La carte postale du lac de Bled

La carte postale du lac de Bled

Vendredi 20 août 2021. Radovljica, Slovénie. Maouww. Maaaouuuwwww. 6h30. Basile demande à sortir. C’est son heure. Comme tous les matins il miaule pour nous réveiller et si on ne lève pas, il fait mine de faire ses griffes sur les banquettes. C’est très efficace pour que nous le laissions filer dehors. Depuis sa petite fenêtre, Capucine l’observe. Il revient vers les cuisines du restaurant, renifle tout, saute dans un pot de fleurs et disparaît plus loin. Soudain, Capucine le voit revenir comme une bombe, tous poils hérissés. Il a dû rencontrer le restaurateur. Ou se trouver nez à nez avec un chien. À l’observer, on se rend compte qu’il explore les environs en suivant des cercles progressivement plus grands. Il revient régulièrement au bercail pour repartir un peu plus loin.

Nous quittons notre spot tôt. À Bled le parking est encore bien vide, nous avons le choix de l’emplacement. Il y a une large zone de broussailles et d’arbres d’un côté, parfait pour occuper Basile aujourd’hui. Au programme, le tour du lac à pied, environ 7 km. Capucine démissionne, elle en a marre de marcher tous les jours. Elle choisit l’option « rester avec son Papa ». C’est dommage qu’elle passe à côté de ce lac sans le voir, mais nous respectons son besoin de repos. Je prends mes deux petites, nos petits sacs à dos, notre petit pique-nique et nous partons pour un longue journée au bord de l’eau.

Le lac de Bled est une carte postale de la Slovénie. Sa couleur émeraude. Sa petite île sur laquelle trône une église et son clocher élancé. Son château perché en haut d’une falaise. Les Alpes Juliennes en fond. Ça c’est le côté recto. Au verso, Bled est surtout une station balnéaire très fréquentée et flanquée d’une ribambelle d’hôtels plus ou moins chics. À pieds, nous quittons vite la zone urbanisée. Une promenade fait le tour du lac. L’eau est claire. Les vacanciers ne sont pas encore levés. Le calme d’un lac au matin. 

Le tour du lac

Arrivées à la pointe ouest du lac, je bifurque discrètement sur un chemin qui monte dans les montagnes environnantes. Les filles sont tellement occupées à papoter qu’elles ne remarquent pas que nous avons quitté la rive. Au milieu de cette ascension qui devient de plus en plus raide, elles m’interrogent. « Mais où on va, tu avais dit qu’on faisait le tour du lac ? – Nous montons à un point de vue. – Ho non, j’ai pas envie de monter ! – Regarde, on est déjà arrivées. » La montée se termine par l’escalade d’un piton rocheux. Exactement ce qu’elles aiment. Et nous voilà précisément à l’endroit de la carte postale. 

Le point de vue

Nous ne sommes évidemment pas les seules. Chacun se succède sur ce cailloux pour prendre sa photo. Germanophones, italophones, francophones. Il y a vraiment beaucoup de français et de belges qui visitent la Slovénie. Et énormément d’allemands ou d’autrichiens. Les filles insistent pour que nous pique-niquions ici. Nous prenons le temps d’observer le bal des cartes postales. 

La baignade

La seconde partie du lac se fera au pas de course. Redescendues de notre cailloux, nous trouvons une très belle plage où les filles se jettent à l’eau en culotte. Ne sachant pas, nous n’avons pas apporté nos affaires de plage et Lison est très handicapée sans ses bouchons d’oreilles. De plus, le lac est maintenant recouvert de toutes sortes d’embarcations dont des paddle. Rentrons vite au camping-car prendre nos maillots et notre paddle ! 

Capucine et Pierre vont bien. Aujourd’hui c’est le forfait internet qui est arrivé à son terme mais Pierre a trouvé un WiFi sur lequel se brancher. Les deux nous rejoindront plus tard. Tant mieux ! Nous repartons toutes les trois à notre lac, sac du paddle sur le dos. C’est qu’il est lourd le bougre et nous avons bien un petit kilomètre de marche jusqu’à la rive. Après il faut le gonfler. Un gonflage « pression » assez rude. Nous laissons nos affaires sur la rive et embarquons. Enfin. Faire du paddle sur le lac de Bled, ça c’est le pied ! 

Et c’est parti pour un second tour du lac. Lison rame fort, elle y tient de retourner sur sa plage. Nous partageons la rame. Je suis d’abord prudente, je n’aime pas m’éloigner trop du bord et nous sommes trois sur ce paddle, c’est un peu beaucoup. Solène veut me rassurer « Mais Maman, tu sais nager, Lison sait nager, elle a ses bouchons d’oreilles et moi j’ai le gilet de sauvetage. Y’a pas de problème ! » Elle n’a pas tort. Je suis trop prudente ou trop peureuse. Il n’y a pas d’engin à moteur sur ce lac, pas de courant. Allons voir cette île de plus près ! Nous passons à côté des 99 marches du parvis de l’église Notre-Dame-de-l’Ascension. Trois kilomètres plus loin, nous sommes à la plage du bout du lac ! Sincèrement, je ne pensais pas que nous y arriverions. Elle est tenace la Lison. 

Nous resterons finalement pas très longtemps sur notre jolie plage, Papa a fini le travail et nous demande où nous rejoindre. RDV est donné à mi-chemin. C’est reparti pour un tour de l’île dans l’autre sens. Ce qui est amusant aussi, c’est qu’il y a des paddles partout. Nous nous saluons au milieu de l’eau, échangeons trois mots. Un autre tombe à l’eau, rire complice. Lison s’amuse à provoquer une dame qui se met à ramer de plus belle pour la rattraper. À la course, c’est toujours Lison qui gagne. Sourire de paix. Plus loin, un mini catamaran se renverse. Spectacle. Arrivées à cette seconde plage, nous laissons le paddle à Pierre et Capucine… et nous n’avons plus qu’à rentrer à pied. Elle est belle l’ambiance de ce lac, il y a beaucoup de monde mais on s’y sent bien. 

La journée carte postale prend fin et les galère de road-trip nous rattrapent. D’abord, c’est Basile qui ne répond plus à nos appels au moment de partir. Nous passons 30 minutes angoissantes à le chercher partout sur ce parking et dans les buissons d’à côté. Puis nous le voyons à l’entrée, en train de faire son beau sur une rambarde de bois. Un couple le photographie. Puis le caresse, le prend dans ses bras… Il n’a peur de rien. Ensuite, c’est un embouteillage monstre qui contradira nos plans. Nous voulions rejoindre l’Autriche toute proche pour spoter tranquillement dans la nature. Nous finirons au parking du Lidl. D’abord pour dîner en attendant que le bouchon se résorbe. Ensuite pour y dormir puisque que les véhicules sont toujours au pas sur l’autoroute qui passe juste en face de nous. Au moins, ils ne feront pas de bruit cette nuit. Nous pensions d’abord à un accident. Mais le lendemain matin le trafic est toujours intense. Ce sont plutôt les retours de vacances qui ont dû provoquer ces quelques dix kilomètres de bouchons. Essentiellement des allemands, c’est incroyable comme ils sont nombreux sur les routes de ce coin de Slovénie. Demain nous passerons par un col plus loin dans la vallée. En attendant, même sur un affreux parking de Lidl, nous ne sommes pas sûrs d’avoir le droit de passer la nuit. Espérons que les rangers ne passeront pas demain matin…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *