Lisbonne la belle

Lisbonne la belle

Vendredi 1er novembre 2019. J124. 4 mois de voyage. Bonne résolution numéro 1 : Pierre n’attend plus que les filles veuillent bien finir de petit déjeuner pour faire la vaisselle, il prend l’ordinateur et file bloguer dans un café. Une pâtisserie en l’occurrence, qui sert de bons petits pasteis de nata, tant qu’à faire. Moi, le démarrage en douceur me convient. Je supervise l’école et la préparation des filles. À 10h, tout est fait. Grammaire, vocabulaire, géométrie et histoire aujourd’hui. Mine de rien, elles en abattent du travail. C’est qu’à côté de nous, il y a un jeu d’enfants, ça aide. Elle y courent en attendant que Papa nous y retrouve.

Un pasteis tout chaud pour Maman, la journée à Lisbonne peut commencer ! La bonne nouvelle du jour c’est qu’on est le 1er novembre, et que notre stationnement est gratuit et illimité jusqu’à lundi matin, hourra ! Nous nous apprêtions à bouger le gros Émile-Pat si ça n’avait pas été le cas. Ce stationnement est vraiment parfait. Entre deux parc, pas loin du tram, à côté de la Pasteleria de Belém et devant le palais présidentiel avec ses gardes sur le toit. Parking surveillé, je crois qu’on ne peut pas faire mieux.

La ville basse

Nous attrapons le premier bus et nous voilà en centre ville, Cais do Sodré. Notre guide du Routard nous a donné l’adresse d’un atelier d’azulejos. Nous en prenons la direction à pied, rien de mieux pour humer l’air de la ville qui se réveille doucement. Il y a peu de monde en ville ce matin, les rues sont calmes. La lumière est blanche et forte. Ce quartier est composé de grandes avenues, droites, plates et revêtues de petits pavés blancs. Ce n’est pas comme ça que je m’imaginais Lisbonne. Nous sommes dans la ville basse, la Baixa, un quartier qui a été ravagé en 1755 par un fort tremblement de terre, suivi d’un raz-de-marée et d’un incendie. Sa reconstruction à donné lieu à un nouveau quartier au plan parfaitement géométrique.

Mais sans plus attendre, nous arrivons dans un endroit plus typique, ça monte, ça tourne, c’est étroit et garni de plantes, arbres, fleurs. 

Et puis ça monte

Voilà la Lisbonne mythique. Le petit atelier d’azulejos est bien là, coincé au rez-de-chaussée entre deux immeubles. Fermé. C’est évident, nous sommes le 1er novembre… Nous collons nos nez entre les barreaux de la vitrine. Au fond, nous distinguons de grandes fenêtres et quelques pots de pinceaux. Nous aurions bien aimé en voir plus. Déception.

Le tram 28, entre montagnes russes et train fantôme

Prochaine direction : le mythique tram 28, celui qui serpente dans les ruelles qui montent et qui descendent. Nous continuons notre traversée du quartier du château de Saõ Jorge par d’adorables petites rues. Des fleurs, des décorations, du Street Art, des petits restaurants tout tranquilles à cette heure. Quelle ville agréable ! Oups, il y a une file immense devant l’arrêt de tram. Tant pis, on a trop envie de le prendre, patientons. D’ailleurs une pâtisserie est à côté, nous avons qu’à manger un sandwich pour faire passer le temps. Une heure plus tard, nous embarquons tout joyeux. Le tram démarre dans un bruit d’enfer, ses bois grincent, son klaxon nous fait sursauter, il vire brusquement de direction à la première intersection. Premier arrêt, 50 mètres après notre départ, un homme monte, il n’a pas fait la queue… Que nous sommes bêtes de ne pas y avoir pensé !… Notre engin avance doucement dans les ruelles encombrées, il passe devant le belvédère de Santa Luzia, redescend de l’autre côté puis remonte jusqu’à la Basilica da Estrella. Nous avons complètement changé de quartier. Nos flâneries peuvent continuer.
Le tram 28 est un amusant moyen de se promener dans Lisbonne. C’est un train sans fantôme, mais avec piétons, voitures, angles de rue frôlant de très près l’engin, c’est tout comme.

Le funiculaire de Bica

Avec le tram, nous sommes passés devant le fameux funiculaire jaune de Lisbonne, alors nous rebroussons chemin pour le voir de plus près. Aïe, il n’est plus jaune mais tout tagué et affreux ! Non, il n’y en a qu’un tagué et affreux, l’autre est bien jaune. Il n’y a plus qu’à l’attendre. Il est long… Je sors une feuille pour dessiner le tagué sans ses tags. Pierre rejoint un minuscule bar brésilien bondé pour se prendre une bière. 1€50 le demi-litre, il n’en revient pas. Un homme ouvre une grille et descend sous la chaussée, dans le mécanisme du tram. Des touristes prennent des photos et des photos. Ha, revoilà notre beau jaune ! Le temps de prendre trois clichés et il pleut à grosses gouttes. Nous rejoignons Pierre au bar pour s’abriter et nous nous faisons une place autour de la table de deux brésiliens qui nous accueillent. 

Les filles sortent leurs crayons pour patienter. La serveuse vient apporter son repas à l’un des deux. Le moment est cocasse. 3 enfants dans un minuscule bar à bière portugo-brésilien dessinant à la table d’inconnus en train de déjeuner à cinq heures de l’après-midi. Mais tout ce petit monde s’arrange bien de la situation. D’ailleurs, goûtons quelques spécialités de croquettes de viande pour accompagner le tout !

Un détour par le Miradouro Santa Caterina. Où l’on ne mira plus rien du tout à cause du mauvais temps qui s’est installé. Nous poursuivons. Tiens, une jolie vieille librairie. Entrons. « Avez-vous des livres en français ? Dans la deuxième salle » Wouhooouuuu ! Deux meubles entiers de livres en français, on n’en avait jamais vu autant ! On passera de longues minutes à tout regarder pour finalement ne rien prendre. Ce qu’on aime le plus, c’est fouiner ! Une rue plus loin, une librairie plus moderne exhibe son rayon littérature jeunesse. Irrésistible. Encore de longues minutes de fouilles. Pas grand chose en français, mais nous trouvons un cahier de jeux sur le thème de Lisbonne, très chouette !

Mercado da Ribeira

Après tout ce temps passé en boutiques, la nuit est tombée. Il est l’heure de rentrer au camion mais sans se priver tout de même d’un petit arrêt graillou au Mercado da Ribeira, une immense hall où l’on achète une assiette aux stand de cuisiniers réputés et où l’on s’installe au centre sur de grandes tables conviviales pour manger. Trop de choix ! Les filles s’arrêteront à la croqueteria, un stand de croquettes cuisinées. Street-food délicieuse. Elles s’installent comme au bar, devant l’étal, à regarder les serveurs travailler en mangeant leurs croquettes avec les doigts, parce qu’avec les doigts, c’est toujours meilleur.

Le retour en bus sera folklorique. Pierre s’est trompé de tickets. Le tram nous met dehors, pas sympa. On essaie le suivant, voir s’il est plus cool. Non, il nous débarque. Nous avons des tickets de train. La gare est là. Nous embarquons en espérant ne pas louper l’arrêt sinon on risque de se retrouver carrément à la plage. Cette fois-ci ça fonctionne. Nous voilà à l’Émile-Pat pour neuf heures, même pas fatigués, Solène ne fait que courir. Deux oranges pour maintenir un semblant d’équilibre alimentaire, une toilette de chat, et tout le monde s’effondre pendant que Maman veille pour écrire le récit d’une journée géniale.

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