrément une gaufre. Elle part seule la chercher au camion-gaufre du musée Magritte, toujours là depuis 2019. Nous regardons les photos du blog, le camion a été renouvelé.

MIM, musée des instruments de musique de Bruxelles

Le musée des instruments de musique est installée dans un ancien grand magasin, le Old England, à l’architecture art déco. Des audio-guides nous sont distribués. La première salle dans laquelle nous entrons est surprenante, celle de la musique automatique : boîtes à musiques, orgues de barbarie et autres drôles d’engins. Il me faut du temps pour comprendre le sens de la visite, où trouver des explications et comment utiliser cet audio-guide qui n’est pas un guide. Les texte sont rares et courts, mais essentiels pour comprendre l’évolution. Beaucoup d’instruments sont présentés et seulement quelques-uns sont écoutables grâce à l’audio-guide. OK, commençons la visite.

Instruments d’Europe

Le kiff commence dans la deuxième salle qui présente des instruments anciens, traditionnels et pastoraux, venant de toute l’Europe. Classés par type, on peut comparer les similitudes dans les instruments de diverses communautés paysannes, de l’est à l’ouest, et du nord au sud de l’Europe.

Retour en Transylvanie

Dans nos oreilles, les extraits sonores mettent dans l’ambiance. Je trouve ça génial de refaire mon tour d’Europe ainsi, en musique. Je crois reconnaître les flutines de Feri en Roumanie. Et ce gros violoncelle à une corde, que l’on utilise pour faire le rythme, en pinçant la corde et en frappant la caisse, c’est celle de Lenka, un Dobă, ou gardon hongrois ! L’émotion de la rencontre remonte. Dans mes oreilles, je le reconnais ce rythme. J’en ai les larmes aux yeux. Ici il est exposé dans un musée, comme témoin d’un passé révolu. Dans les mains de Lenka, 11 ans, il était vivant, vibrant. Quelle chance nous avions eu de faire cette rencontre ! 

Alors je passe les vitrine une à une, je lis tous les petits textes, écoute absolument tous les extraits sonores. Avec Pierre, on s’extasie devant les anciens luths, les vielles guitares de toutes sortes, Tar, Bugaria, Guitarra,… Je découvre l’épinette, cette caisse agrémentée de cordes pincées originaire de scandinavie, joué par les femmes, et qui s’est diffusé dans les Alpes.

Il y a une belle collection de sifflets en terre cuite, comme celui que nous avions acheté à un artisan de Matera en Italie. Elles ont souvent la forme d’oiseaux, probablement à cause de leur usage dans des rituels de printemps. Beaucoup d’instruments ont une origine directement liée à la pratique du pastoralisme : le cor et la trompe qui servaient à communiquer d’une vallée à l’autre, la flûte qui avait le pouvoir de calmer les troupeaux, les cornemuses, instruments favoris des bergers répandues dans toute l’Europe…

La flûte de pan est un des instruments les plus anciens d’Europe, inventée en Grèce d’où la référence au Dieu Pan, amoureux de Gaia. Le hautbois est à l’origine un instrument de fête et de plein air. Les plus archaïques étaient fabriqués en écorce enroulée. Il y évidemment plusieurs vitrines sur les accordéons, piano des pauvres. Les premiers violons étaient joués par des ménétriers pour animer les kermesses et les noces.

Je navigue seule, de vitrine en vitrine. De temps en temps une fille vient voir où j’en suis. « J’ai terminé cette salle, je peux passer à la suivante ? », puis plus tard. « T’es encore là !? Je vais à la dernière salle ». Elles finissent le parcours à leur rythme, je les vois danser parfois comme Mister Bean, elles se marrent en silence. Elle rient de moi aussi, qui me dandine par ici, ou m’extasie par là, devant des cliquettes. Elles sont obligée de m’attendre alors elles trouvent des trucs à faire. Solène regarde les vidéos de fabrication d’instruments, elle a aussi trouvé des musiques de Stromaé dans son audio-guide, alors elle danse et chante en même temps. Capucine a trouvé un canapé et le wifi du musée. Après avoir vidé la batterie de son téléphone, elle parcourt toutes les vidéos de son audio-guide. Voyant leur patience, je passe vite devant les vitres des instruments du monde et je passe à la salle 3. Hourra ! 

La salle 3 se concentre sur les instruments d’orchestre. Une autre magnifique salle. Je ne peux pas m’empêcher de tout lire, de tout écouter. À 14h30, Capucine revient me voir. Elle a convaincu son père d’aller pique-niquer dehors. Elle cherche ses sœurs. Je passe à la quatrième et dernière salle, consacrée aux claviers. Magnifiques objets. J’essaie d’accélérer le pas mais que c’est intéressant ! 

A chacun sa visite, debrief

15h, je suis dehors ! Je retrouve Pierre en train de distribuer des quartiers de pomme en parlant avec l’accent belge. Les filles se bidonnent. Nous échangerons sur leur visite de ce musée que tout le monde a aimé, chacun à sa manière.

Pierre a une plus grande culture musicale que moi. Il a aimé découvrir l’histoire de la viole de gambe, qui n’est pas l’ancêtre du violon mais un instrument traditionnel pratiqué par l’aristocratie alors que le violon était le nouvel instrument à la mode. Il est resté scotché devant le saxophone à 7 pavillons d’Adolphe Sax.

Solène a adoré la flûte traversière en cristal.

Capucine a kiffé le mini harmonica, de la taille d’un taille-crayon. Les expérimentations de violons de toutes formes. Et le morceau de Piazzolla au bandonéon, c’est décidé, un jour elle jouera du bandonéon !

Lison retient le hautbois primitif en écorce de bouleau de Finlande. Elle m’explique que le basson est vraiment un instrument qui l’intéresse. C’est un grand hautbois qui fait un son plus grave, elle a déjà fait plusieurs ateliers de basson au Conservatoire de Rodez. Un jour, elle jouera du basson ! 

Centre-ville de Bruxelles

Une gaufre, tant attendue pour ceux qui n’en avaient pas déjà prise une ce matin. Allons faire quelques tours en ville. Les grands classiques : Grand place, Manneken Pis, Janneken Pis et même le chien qui pisse, un peu plus loin. Sur la grand place, j’improvise un petit quizz avec ce que je me souviens de la description de la place : c’est quoi ces beaux bâtiments tous dorés ? Des Guildes. C’est quoi les Guildes ? Face à l’hôtel de ville, je les fais jouer au jeu des 7 différences entre la façade de droite et celle de gauche, toujours aussi asymétrique et bizarre.

Une glace pour se redonner des forces pour rentrer à la maison. La boule est chère mais elle est énorme et délicieuse. Celle de Pierre, ananas gingembre, lui coule sur les doigts. Il déteste ça. Nous sommes installés sur une agréable place, une terrasse toute colorée, à côté d’un bassin agrémenté de canards de bain géants. Retour à pied, puis vélo pour les uns ou bus-métro pour l’autre équipe. Nous sommes chez nous à 21h, épuisés mais heureux de cet inattendu tour d’Europe des instruments.

Pendant que Capucine cuisine un plat de pâtes réconfortant, Solène va frapper à la porte du camping-car voisin, un jeune couple qui vit et travaille de manière nomade. Lui photographe, elle illustratrice. Solène voulait voir ses dessins et je lui avais simplement dit « Vas-y, demande lui ». Elle était partie seule, sans hésitation. J’aime cet âge où l’enfant n’a pas de crainte d’aller vers l’autre. Solène est restée un moment seule chez eux, puis Lison l’a rejointe. En rentrant, elle nous explique toute la technique de la linogravure que Justine utilise parfois.

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