Fabuleuse côte Atlantique

Fabuleuse côte Atlantique

Mardi 5 novembre 2019. J128. 19°C au Portugal, 7°C à Rodez. Pierre se plaît à regarder la température tous les matins. Quelle chance nous avons d’être ici ! Et le paysage ce matin est aussi magique que celui d’hier soir. Vite, faisons l’école et sortons jouer ! Pierre attrape sa canne à pêche et disparaît de toute la matinée. Capucine se met vite à la tâche, finit vite, mais reprend son projet de la veille : faire des formes géométriques en 3D. Sa passion du moment. Lison s’applique et c’est long… Et Solène, comme à son habitude, remonte dans son lit après son petit-déjeuner. Impossible de les faire sortir de leur boîte. Ces filles sont des sardines.

Une fois l’école finie, moi, je sors, m’installe sur la plage, pinceaux dans les mains. Que ce paysage est beau. Les embruns des grosses vagues de l’Atlantique habillent complètement le relief de la côte. C’est chouette à reproduire à l’aquarelle, on mouille la mer, puis le ciel à côté en faisant juste un peu se toucher les deux surfaces mouillées, et le bleu de la mer s’échappe tout seul vers le ciel en un dégradé délicat. J’adore l’aquarelle. Comme d’habitude, mes petits canards m’ont suivi. Elles ont mis leur manteau… L’habitude irlandaise. Trois minutes plus tard, elles courent dans les vagues en culotte. Enfants heureux.

Cap Cap St Vincent

Aujourd’hui aussi nous avons deux heures de route à faire. Alors nous levons l’ancre vers 11h. Solène n’est pas sortie de son lit de la matinée. Elle regarde ses livres en se racontant des histoires, joue avec ses animaux, ses doudou, son bébé. Elle est parfaitement heureuse comme ça. Quelle princesse !
La route est belle. Et surprenante. Nous descendons vers le sud en traversant le parc naturel de l’Alentejo. Paysages de montagne et forêts de pins. Je ne pensais pas qu’il y avait des montagnes tout au sud du Portugal. Arrêt déjeuner dans un bistrot. Nous atteignons notre objectif : le Cap Saint Vincent, un promontoire rocheux qui pointe dans l’Atlantique, notre bout du monde, à partir de là, nous changeons de direction. Cap à l’est, l’Espagne puis l’Italie,… jusqu’en Grèce. L’aventure continue !

Mis à part le symbole, le cap est un endroit touristique. Les paysages sont beaux mais encombrés. Trois photos, quinze « Waaaouuuhhhh » en regardant les vagues escalader la falaise avec une amplitude incroyable, et nous nous carapatons vers le spot de ce soir, une toute dernière nuit sur la façade Atlantique du Portugal. 

Plage de Teilheiro

Une route rurale, une piste et nous voilà enfin seuls, sur le petit parking de la plage de Teilheiro. Le spot est fabuleux. Quelle chance de pouvoir poser notre maison ici pour ce soir ! Vite, profitons de la grosse heure qu’il nous reste avant que le soleil ne se couche, et descendons à la plage ! Moi, je suis hyper impatiente de descendre. Les filles me disent « On va rester dedans, il y a trop de vent dehors, gnangnangnan… « … Non, mais là, c’est trop ! « Dehors, tout le monde, vous n’avez pas le choix ! » Les grandes s’exécutent sans broncher. Solène grogne, elle ne veut pas sortir. Pierre, qui est souvent plus patient que moi, la prend avec lui et moi je descend tout droit, toujours suivie de mes petits canards. Quelle plage sublime ! Immédiatement, Capucine installe « La cabane de Ninou ». Immédiatement, je quitte mes vêtements et avance toute seule face à l’océan. Bonheur.

5 minutes de solitude face aux éléments. Les vagues ont une amplitude énorme et quand elles m’arrivent aux pieds, le niveau monte très vite jusqu’aux cuisses. Je n’irai pas plus loin. Je ne connais pas cet environnement de grosses vagues, je suis facilement épeurée. 5 minutes seule, à la sixième minute, Capucine a déjà quitté tous ses vêtements et m’a rejoint. Puis Pierre. Puis Lison. Nous tenons nos crevettes qu’elles ne se fassent pas emporter. Elles, elles gigotent dans tous les sens tellement elles sont heureuses.

Solène ? Non, pas elle. Elle a peur des vagues et veut rentrer au camping car. Cette princesse. Elle nous attend de pieds ferme dans la cabane de Ninou. Je vais la chercher « J’ai peur Maman, si les vagues te prennent, tu vas me manquer… » me dit-elle en blotissant son nez dans mon cou. Je veux la rassurer, lui expliquer que l’on ne s’avance pas trop et qu’il n’y a pas de risque. Elle accepte de quitter le collant de sa robe et de nous rejoindre les pieds dans l’eau. Malheureusement, une grosse vague vient à passer. Juste le temps de la prendre dans mes bras pour lui épargner un bain froid. Elle est terrorisée par ces vagues incessantes. Ne pas insister. Je la repose loin des vagues et elle retourne en courant dans sa cabane.

Le soleil descend, le petit vent se fait plus frais, Lison a la chair de poule. Il est temps de rentrer. Solène en danse de joie. Nous passons encore du temps à décoller le sable de nos dix pieds, tellement de temps que le soleil se couche maintenant vraiment. Il est 17h… Cent mille photos plus tard, nous arrivons à remonter.

Désormais, c’est décidé, nous ne ferons plus l’école le matin mais de 5 à 7 pour profiter de chaque rayon de ce beau soleil d’automne. Et nous commençons tout suite ! Deuxième séance d’école de la journée. Capucine à la dictée. Lison termine une fiche-découverte géniale sur la gélifraction, le phénomène naturel qui fait que des rochers se détachent de la falaise à cause du gel. Pour lui expliquer ce phénomène, je lui ai fait suivre un semblant de méthode scientifique : Que se passe-il si l’on me une bouteille pleine d’eau au congélateur ? Lison constate que la bouteille en plastique a gonflé, donc que l’eau gelée a plus de volume que l’eau liquide. Que se passe-il alors si l’on met de l’eau dans un récipient qui ne gonfle pas, un pot de confiture en verre en l’occurrence. Ce soir, Lison constate éberluée que l’eau gelée à cassé le verre.

Pendant que les unes ont travaillé, Papa a bricolé et moi j’ai cuisiné. Cette organisation semble bien. Nous mangeons tôt, il faut décaler notre rythme de vie vers le soleil. Demain, nous avons les plus belles plages d’Europe à explorer.

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