Sur le toit de marbre rose de la Cathédrale de Milan

Sur le toit de marbre rose de la Cathédrale de Milan

Jeudi 25 août 2022. Gaggiano, Italie. Solène est souriante. Elle a bien dormi. C’est bon signe. Voyons si elle arrive à boire et manger un peu ce matin. Au menu pour elle, une banane écrasée avec du smecta. Elle la mange, tout doucement, toute entière. Elle se sent vraiment mieux, elle rigole et a retrouvé son teint rose. Allons à Milan, alors, voir cette cathédrale aux 3000 statues. J’explique aux filles que c’est une cathédrale qui ressemble à un hérisson. Tout le monde a bien envie d’aller voir ça. Et je précise à Solène qu’elle est tout en marbre rose. Depuis qu’elle a visité le palais de Bucarest, elle sait très bien reconnaître cette pierre quelle que soit sa couleur et elle en remarque souvent. Mais rose, alors là, il faut aller voir ça ! Pierre et moi avions prévu d’aller à Milan déjà en 2018, mais nous avions renoncé face à la chaleur. Nous sommes très heureux d’avoir l’occasion d’y aller. 

Sur le parvis du Duomo

Pour ménager notre Solène juste guérie, nous irons en ville en transports en commun. Nous stationnons Basile et l’Emile-Pat dans un parking de ville à l’ombre d’un grand arbre. J’espère que l’ombre ne passera pas trop vite. Nous courons pour attraper le bus qui arrive juste. Nous aimons bien prendre les bus, on voit la ville, on se mélange avec les gens. Et puis c’est facile avec Google, il nous guide comme un chef. Après il faut prendre le métro. Nous arrivons directement. Une grande allée piétonne nous amène en face du hérisson de marbre. Le soleil est face à nous, le contour de sa silhouette se dessine en contre-jour. Tellement lumineuse qu’elle est presque difficile à regarder. Nous allons essayer de monter sur son toit. Je laisse ma marmaille avec Papa à l’ombre du parvis, et file affronter la queue qui permet d’acheter les billets. 

Alors que Lison s’ennuie un peu, Pierre lui rappelle le défi édicté la veille en blaguant : attraper un pigeon. Ou en espérant secrètement qu’elle le fasse parce qu’un Papa ne peut pas se permettre d’attraper un pigeon de Milan comme il attrapait des poules quand il était enfant. Lison n’a pas l’âge d’avoir de la retenue. En moins de deux Pierre la voit tenir une bestiole par les pattes, toute gênée car elle ne sait pas maintenant comment faire pour la reposer dans le bon sens. De mon côté, je relis Wikipedia qui est très très détaillé sur la Cathédrale de Milan. Capucine m’envoie un SMS pour prendre de mes nouvelles, elle aussi lit Wikipedia avec son Papa pour occuper l’attente.

Le toit et les statues

Une fois les tickets en poche, il faut refaire la queue de l’autre côté de la Cathédrale. Mais c’est loin d’être un supplice. Il fait frais, nous sommes à l’ombre, nous prenons le temps de profiter de l’endroit et surtout, il y a un pianiste qui joue sans cesse et remplit l’espace. Ses mélodies résonnent contre les hautes façades qui se font face et s’élèvent jusqu’aux toits. Et puis c’est à nous de monter sur les toits. Nous passons le portique de sécurité et entamons l’ascension. 235 marches dans un étroit escalier en colimaçon tout en marbre. Nous arrivons directement aux planètes latérales de la Cathédrale. Pause. Nous prenons le temps de regarder. Tout est recouvert de marbre rose. Le sol, la façade. Je suis fascinée par la forme des pièces de marbre. Pourquoi n’ont-ils pas utilisé de simples rectangles ? Pourquoi toutes ces formes biscornues qui s’imbriquent ingénieusement les unes dans les autres ? Nous sommes aussi derrière les mille et unes statues qui entourent le monument. Elles nous tournent toutes le dos. Face à elles, personne ne peut vraiment les voir, elles sont si hautes par rapport à la rue. Pourquoi toutes ces statues que personne ne peut vraiment admirer ? Et à l’horizon, des tours ultra-modernes, formes souples, dansantes. Milan avec mille ans d’écart.

Construction du Duomo de Milan

La construction du Duomo de Milan a commencé en 1386 à l’endroit où deux églises venaient de brûler, la cathédrale Santa Maggiore et la basilique Santa Tecla. Une expression en dialecte milanais dit « Longh comm la fabrica del Domm » pour désigner quelque chose d’interminable. Cinq siècles ont été nécessaires pour construire une nouvelle cathédrale. De nombreux architectes se sont succédés proposant chacun un projet différent. Le premier prévoyait qu’elle soit construite en briques selon les techniques de l’art gothique lombard. Un autre opta pour le marbre rose de Candoglia avec un style gothique plus international. Des architectes italiens, allemand, français,… se succèdent, donnant au final une œuvre complètement originale tant dans le paysage italien qu’européen.

Nous poursuivons notre promenade sur les toits jusqu’à l’avant du bâtiment, juste derrière les dentelles de pierres qui composent la façade, nous pouvons observer la place à travers. Prendre un escalier qui monte encore sur la partie centrale du toit. Ici nous sommes pile sous le soleil.

Galerie Victor Emmanuel II

Les ventres de nos enfants imposent alors leur loi. Il faut redescendre de nos planètes et chercher en urgence une trattoria, une pizzeria, quelque chose. Nous trouvons une usine à touristes sommes toutes agréable, fraîche, animée et joliment décorée. Gnocchis pour les uns, spaghetti alla carbonara pour les autres, pomodoro mozzarella pour les suivants. Et puis une magnifique glace en forme de rose. Milan est tellement romantique. 

Clap de fin pour cet été

Nos visites européennes se terminent donc ici, sur le parvis de cet hérisson blanc. Ce soir nous rejoignons les Alpes pour dormir au frais au col de Montgenèvre. Demain nous filerons rejoindre des amis de Rodez dans leur maison de vacances, un petit paradis en Provence, vue sur mer. Piscine, apéro, barbecue, plongée dans la réserve naturelle d’à côté. Un vrai paradis où nous sommes reçus de la meilleure manière. Avant de terminer vraiment notre périple jusqu’à Rodez. 

Vider notre maison de vacances, la notre, celle qui nous emmène partout. Déballer nos souvenirs. La vaisselle de Sighişoara. Les tapis de Breb et de Săpânța. Le miel du petit vieux, les confiture de Bertha, les bracelets de l’apôtre de paille,… La Roumanie n’est désormais plus dans nos projets, elle passe côté souvenirs. Tellement de souvenirs.

Commentaires

  1. creusoise a dit :

    merci pour le partage de ces vacances !
    bonne année scolaire aux filles
    et à l’année prochaine ????

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