Traversée vers les îles Hébrides

Traversée vers les îles Hébrides

Jeudi 1er août 2019. J32. Après les aventures d’hier, nous avons envie d’une journée tranquille. Direction le port d’Ullapool pour regarder ce qu’il est possible de faire dans les jours à venir, excursion ou traversée. L’île hébride de Lewis et Harris nous font rêver mais nous ne savons pas s’il est possible d’y aller… Allons voir.

Pour nous rendre à Ullapool, nous empruntons une petite route qui nous fait passer par le petit port de Lochinver. Magnifique sous les nuages qui s’accrochent aux parois des Ben. Puis la petite route se transforme en minuscule route qui serpente entre mer et vallées, criques rocheuses et forêts de feuillus. Nous dégustons ce paysage qui a le caractère de sa météo.

Ville d'Ullapool

Ullapool est un chouette port de pêche et une agréable petite station balnéaire. Les boutiques à touristes animent la rue principale dans une sympathique ambiance de vacances. Des tea room charmants, des fish and chips qui annoncent « il est frais mon poisson ! » et même… une épicerie fine qui arbore fièrement une magnifique petite vitrine de fromages locaux et fermiers ! Il ne nous en faut pas plus pour aimer cette ville !

Fait-on la traversée vers les îles Hébrides ?

Au port nous nous renseignons sur le coût de la traversée vers Lewis et Harris et sur les disponibilités. « Vous pouvez embarquer cet après-midi mais pour le retour sur Skye, nous sommes bookés pour la semaine. Nous aurons une place lundi. » Nous remercions pour les renseignements et s’en allons étudier tout ça sur le port. Pendant que les filles font je ne sais quoi avec les cailloux du port, nous, nous sortons cartes et guides pour étudier les îles Hébrides de plus près. La traversée vaut-elle le coup ? Est-ce qu’il va faire beau ? Qu’est-ce qu’on loupe si on part d’ici pour revenir par Skye ? OK. On y va ! Il est 14h et nous prenons nos billets pour le bateau de 17h ! Ce sont les dernières places, nous dit-on, on vous enregistre en liste d’attente mais normalement ce sera bon. Vous êtes sûrs ? Oui, oui. Vous présenterez votre camping car à 16h sur le quai.

Joyeux, nous rentrons à l’Émile-Pat pour attendre l’heure dite en vacant à nos occupations. Les filles étalent leurs légos sur l’herbe. Moi, je soigne mon appareil photo qui a perdu connaissance. Il est garanti, Camara Rodez me dit qu’il me suffit de le ramener chez n’importe quel revendeur Nikon en Europe pour la prise en charge. Sauf qu’en Écosse, entre les Highlands et les Hébrides, ça ne court pas les rues… Je vais donc devoir faire sans pendant la traversée et peut-être pendant quelques temps, à moins d’un miracle ? 

Le goûter de dernière minute à Ullapool

16h. L’Emile-Pat est en place. « C’est vous qui avez pris vos places au dernier moment, c’est ça ? » On s’est encore fait remarquer… Pour embarquer vraiment, nous avons encore 45 minutes à attendre : pile le temps d’un petit goûter ! L’épicerie fine-fromagerie repérée plus tôt est aussi un salon de thé servant de jolies  pâtisseries. Alors après avoir craqué sur deux beaux bleus écossais au lait cru (à 35€/kg tout de même…), nous commandons « two pots of tea, one lemon cake, one tea-loaf (cake au raisin) and two rocks of chocolate (un genre d’amas de biscuits secs et chamallows agglomérés par du chocolat) ». Juste le temps de se régaler en terrasse.

Ferry vers Stornoway sur les îles Harris et Lewis

Embarquement sur le ferry

16h45. Nous sommes au volant, dans les startings-blocks, nous attendons le signal du départ. A côté de nous d’autres camping-cars sont parqués. Tiens, des français ! Nous nous saluons à travers la fenêtre et j’entame la conversation. Ils vont sur Lewis et Harris, comme nous. Ils ont 3 enfants, comme nous. 3 filles, comme nous. Et ils y restent jusqu’à lundi, comme nous. Hummm, ça pourrait devenir de bons copains… Mais c’est l’heure, embarquons ! Le gros bateau a ouvert son arrière train et nous avançons jusqu’à ce que les petits hommes oranges nous fassent signe de nous arrêter. Dans le ferry, nous cherchons tout de suite le pont extérieur. Depuis le pont, nous surveillons les hommes oranges qui terminent leur tétris de véhicules de toutes tailles et referment le bâteau. C’est parti pour 2h30 de traversée ! 

Découverte des dauphins

J’explique aux filles qu’ici vivent otaries, dauphins et autres cétacés. Que, si on observe bien, peut-être que nous aurons la chance de voir quelque chose. Une vieille pègre qui m’a entendu commente d’un air moqueur « On peut toujours rêver »… Hé bien, moi, je crois qu’on peut rêver ET réaliser ses rêves ! J’installe les filles à l’arrière, à un endroit qui me semble le plus approprié pour observer la mer et après 15 minutes d’observation attentive, Capucine s’écrit « là, regarde, là, j’ai vu un aileron, oui, regarde, des dauphins !!! ». À l’approche du bateau, un banc de dauphin s’éloigne en faisant danser leurs nageoires au dessus de l’eau. Nous les voyons très bien et ils sont nombreux. Certains sautent, et c’est l’explosion de Wahouuu ! Mille fois mieux qu’un feu d’artifice ! Plus tard, c’est un gros dos surmonté d’un aileron qui pointera à la surface, quatre fois plus gros que ceux des dauphins. Alors peut-être un orque ? 

Alors que nous quittons les Highlands nuageuses, nous voyons les Hébrides se dévoiler sous la lumière aveuglante de cette fin du jour. Du soleil ! L’observation terminée, les filles s’en vont à la découverte de ces nouvelles copines. 

Faisons connaissance avec nos amis voyageurs

Aidées d’un piratatak, les grandes n’auront aucun mal à se lier d’amitié. Solène est aussi très contente de trouver une copine de son âge. Naëlle a 2 ans et demi et toutes deux s’amusent à perdre l’équilibre sur les banquette à cause de la petite houle qui nous gigote. Dans ce salon, nous faisons trop de bruit pour les voyageurs. « Allez, zou, tout le monde dehors ! » Pendant que les enfants jouent déjà ensemble, nous faisons connaissance avec les parents. Ils sont venus de Nantes en camping car, ils ont pris un mois de vacances pour faire ce périple et en sont à la moitié. Ils nous parlent de l’île de Skye qu’ils viennent de faire. Nous leur parlons d’Edimbourg. Puis nous échangeons sur notre programme sur l’île Lewis et Harris, et sur les spots repérés. Nous avons globalement les mêmes… Alors très vite, nous envisageons donc de passer ces trois jours ensemble. Ce soir : cap sur les pierres debout de Calanais. Ici 70 % de la population de l’île parle en gaélique. Les panneaux sont en gaélique traduit en anglais. Nous avons l’impression d’arriver dans un autre pays, mais les gens sont très gentils.

Stone circle de Calanais

Nous atteignons le cromlech de Calanais, aussi appelé Callanish en anglais et Clachan Chalanais en gaélique, au coucher du soleil, juste à ce moment magique où le soleil crée des rayons oranges entre les pierres. Cette lumière est fabuleuse, c’est pour cela d’ailleurs qu’une tripotée de photographes sur-équipés se contorsionnent pour attraper les plus beaux rayons de soleil. Très vite, notre tribu de filles, jouant à cache cache derrière les pierres, se fait siffler. Elles gâchent les photos… Moi, je les trouve belles. On rapatrie notre monde pour un repas rapide entre nos deux camping car, à l’abri de la petite brise. Et c’était une erreur car les midges aussi aiment se mettre à l’abri du vent. Fichus sur la tête, nous sortons nos meilleurs arguments pour séduire nos nouveaux ami : nous, notre bon petit fromage écossais et eux, une vieille bouteille. On s’entend bien entre français. Plus loin, les filles adoptent le mode de vie qui sera le leur pour les jours à venir : elle construisent leur cabane pour y manger à l’écart des parents.

Les cercles de pierres, ou pierres levées

La période néolithique a produit des cercles de pierres redécouverts et encore visibles aujourd’hui, comme les pierres levées de Castlerigg, le cromlech géant d’Avebury et bien sûr le célèbre site de Stonhenge, en Angleterre. En Irlande, le tumulus de Newgrange est un des mieux préservé, symbole fort de la culture celte. Grange Stone est le plus grand cercle de pierres debout d’Irlande. En Espagne nous avons eu la chance de découvrir le dolmen de Guadalpéral.

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