Kröller-Müller, le jardin des sculptures

Kröller-Müller, le jardin des sculptures

Samedi 6 juillet 2019. J6. Quand j’ai découvert que « L’homme qui marche » de Giacometti n’était pas loin de notre itinéraire et de surcroît dans l’écrin d’un magnifique musée au cœur d’un incroyable parc naturel, la destination du musée Kröller-Müller fut immédiatement marquée d’un « cœur rose » dans ma Google maps, marque donnée aux sites qui portent à mes yeux le plus d’intérêt pour notre famille. Car récemment, nous avions découvert l’œuvre de l’artiste à travers l’exposition Giacometti à Albi et le magazine Dada qui lui est consacré. Lison, en particulier, avait fait une fiche-découverte sur « L’homme qui marche ». Il nous fallait absolument aller le voir ! Mais chut, Pierre et moi avions gardé le secret. 

Accès par le parc de Hoge Veluwe

Ce samedi matin, nous quittons donc notre camping pour se stationner à l’entrée du parc naturel et rejoindre le musée à vélo, comme tout le monde ici. Pierre décroche les vélos, nous embarquons, nous démarrons et nous nous arrêtons. Lison a un problème de frein. Nous passons du temps à trouver une réparation mais nous y arrivons. Et nous pouvons nous engager sur la piste de vélo qui traverse le parc, d’abord à travers de belles forêts, puis une lande sèche où des dunes de sable affleurent. Incroyable. Le parc de Hoge Veluwe comprend 5 500 hectares de bois, de bruyères, de plaines herbeuses et de sable remodelé par les vents. 

Comme il est bientôt midi, nous nous installons au sommet d’une dune pour pique-niquer, le cadre est assez irréel. Nous aurions vraiment apprécié le moment si nous n’avions pas eu à nous bagarrer contre les goûts de princesses de nos enfants. Ce midi nous mangeons quelques restes de viande un tout petit peu épicées et ça ne leur convient pas. L’une est trop fatiguée pour manger, l’autre n’aime pas la viande, la troisième manque de se faire vomir… Quelle galère ces filles ! Nous insistons car « on ne peut pas être des aventurières le ventre vide » et donnons la becquée… 

Le Musée Kröller-Müller

Arriver au musée alors qu’il y a peu c’était juste un projet, une idée, une partie de notre rêve de Carapate, j’avoue que c’est une certaine émotion. 

Entre 1907 et 1922, Hélène Kröller-Müller a acheté avec son mari, Anton Kröller, près de 11.500 œuvres. Le musée en expose une partie, de manière tournante : Vincent Van Gogh, Claude Monet, Georges Seurat, Pablo Picasso, Piet Mondrian,… Autour du musée, le jardin de sculptures, l’un des plus grands d’Europe, rassemble quelques 160 sculptures d’artistes disséminées. Celle qui nous attire immédiatement est une espèce de champignon-canard se reflétant sur un petit étang. Nous nous s’installons avec joie dans l’herbe verte, sortons les carnets de dessins et essayons de croquer la bête. Mais ! Elle bouge ! En fait, elle flotte et se déplace au gré des courants d’air. C’est compliqué de dessiner une sculpture si celle-ci tourne et se déplace de manière imprévisible ! Alors, nous attendons qu’elle veuille bien terminer sa révolution pour retrouver la forme que nous avions commencé à dessiner, elle revient, puis repart… Alors nous attendons qu’elle revienne… 

Tout au long de ce jardin, nous nous baladons de surprise en surprise. Il est immense et nous n’en faisons pas le tour. Dans le musée, nous nous délectons de l’aile de l’exposition Van Gogh, et de tout un panel d’œuvres classiques, impressionnistes, pointillistes, cubistes,… Nous retrouvons certaines croisées dans nos Dada, comme « le jeu de carte » de Fernand Léger. Nous admirons « Mata Hari », d’Isaac Israël, que Capucine reconnaît car elle intervenait dans le dessin animé « Dilili à Paris ». 

Plus loin, les Van Gogh sont magnifiques, vibrants, pleins de couleurs, ils dégagent une harmonie incroyable. Et puis, au détour d’une salle dans la galerie des sculptures, « l’homme qui marche » est là. Les filles sont en train de grogner car elles en ont assez, mais nous, nous voulons les amener jusqu’à lui sans le leur dire. Lison, en se plaignant, l’aperçoit et le reconnaît de suite, elle saute de joie et me demande si c’est bien lui, « l’homme qui marche » ? Je lui dit que oui, qu’on est venu jusqu’ici pour le voir. Elle m’enlace. Et va vite chercher ses sœurs. Toutes les trois s’attellent à l’imiter dans sa marche déterminée. 

Il pleut à grosses gouttes lorsque nous nous apprêtons à reprendre nos vélos pour le retour,  mais pas assez pour atteindre notre enthousiasme. Nous équipons notre troupe de kway multicolores et nous sommes parés. Ce soir, nous aimerions trouver un spot moins cher qu’un camping mais après plusieurs tentatives échouées, nous finissons dans l’aire pour camping-car d’un camping. A peine moins cher et garé en rang d’oignons comme une dizaine d’autres camping-car. On adore… Non, vraiment pas. C’est frustrant ce pays parce que partout il y a de magnifiques forêts ou espaces naturels où l’on pourrait se stationner sans gêner personne. Mais on n’ose pas. En tout cas pour l’instant.

Commentaires

  1. Mamicodine a dit :

    Coucou le club des cinq. Bravo pour la visite du parc très sympa par la découverte des sculptures en pleine nature. J’ai adoré le passage du champignon /canard ( et le repassage…) . Celle de Giacommetti : « l’homme qui marche », je l’ai personnellement découverte à Saint-Paul de Vence à la fondation MAEGHT près de la maison de tes grands-parents. Avoir vos vélos à disposition, c’est super pour ces grandes balades des grands et des petits. Gros câlin à Solene qui n’est pas gâtée et bisous à tous. J’espère que Pierre et les deux grandes ont déjà eu la varicelle. ! Par contre Céline, tu dois bien te rappeler que tu l’as eu et qu’en passant tu en avais fait « cadeau » à ton père…

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