Pause gourmande chez la famille portugaise

Pause gourmande chez la famille portugaise

Mercredi 23 octobre 2019. J114. Portugal. Aujourd’hui nous allons retrouver Julie et Filipe, deux amis ruthénois. Filipe à de la famille dans le nord du Portugal et il vient y passer les vacances depuis toujours. Il nous a donné rendez-vous à Viana do Castelo, à l’embouchure du rio Lima sur l’océan, devant la Basilique Santa Luzia qui surplombe magistralement l’estuaire. L’endroit est incroyable.

Sanctuaire de Santa Luzia

Nous retrouvons nos amis ici. Leur aîné, Léandro, 3 ans, accourt vers nous dès qu’il nous voit. Solène est trop contente de trouver en lui un ami à sa taille. Dans la poussette, nous rencontrons la petite nouvelle, Romane, qui est née en juillet. Les retrouvailles sont émouvantes.

De l’esplanade de la basilique, la vue est grandiose. Mais nos amis nous disent qu’il y a mieux encore. Il nous faut monter au sommet, l’ascenseur est caché par là. Au cinquième étage, un parcours de souris commence à travers les plafonds de la basilique. Un escalier étroit d’abord, nous arrivons entre une coupole et son toit. Là, un feu bicolore. L’escalier suivant est absolument trop étroit pour pouvoir croiser qui que ce soit. Il faut attendre le feu vert pour s’y engager. Les filles s’y aventurent en premier, mais se retrouvent coincées face à d’autres qui n’ont pas respecté la signalisation. Même elles et leur mini gabarit ne peuvent pas envisager un croisement. Marche arrière. Nous laissons passer ces deux personnes âgées visiblement trop pressées de redescendre. Feu vert, allons-y. 

Nous arrivons au dessus de la coupole centrale, mais encore sous le toit. Un étroit escalier en colimaçon à gravir encore. Dernière étape. La sortie de celui-ci sera encore plus étroite, un vrai trou de souris à notre taille, tout juste. Nous sommes parfaitement tout en haut de la basilique, pile-poil sous les cieux. Trois cent soixante degrés d’horizon. L’estuaire. Les plages en enfilade. Le port. La ville. Les forêts d’eucalyptus. C’est grandiose.

Viana do Castelo

La descente fut comme la montée. Très amusante. Julie et Filipe nous proposent d’aller manger au restaurant. Le centre ville de Viana est très coquet. Des rues anciennes rénovées et vivantes. Un quai moderne et inondé de soleil. Balnéaire. Et tranquille comme un mois d’octobre. Un régal. Nous atterrissons dans un restaurant qui, voyant le nombre d’enfants grouiller autour de nous, nous installe dans une salle à côté, rien que pour nous. Filipe se charge de nous traduire le menu. Nous sommes pris en charge comme des pachas. Ici, les plats sont typiques et forcément copieux.

Un petit tour à la plage pour profiter du soleil. Les enfants prennent les pelles pour construire des cabanes. Moi je prends mes couleurs. Sur cette plage là, il y a toujours des kite-surfs, toute l’année. Lison découvre cette pratique, fascinée.

A la maison

L'épisode de la coiffeuse

Sur le chemin du retour, Filipe nous emmène chez quelqu’un. D’abord nous ne comprenons pas. Nous le suivons derrière une belle villa, dans une cour intérieure où donne un grand atelier de serrurerie. « C’est ici qu’il y a la coiffeuse de Julie, je vais demander si elle peut te prendre ». Nous, nous avions parlé de la tignasse de Pierre en rigolant. C’est vrai qu’il rêve d’aller couper tout ça, mais ne pensait pas le faire pendant notre séjour avec nos amis, mais plutôt en Espagne car il ne maîtrise pas la conversation en portugais. Avec ses cheveux longs qui lui tombent devant les yeux, il est obligé de prendre des attitudes de filles et ça l’horripile. « C’est bon, elle finit de coiffer la star de sitcom qui est dans son salon et elle te prend » nous annonce Filipe. Nous rigolons et suivons toutes Papa pour aller assister à l’événement !  Bye bye les cheveux d’aventuriers… Moi, j’aimais bien. Trois coups de ciseaux plus tard, nous retrouvons un Papa plus normal. Reste la barbe à couper. Une chose après l’autre. « Seiche euroche » lui dit la coiffeuse portugaise. Pierre comprend 16€ et lui donne un billet de 20. Elle lui rend 14. 6€ la coupe, incroyable.

Rencontre avec le grand-père

Ce soir nous dormirons devant la maison de vacances des parents de Filipe. Mais avant, nous sommes attendus chez son Papi pour dîner, dans une autre  maison qui est juste 100 mètres plus haut. Nous débarquons donc tous les neuf chez cet homme qui vit habituellement seul. Quel débarquement… Je me demande bien comment ne pas trop l’envahir. Mais nous comprenons vite qu’il est habitué à cela. Dernière sa petite pièce principale, se trouve une longue salle que l’on dirait avoir été construite sur mesure pour accueillir l’immense table qui l’occupe. 20 places assises facilement. Je lui dis qu’il a de la place pour recevoir du monde ! Il me répond amusé que d’habitude, il rajoute une rallonge au bout et une table là. Ha oui, quand même ! La famille est grande et aime à se retrouver ici chaque année. Ce soir, il nous a cuisiné du porc aux marrons grillés. Un vrai délice. Je lui dis que chez moi, les marrons cuisinés, c’est un plat de fête que l’on fait pour Noël. Ici, c’est simplement un plat de saison. De bons pasteis de nata que Filipe a amené pour le dessert. Encore un repas délicieux.

Attendez, ce n’est pas fini ! Un repas, à la campagne se termine toujours par une petite prune ! Une prune maison bien sûr. Papi nous sort fièrement sa production. « Celle-là c’est un mélange, un essai, c’est doux. Celle-ci c’est une vraie eau de vie, ma préférée. Et cette dernière, avec les cerises dedans. » il va de soi qu’il faut tout goûter. Moi qui déteste ces alcools fort, je me fais violence, un peu par politesse, beaucoup par curiosité. Pierre, lui, apprécie réellement et ça se voit. Papi devient alors son ami. » Viens, je vais te montrer mon alambic. » Et voilà les hommes partir on ne sait où. Avec Julie on range un peu, puis Solène s’impatiente. « Maman, moi aussi je veux aller voir la biquette ». Je souris, c’est pas une biquette, c’est un alambic. Voyons, comment t’expliquer ?… Je prends ma Solène par la main et nous nous aventurons dehors pour trouver la bestiole. 

Nous retrouvons les hommes en train de faire l’inventaire des réserves de Papi. Les gnôles, les conserves, les congélateurs pleins de viande, les patates, les châtaignes, le bois,… De quoi tenir un siège avec toute la famille.

Jeudi 24 octobre 2019. J115. Matinée lente. Capucine aux mathématiques. Lison et Solène aux légos. Bain. Voilà nos seules occupations de la matinée. Pour la suite, Julie et Filipe nous proposent d’aller manger au restaurant avant d’aller visiter la ville de Ponte de Lima et surtout son fameux pont au dessus du Lima. Encore un restaurant ? Oui, ici c’est l’habitude. À 6€ le menu complet, 3,5€ le menu enfant, ça ne vaut vraiment pas le coup de s’embêter à faire les courses, cuisiner, nettoyer, ranger… Ce midi, nos amis nous emmènent à ce qui semble être la cantine du village. Pas qu’un restaurant ouvrier comme on connaît en Aveyron. Ici tous les midi, se retrouvent travailleurs, anciens, familles,… Une grande salle de restaurant. 3 plats au menu du jour. Les enfants ont une assiette de taille réduite, c’est à dire une assiette normale. Pour les adultes la taille de l’assiette est dirons-nous celle d’une assiette à pizza. Un service ultra rapide. Et une cuisine délicieuse. Que demander de mieux ? Nous sortons de table encore une fois repus. Le Portugal n’est pas une destination régime.

Ponte de Lima

Nous rejoignons la jolie ville de Ponte de Lima pour l’après-midi, et accessoirement pour marcher aussi. Le centre est très coquet, joliment restauré et fièrement ouvert sur la rivière Lima et son long pont romain. Encore des vestiges romains au fin fond de l’Europe. Après le centre, nous traversons car sur l’ autre rive, une compétition internationale de jardins se tient. Oui, une compet’ de jardins paysagers, c’est amusant. Le long de la rivière, nous nous amusons à traverser les différents tableaux. À cette saison il n’y a plus trop de fleurs, mais d’incroyables citronniers garnis de fruits que personne ne ramasse. J’en chippe un. En fait, les agrumes sont tellement fréquents dans les jardins des gens que ça n’émerveille que moi.

Suite des rencontres familiales

Ce soir, nous mangeons aussi chez Papi. Sa fille et son mari se joignent au dîner. Ana-Maria nous a cuisiné du poulet avec des frites et du riz. Nous, nous avons apporté une salade de fruits pour le dessert. « C’était trop bon maman ! » me dit Capucine qui a fini son assiette de viande et de riz. Incroyable. Ce soir, l’équipe de foot de Lisbonne joue contre une équipe norvégienne. Je m’éclipse coucher ma petite Solène en laissant les hommes devant le foot, en train de vérifier si l’eau de vie n’a pas tourné. Lison et Capucine restent aussi scotchées au match. Lisbonne gagnera. C’était sûr.

Vendredi 25 octobre 2019. J116. Notre dernière journée ici. Nous rangeons nos affaires éparpillées partout dans la maison en essayant cette fois-ci de ne rien oublier comme à Nantes et à Anglet… Aujourd’hui, nous avons prévu d’aller visiter la ville de Braga un peu plus au sud et de se dire au revoir là-bas. Et avant, Filipe a prévu de nous emmener cher son autre mamie pour aller cueillir des oranges. En rangeant, nous découvrons que L’Emile-Pat a perdu le chapeau de sa petite cheminée. Filipe nous trouve une échelle et Pierre constate que le conduit est du coup ouvert à la pluie. Problème. Pas de problème, nous dit Filipe, nous passerons ce matin chez ma Tante qui tient une quincaillerie. Ici, quoi qu’on ait besoin, il y a toujours une tante ou la voisine d’une tante qui a une solution. La vie est communautaire.

La cueillette d'oranges, chez la mamie

Nous commençons donc notre journée vers 11h en débarquant tous les neuf chez Mamie pour cueillir les oranges. Mais avant toute chose, il faut grignoter un biscuit, un bout de fromage ou un café. C’est le savoir vivre, ici. Les filles ne se font pas prier pour le fromage. Nous non plus. Filipe sort la grande échelle et l’installe dans l’arbre plein à craquer. Les oranges de l’année dernière sont énormes et les nouvelles, encore vertes, commencent à apparaître. Pendant 40 minutes les deux hommes se feront passer délicatement les fruits, remplissant deux énormes sacs cabas. Quand une orange n’est pas rattrapée et s’éclate par terre, nous nous faisons un plaisir de la dévorer en mordant la pulpe à pleines dents. Un vrai bonheur ! Les oranges sont douces, pas acides du tout et bien juteuses. Nous nous partagerons la cueillette et repartirons les malles remplies.

Repas à la quincaillerie

Un passage rapide chez le quincaillier. Rapide, nous avons juste deux bouts de tuyaux à trouver avant de filer visiter Braga. L’un pour l’évacuation des eaux grises qui est fendu. Et un coude pour couvrir la cheminée. Rapide, c’est ce que je croyais. J’avais oublié que la quincaillière était la tante de Filipe. Après avoir trouvé le bon coude, les hommes l’installent en faisant chauffer un peu le plastique pour qu’il s’enfile et se fixe. Simple et efficace. Le problème est réglé. Manuela refuse qu’on la paye.

Comme Manuela nous a bien dépanné notre camping-car à moindre frais, rapidement et avec le sourire, nous lui avons dit que cela nous ferait sincèrement plaisir de lui faire un peu de pub.
 
Sa quincaillerie Bricomartins se situe à Navio – Ponte de Lima. Service impeccable. 

Manuela nous invite à prendre le café. Sa maison est au dessus de la boutique, comme souvent ici. Comme la coiffeuse d’avant hier qui, derrière chez elle, avait son salon. Seulement, à quasiment 12h30, ce n’est pas vraiment l’heure du café… « On n’a qu’à se faire des pâtes ! C’est vite fait, juste des pâtes ! lance Manuela. Je suis gênée, on débarque à neuf acheter deux pauvres tuyaux sans payer et on nous sert carrément à manger. Mais tout se met en place dans la bonne humeur. La tablée est installée. Pendant que les pâtes chauffent, Manuela sort tout un tas d’accompagnements, charcuterie, fromages, sauce tomate, vins, jus,… Elle avait dit « que des pâtes »… Nous voilà donc tous les onze attablés, son fils s’étant joint à nous. Il est aussi dénommé Filipe et a lui même un fils du même âge que Léandro, et le même prénom d’ailleurs. Amusante famille. Comme souvent ici, chacun a vécu à un moment de sa vie en France, alors tout le monde parle français. Quel accueil incroyable.

Et pendant que nous prenons tranquillement le café à l’heure où la quincaillerie devrait déjà être rouverte, les filles donnent le biberon à Romane. Pendant ces trois jours, Capucine s’est sagement comportée avec Léandro et Romane comme une grande sœur, bienveillante avec l’un, maternante avec l’autre. Julie et Filipe l’auraient bien gardé comme « jeune fille au pair », mais nous allons quand même la garder avec nous. Quant à Lison, elle fallait qu’elle fasse comme sa sœur.

Sanctuaire de Bom Jesus de Braga

Peut-être arriverons-nous à Braga avant la nuit ? La réponse est non. Pour se stationner plus facilement avec L’Emile-Pat, nous décidons finalement de visiter le Bom Jesus, un sanctuaire installé sur un promontoire au-dessus d’un escalier magistral. Mais Filipe nous invite avec malice à emprunter plutôt le funiculaire, une installation vieille de 137 ans qui fonctionne toujours, un peu grinçant, un peu bringuebalant. La machine est impressionnante, elle se rempli d’eau en haut, et est vidée en bas pour que le contre-poids fasse fonctionner le tout. Juste à la force hydraulique.

Pendant ces trois jours, Filipe nous aura offert un tour d’horizon de ses souvenirs d’enfance. Le funiculaire à eau, la cueillette des oranges, les baignade à Ponte, dans le Lima, l’oncle Inacio qui lui tirait les orteils, les premiers pas de Julie ici… Nous connaissons nos amis vraiment différemment à présent, et emportons leur famille portugaise comme nôtre maintenant ; puisqu’ils nous ont tous dit de revenir.

Cette pause gourmande dans la famille portugaise se terminera donc dans le parc du Bom Jesus, en pressant des oranges pour le goûter. Nous avons adoré cette pause. Nous avons rencontré le Portugal, sa chaleur humaine, sa malice, son vivre ensemble et ses trésors cachés.

Commentaires

  1. Manuela Lopes a dit :

    Foi um grande prazer para nós ter conhecido a vossa família e saber um pouco da vossa bela e grande aventura, espero que seja cada dia melhor que o anterior, a vida é feita para ser vivida e vocês estão a fazer dela uma bela aventura, alguém disse um dia que se fosse para ficar sempre no mesmo sitio o homem teria nascido com raízes e não com pernas. Felicidades para todos e até um dia. Manuela

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